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CT 2026 : cinq histoires françaises à suivre dès Bells Beach

La première étape du Championship Tour 2026 s'élance le 1er avril à Bells Beach, en Australie. Dans le contingent mondial, cinq Français. Cinq parcours hors normes. Et une question qui démange : jusqu'où peut aller cette bande-là ?

Par rOmanO
CT 2026 : cinq histoires françaises à suivre dès Bells Beach

Bells Beach

WSL - Ed Sloane

Dans quelques jours, Bells Beach. La cloche mythique, les falaises ocre du Victoria, les longues droites froides qui déroulent sous un ciel australien capricieux. Et dans le line-up de cette première étape du Rip Curl Pro Bells Beach Presented By Bonsoy, cinq surfeurs sous pavillon tricolore. Cinq. On n'avait pas vu ça depuis un moment. Mais ce qui rend ce groupe vraiment spécial, ce ne sont pas les chiffres. C'est ce qu'il y a derrière chacun d'entre eux. Des trajectoires tellement dingues qu'on pourrait en tirer une mini-série.

Marco Mignot. Un gamin né sur un voilier

Prenez Marco Mignot. Le garçon est né en Nouvelle-Calédonie pendant que ses parents bouclaient un tour du monde à la voile. Dix ans de navigation. Ses premières années, il les passe entre les mers d'Australie et de Tasmanie, avant d'atterrir au Mexique à quatre ans. C'est là-bas, à Sayulita, qu'il attrape sa première vague à sept ans. Et visiblement il ne l'a jamais lâchée.

Saison 2025 : rookie sur le CT, il élimine Jordy Smith chez lui à J-Bay, excusez du peu, et décroche le titre de Rookie of the Year. À 25 ans, il repart pour un deuxième tour dans l'élite avec un objectif simple : monter. Lui-même le dit, il a le « Mexican spirit » et personne ne pourra lui enlever ça. On le croit.

Tya Zebrowski. La fille qui a dompté Teahupo'o

Et puis il y a Tya Zebrowski. 15 ans. Quinze. À cet âge-là, la plupart d'entre nous se demandaient quoi faire le mercredi après-midi. Elle, elle vient de terminer première des Challenger Series mondiales et de devenir la plus jeune surfeuse de l'histoire à se qualifier pour le Championship Tour. Record absolu. Hommes et femmes confondus. Son père Gary ? Ancien champion de surf tahitien reconverti snowboardeur, sixième aux JO de Turin en 2006. Sa mère Caroline ? Snowboardeuse pro aussi. Autant dire que le freestyle, c'est dans l'ADN. Tya surfe Teahupo'o depuis ses huit ans et elle a grandi entre les tubes de Polynésie et les beachbreaks de Messanges. En janvier dernier, c'est Carissa Moore en personne, cinq titres mondiaux au compteur, qui l'a accueillie dans le team Red Bull. Passage de témoin. Le genre de détail qui ne s'invente pas.

Kauli Vaast. Un champion olympique qui ne lâche rien

Kauli Vaast, lui, aurait pu se contenter de sa médaille d'or. Paris 2024, Teahupo'o, premier champion olympique français de l'histoire du surf. Point final. Rideau. Sauf que non. Le Tahitien de 24 ans a passé toute la saison 2025 à prouver qu'il n'était pas qu'un spécialiste du récif polynésien. Victoire à Ericeira au Portugal, titre de champion des Challenger Series, qualification pour l'élite. Il a bossé ses manœuvres sur le rail et sa polyvalence sur les beachbreaks européens. Le résultat ? Un surfeur complet qui débarque sur le CT avec zéro complexe.

Vahine Fierro, saison 2

Justement, parlons-en de Vahine Fierro. La Tahitienne de 26 ans entame sa deuxième année sur le CT après une saison 2025 plus que solide. Troisième à Abu Dhabi sur la piscine à vagues, demi-finaliste au Gold Coast Pro, 12e mondiale au classement final. Pas mal pour une première. Ceux qui pensaient qu'elle n'était qu'une reine du tube à Teahupo'o en ont été pour leurs frais.

Pour 2026, l'objectif est de viser plus haut. Et quand on sait que Tahiti et Fidji sont au calendrier... disons que les étoiles pourraient s'aligner.

Johanne Defay. La première d'une nouvelle ère

On ne la verra pas sur la ligne de départ à Bells Beach. Pas cette fois. Johanne Defay a mis sa carrière entre parenthèses en 2025 pour donner naissance à sa fille. Mais la médaillée de bronze olympique, celle qui avait surfé les quarts de finale au Portugal enceinte de seize semaines, rappelons-le, n'a pas dit son dernier mot. La WSL vient de lui attribuer la toute première « wildcard maternité » de l'histoire pour la saison 2027. « Je suis super heureuse d'obtenir la toute première wildcard maternité » a déclaré Johanne. « Pouvoir partager cela avec ma fille est un cadeau incroyable. »

En attendant son retour à plein temps, l'ex-numéro 3 mondiale devrait réapparaître sur quelques étapes des Challenger Series dès cette saison et pourrait même être invitée ponctuellement sur le CT. On guettera chacune de ses apparitions.

Les anciens veillent

Un truc marque quand on regarde ce groupe : les anciens n'ont pas disparu. Ils ont juste changé de rôle. Joan Duru, ex-pensionnaire du CT, est devenu entraîneur de l'équipe de France. C'est lui qui accompagnera les Bleus à Bells Beach et Margaret River. Jérémy Florès, double vainqueur à Teahupo'o et Pipeline, prendra le relais à Snapper Rocks. Et pour la première fois, la Fédération Française de Surf a mis en place un dispositif où au moins un coach fédéral sera présent sur chacune des douze étapes du calendrier. Pauline Ado complètera l'encadrement à son retour de maternité. C'est peut-être ça, le vrai tournant. Ce n'est plus juste du talent brut balancé dans le grand bain. C'est une machine. Un écosystème où ceux qui ont ouvert la voie transmettent maintenant à ceux qui vont peut-être aller encore plus loin.

Rendez-vous le 1er avril

Bells Beach, premier appel. Puis Margaret River, Snapper Rocks et tout le reste : Nouvelle-Zélande, Brésil, Tahiti, Fidji, Californie, Abu Dhabi, Peniche et la grande finale à Pipeline en décembre. Douze étapes sur cinq continents. La plus jeune surfeuse de l'histoire du CT, un champion olympique rookie, un Rookie of the Year qui veut monter, une Tahitienne qui vise le Top 5 et une pionnière qui prépare son come-back.

Honnêtement ? On a rarement eu autant de raisons de suivre le Championship Tour avec un drapeau bleu blanc rouge dans un coin de la tête.

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