Doux moments à Ericeira et Coxos
Tempête à Coxos
Julien Billard
Lundi 26 février
La houle est plus petite et le vent s'est calmé. L'heure est venue de retourner à Ericeira. Nous écumons tous les spots jusqu'à trouver une jolie petite droite à Ribeira d'Ilhas. A marée haute, une longue droite déferle sur un fond rocheux plat. J'hésite entre ma petite planche et ma 6'4, évaluant les vagues à un mètre vingt. Au pic, toute seule, il y a plus de deux mètres, un courant pas possible et l'eau est marron. Je scrute l'arrivée de Julien, je ne suis pas fière ! Après ma première vague, mon appréhension se change en excitation. Elle est incroyable. Elle n'en finit pas d'ouvrir. Tiago Pires et d'autres gars rentrent dans l'eau et là c'est le spectacle. J'adore le style de ce surfeur.
Nous nous baladons dans Ericeira l'après-midi, croquant une maison au charme indémodable, buvant un café sur une petite place et bavardant avec les mouettes. Doux moments.
Julien prépare un feu de camp, grille des dorades exquises. Le vin est bon, il me raconte la Mauritanie. Merveilleux moments.
Mardi 27 février
Je trébuche sur mes chaussures à la sortie du camion. En me relevant, je m'aperçois qu'une dizaine de paires d'yeux sont fixées sur moi : une équipe de tournage a pris possession des lieux. Non je ne rêve pas. Il est huit heures, il y a cinq voitures de police, des CRS, une « bombe sechuelle » et un homme, cheveux au vent, en costume décontracto-chico-classe ! Ce téléfilm m'a l'air palpitant.
La mer semble bien se moquer de toutes ces sottises et nous offre des lignes magiques déroulant dans la baie de Ribeira d'Ilhas. Il y a un mètre cinquante, vague sur vague, du creux et de la longueur. Quel bonheur ! Nous avons passé la journée à friquoter avec ces jolis murs, à embrasser la lèvre, à faire des ronds dans le curl sans que la longue remontée au pic n'ait raison de nous. Nos envies de glisse rassasiées, il est temps de s'apercevoir que même en hiver, ce coquin de soleil brunit nos peaux. SOS crème Welleda pour réparer les dégâts.
La ballade du soir nous amène vers le nord où se trouve le spot de Coxos. La droite est parfaitement creuse et surpeuplée.
Comme à chaque voyage, nous rencontrons le seul wave skieur du coin, ravi de retrouver un compagnon de glisse et qui nous invite à partager son dîner dans une jolie maison sur les hauteurs d'Ericeira.
Mercredi 28 février
La langue de terre servant de parking au spot de Coxos offre un repos divin. On y entend les vagues se briser sur les rochers dans un capharnaà ¼m qui berce nos rêves de grands enfants.
Le vent était inattendu. Les conditions changent à une vitesse fulgurante dans ce pays, il faudrait consulter Windguru deux fois par jour. Nous traçons à Peniche, cherchant en vain un spot potable où surfer. Nous tentons la gauche juteuse et imprévisible de Consolaçao qui se révèle être un véritable enfer ! A oublier. C'est à Lagide que l'on finit par trouver quelques bouts et beaucoup trop de monde.