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Roberts s'offre un 10 parfait et le titre au Maroc

Le Sud-Africain Tristan Roberts a dominé le Morocco World Bodyboard Championship de bout en bout. Avec un 10 au buzzer en demi-finale, il lance sa saison en patron sur la plage d'Anza.

Par rOmanO
Couverture de la video : Roberts s'offre un 10 parfait et le titre au Maroc

Le podium

IBC World Tour

Six jours de compétition. Des conditions qui ont tout donné, de la houle monstrueuse avec des courants à arracher les bras, jusqu'à des droites glassy et parfaites pour le jour de la finale. Bienvenue au Morocco World Bodyboard Championship 2026, première étape de l'IBC World Tour. Et quel début de saison.

Tristan Roberts est venu au Maroc avec une idée très claire : gagner. Pas juste bien figurer, pas gratter un podium honorable. Gagner. Le Sud-Africain a terminé premier de chaque heat. Du Round 3 jusqu'à la finale, personne n'a trouvé la clé pour le faire douter.

Le coup de génie en demi-finale

Mais s'il faut retenir un seul moment de cette semaine à Anza, c'est celui-là. Demi-finale contre Pierre Louis Costes, le double champion du monde. PLC est en feu, il vient d'empiler deux vagues énormes pour un total de 16,75 - le plus haut du jour. Roberts a besoin d'un 9,16 pour passer. Il reste une minute. Une série arrive au large. Roberts est en priorité. Il y va.

Full send sur la lèvre, un air reverse - le seul de toute la compétition - et les juges sont unanimes : 10 points. La plage d'Anza explose. C'est le genre de moment qui donne des frissons même derrière un écran et qui rappelle pourquoi on aime ce sport. Dommage pour Pierre Louis.

C'était une journée de dingue, un événement inoubliable

— Tristan Roberts, vainqueur du Morocco World Bodyboard Championship 2026

Chajri, le héros local porté par Anza

L'autre histoire de cette semaine, c'est celle de Chajri Badr Eddine. Le Marocain avait déjà montré de belles choses la saison dernière, mais cette fois il est allé chercher sa première finale sur le World Tour. Rien que ça.

En quarts, il sort Eder Luciano avec un backflip propre noté 7,15. En demies face à Gabriel Braga, il s'impose avec 14 points et là... la scène est magnifique. Ses potes, ses fans, toute la plage le porte en triomphe. « C'est un rêve devenu réalité » déclare-t-il, visiblement submergé par l'émotion. Pour un gamin d'Anza qui a grandi dans ces vagues, imaginez ce que ça représente. En finale face à Roberts, le Marocain n'a pas démérité. Score final : 15,50 pour le Sud-Africain contre un Chajri combatif qui repart avec une deuxième place amplement méritée. Son meilleur résultat en carrière sur le tour.

Valadao tombe, les cartes sont redistribuées

Et pendant que Roberts et Chajri écrivaient leur histoire, le champion du monde en titre vivait un tout autre scénario. Uri Valadao, éliminé dès les huitièmes de finale. Par qui ? Son ami Eder Luciano. Un combo ARS suivi de deux rolls, et le tenant du titre quitte la compétition sous une standing ovation et dans les bras de son pote. Le bodyboard, c'est aussi ça.

Cette élimination change pas mal de choses pour la suite. Avec 5 000 points en jeu sur chaque Prime Series, Roberts prend un avantage considérable au classement général dès la première étape. Et le Maroc a cette réputation qui commence à peser lourd : le vainqueur d'Anza finit souvent champion du monde en fin de saison. Valadao l'an dernier, Soliveres en 2024... La tendance est là. Roberts le sait forcément.

Le Maroc confirme son statut

Au-delà des individualités, cette étape confirme quelque chose qu'on sentait venir depuis deux ou trois saisons : le bodyboard marocain est en train de s'installer durablement au plus haut niveau. Chajri en finale, Brahim Iddouch solide jusqu'en huitièmes, Elghzal Yassine impressionnant dans les premiers rounds, Hamza sur le podium chez les Juniors. Ce n'est plus un accident. C'est un mouvement de fond.

La connaissance locale d'Anza aide évidemment - Chajri a joué la carte du spot à la perfection - mais c'est surtout le niveau technique global des riders marocains qui force le respect. Backflips, rolls, gestion des priorités... ils maîtrisent tous les codes du bodyboard moderne.

Côté Juniors, un Péruvien fait parler la poudre

Petit détour par la Rising Series, parce que ça vaut le coup. Lucciano Campos, jeune Péruvien, décroche le titre Junior grâce à un air inversé monstrueux noté 9,0. Le gamin a du cran et un talent dingue. Deux jours plus tard, il faisait ses débuts chez les pros et passait le premier tour. À suivre de très près.

L'autre info marquante : Louka Zaninotto, champion du monde Junior en titre, est tombé en demies. Il avait pourtant signé le meilleur total de la catégorie avec 15,75 points. Le format man-on-man ne pardonne pas - il suffit d'un adversaire plus régulier sur la bonne série pour que tout bascule.

Et maintenant, le Chili

Direction l'Antofagasta Bodyboard Festival, du 29 avril au 10 mai. Les riders vont passer des longues droites sableuses d'Anza aux dalles de récif de La Nilda. Un tout autre programme. On verra si Roberts confirme son statut de favori numéro un ou si le peloton trouve les ressources pour le bousculer.

« Je suis tellement heureux de cette victoire. C'était une journée de dingue, un événement inoubliable » lâche Roberts avec le sourire d'un mec qui sait qu'il vient de frapper un grand coup. La question maintenant : est-ce que le Maroc aura encore fait un champion du monde ?

Réponse en fin de saison.

Résultats du Morocco World Bodyboard Championship 2026

Men's Prime Series
1 - Tristan Roberts (Afrique du Sud)
2 - Chajri Badr Eddine (Maroc)
3 - Pierre Louis Costes (France)
3 - Gabriel Braga (Brésil)

Junior Rising Series
1 - Lucciano Campos (Pérou)