World Tour 2026 : Bells Beach lance le cinquantenaire avec 10 champions du monde
Le Championship Tour fête ses 50 ans en grande pompe. Nouveau format, retour du cumul de points, Pipeline en finale et 10 champions du monde au départ : la saison 2026 s'annonce magnifique. En espérant que ce ne soit pas un poisson d'avril.
Molly Picklum
WSL - Ed Sloane
Dix couronnes au lineup
Le chiffre donne le vertige. Dix champions du monde au départ d'une même saison. Du jamais vu en cinquante ans de World Tour. Côté femmes, c'est un plateau de rêve : Molly Picklum, championne du monde en titre, devra défendre sa couronne face à cinq autres titrées. Rien que ça. Stephanie Gilmore, huit fois championne du monde, fait son grand retour à la compétition à temps plein après trois ans d'absence. Carissa Moore, cinq couronnes et médaille d'or olympique à Tokyo, revient elle aussi. Ajoutez Tyler Wright, double championne du monde, Caity Simmers, titrée en 2024, et Caroline Marks, sacrée en 2023 et médaillée d'or à Paris. On ne va pas se mentir, on a rarement vu une telle densité de talent sur un circuit féminin. Peut-être même jamais.
Chez les hommes, le Brésil débarque en force. Les quatre derniers champions du monde brésiliens seront réunis sur le Tour pour la première fois depuis 2023 : Yago Dora, champion en titre, Gabriel Medina, triple couronne mondiale, Filipe Toledo, double champion, et Italo Ferreira, sacré en 2019 et médaillé d'or à Tokyo. Quatre surfeurs capables de remporter n'importe quelle étape. Du très très lourd.
Je pense sincèrement que cette année va être incroyablement excitante. Avoir autant de champions du monde sur le Tour, ça dit tout. Cette saison va envoyer des feux d'artifice, c'est sûr
Fin du Final Five, retour aux fondamentaux
Le changement le plus radical de cette saison 2026 touche au format lui-même. Exit le Final Five, ce système controversé qui concentrait l'attribution du titre mondial sur une seule journée de finales. Le World Tour revient à un classement basé sur le cumul des points tout au long de la saison. Douze étapes, les neuf meilleurs résultats comptent. Simple. Lisible. Et surtout beaucoup plus juste pour récompenser la régularité.
Mais la WSL a gardé un joker dans sa manche pour maintenir le suspense jusqu'au bout : le Pipe Masters, dernière épreuve de la saison, attribuera un coefficient de 1,5x les points habituels. 15 000 points pour le vainqueur. De quoi renverser un classement dans les derniers jours de la saison et s'assurer que rien ne sera joué d'avance. Pipeline redevient le juge de paix du surf mondial, comme au bon vieux temps.
24 surfeuses, et c'est une excellente nouvelle
L'autre annonce majeure concerne le circuit féminin. Le champ passe de 18 à 24 surfeuses, soit une augmentation d'un tiers. Concrètement, cela se traduit par 14 qualifiées du CT 2025, 7 issues du Challenger Series, 2 wildcards de saison (Gilmore et Moore) et 1 wildcard d'événement. Cette expansion change tout. Elle ouvre la porte à des retours de légendes tout en laissant de la place aux rookies. Plus de surfeuses, plus de heats, plus de spectacle.
Et pour la première fois dans l'histoire, les quatre médaillés d'or olympiques de surf seront membres permanents du CT. Carissa Moore et Italo Ferreira, titrés à Tokyo en 2020, aux côtés de Caroline Marks et Kauli Vaast, sacrés à Paris en 2024. Le Français Vaast, fraîchement qualifié via le Challenger Series, apporte d'ailleurs un peu de bleu-blanc-rouge dans un lineup très australo-brésilien. Cocorico !
John John Florence se consacre à sa famille
Impossible de parler de la saison 2026 sans évoquer le grand absent. John John Florence, triple champion du monde, ne sera pas au départ. L'Hawaiien a choisi de prolonger sa pause pour se consacrer à sa famille et à ses projets d'exploration maritime. Un choix respectable qui libère une wildcard pour le Marocain Ramzi Boukhiam, mais qui prive le Tour de l'un de ses surfeurs les plus spectaculaires.
L'autre sujet qui fait parler, c'est l'arrivée de Raglan en Nouvelle-Zélande comme quatrième étape du calendrier. Cette gauche mythique de Manu Bay remplace numériquement Jeffreys Bay, la légendaire droite sud-africaine victime d'un manque de soutien financier local. Un choix pragmatique qui ajoute de la diversité au calendrier mais qui laisse un goût amer aux puristes.
Et puis il y a Abu Dhabi. Une étape en piscine à vagues, avec la technologie KSWC, intégrée au calendrier comme dixième épreuve de la saison. Le débat est ouvert : équité parfaite des conditions contre authenticité de l'océan. On vous laisse trancher.
Bells Beach, acte 1
En attendant ces débats, c'est à Bells Beach que les hostilités vont s'ouvrir. Et le cast est prometteur. Jack Robinson et Kanoa Igarashi, les deux médaillés d'argent olympiques, avaient partagé la finale de Bells en 2025. Tous deux sont toujours à la chasse de leur premier titre mondial. Yago Dora, lui, rêve de décrocher la cloche pour la première fois.
Bells, c'est une épreuve que j'attends avec impatience. Gagner la cloche, ça a toujours été un rêve pour moi !
Le Rip Curl Pro Bells Beach se tiendra du 1er au 11 avril 2026. Cinquante ans de World Tour. Dix champions du monde au départ. Un nouveau format. Le surf professionnel n'a peut-être jamais eu autant de raisons d'être suivi de près. A suivre...