Le mythe de l'égalité surfeurs - surfeuses
Pour la Journée Internationale de la Femme, Mango Surf s'est penché sur la question de l'égalité hommes - femmes dans le milieu du surf. Alors selon vous, qui de Kelly Slater ou Layne Beachley gagne le plus d'argent ? Facile...
Lisa Andersen idole d'une génération
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Depuis une dizaine d'années, le monde du surf a considérablement évolué : encadrement, argent, business... Mais ce qui le révolutionne d'autant plus, c'est la constante progression du nombre de surfeuses à l'eau. Aujourd'hui, ces demoiselles ne sont plus condamnées à attendre leurs apollons sur le sable, elles prennent de plus en plus part à l'action !
Alors que le nombre total de pratiquants est resté plutôt stable entre 2001 et 2005, la proportion de femmes est passée de 19 à 33% (source : Board-Trac). Et celles-ci déploient un surf de plus en plus stylé et radical en enchaînant des manoeuvres que beaucoup de surfeurs de la gent masculine peuvent leur envier. Il n'y a qu'à observer la jeune Carissa Moore, surfeuse hawaiienne de 14 ans, ou Layne Beachley, multiple championne du monde, pour s'en rendre compte. Depuis le film Gidget, les femmes ont su s'imposer en douceur sur les spots et les vagues.
L'industrie du surf n'est pas en reste, puisque les marques réalisent aujourd'hui une importante part de leur chiffre d'affaires avec le surfwear féminin. De vrais records de vente ! Si l'on prend l'exemple de Roxy et Quiksilver, les chiffres sont éloquents. La marque féminine Roxy a progressé de 20 millions de dollars de vente en 1996 à plus de 650 millions en 2006 ! En comparaison, Quiksilver représente 750 millions. Et comme c'est parti, le surfwear féminin pourrait bientôt rapporter plus que le surfwear masculin ! Tiens, tiens, comme c'est bizarre... Les femmes aimeraient-elles plus le shopping que les hommes ?
En tout cas, c'est une première victoire pour les surfeuses qui ont maintenant accès à des produits « fashion » mais aussi et surtout fonctionnels. Souvenez-vous les filles, ce n'est qu'en 1994 qu'est apparu le premier boardshort féminin et, il y a quelques années encore, il fallait souvent se rendre dans les rayons masculins pour trouver des articles surf ! C'est la surfeuse floridienne Lisa Andersen qui a largement participé au boom du surf féminin. Quadruple championne du monde dans les années 90, la Roxy girl a véhiculé une image saine et belle du surf et a fait explosé le nombre de pratiquantes. Une véritable icône pour beaucoup !
Mais en compétition, le tableau est nettement plus sombre et le contraste persiste. Malgré des épreuves de plus en plus reconnues et suivies par un large public, les filles gagnent toujours moins d'argent que leurs homologues masculins. Le Quik Pro qui vient tout juste de se terminer était doté d'un prize money de 300 000 dollars à partager entre 48 surfeurs, tandis que les 18 femmes engagées sur le Roxy Pro n'ont remporté que 80 000 dollars. Le tour masculin reste bien plus intéressant financièrement, malgré de réelles avancées.
Si l'on compare Kelly Slater et Layne Beachley, deux personnalités du surf ayant à peu près le même 'ge et 15 titres mondiaux à eux deux, Monsieur a cumulé 1,47 million de dollars de gains en compétition depuis le début de sa carrière, Madame n'atteint même pas la moitié avec 568 000 dollars de prize money. Et on ne parle pas des contrats publicitaires ! Ah si, parlons en justement. Pour faire vendre un boardshort ou un maillot de bain, les marques n'ont rien trouvé d'autre que de faire poser un mannequin plutôt qu'une vraie surfeuse. D'accord, un joli modèle, c'est sympa à regarder, mais une jolie surfeuse dans un joli barrel, c'est pas mal non plus ! Question de marketing, il paraît... Allez, sans rancune !