Épaves polluantes : la bombe silencieuse qui menace nos mers
Des dizaines de milliers d'épaves des deux guerres mondiales gisent au fond des océans, chargées de mazout et d'armes chimiques. La corrosion fait son œuvre. Et le compte à rebours, lui, est bien lancé.
Imaginez passer vingt ans à protéger les océans, à croire avoir tout vu, tout cartographié. Et puis tomber, presque par hasard, sur une menace que personne ne voyait venir. C'est ce qu'a vécu Stéphane Latxague, co-président de The Ocean Foundation Europe, en découvrant l'existence des épaves potentiellement polluantes, les PPW. Des dizaines de milliers de navires coulés pendant les deux guerres mondiales, qui gisent encore dans nos mers avec leurs cargaisons de mazout, de munitions et d'armes chimiques, dont du gaz moutarde, du chlore, des déchets toxiques. Des bombes à retardement, littéralement.
La corrosion marine grignote ces coques métalliques à raison d'un centimètre par siècle, en moyenne. Et les calculs sont sans appel : un pic décennal approche. Dans les dix prochaines années, les ruptures vont survenir, la pollution va se répandre. L'impact sur la biodiversité marine est déjà documenté, mais c'est l'humain aussi qui est dans le viseur : baigneurs, pêcheurs, plongeurs, surfeurs. Personne n'est épargné, ni les grandes côtes de l'Atlantique, ni les lagons des petites îles. Latxague n'hésite pas à évoquer le spectre de la vache folle : si la contamination alimentaire est avérée, toute une filière pourrait s'effondrer. Ce film de The Ocean Foundation Europe se termine sur un appel à mobilisation. Les solutions existent. Il est encore temps.