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Un petit air de Ukulele avec Nico'o Salsac

Il est basque, il a 35 ans, il surfe. Jusque là , rien de bien original ! Mais Nico'o a aussi d'autres passions, notamment la musique. C'est d'ailleurs en Polynésie qu'il a découvert qu'avec ses dix doigts et un ukulélé, il pouvait s'exprimer autremen

Par Emilie
Un petit air de Ukulele avec Nico'o Salsac

Nico'o

DR

Mango-Surf : Bonjour Nico'o ! Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Nico'o Salsac : Bonjour, je m'appelle Nico'o, j'ai 35 ans, je suis né et j'habite à Bayonne. J'ai commencé la musique vers l''ge de 10 ans (guitare). Après 3 ou 4 cours de classique avec un professeur japonais, j'ai préféré apprendre tout seul et mon apprentissage s'est déroulé durant des heures interminables, enfermé dans ma chambre. Je fais du bodyboard depuis ma plus tendre enfance et parfois je joue l'ancien avec un grand longboard. Je joue du ukulélé depuis 12 ans.

M-S : Peux-tu nous raconter comment tu es tombé amoureux du Ukulélé ?

N. S : Etant jeune, j'avais faim de voyage. Je me jetais sur toutes les revues et je rêvais qu'un jour je gouterais à cela. Il y avait une photo spéciale représentant un Taapuna entre 1,50m et 2m. L'eau était translucide, le tube magnifique et elle m'a suivie des années sur le mur au-dessus de mon lit. Mon voyage de rêve, c'était Tahiti !! En 2000, l'armée me propose une mission en Polynésie, miracle je saute sur l'occase et pendant que mes collègues s'activaient sur le matériel militaire, je commençais déjà à faire livrer mes bodyboards là-bas. Dès l'arrivée, j'entends le son du ukulélé du petit duo qui accueille les touristes et là vraiment je me suis dit : j'y suis ! Je connaissais déjà bien le son du ukulélé car je me suis toujours intéressé aux musiques du monde et en particulier de la Polynésie (Hawaii, Tahiti) mais là , je mettais une image sur tous ces sons ! Dés le premier week-end, je me suis fait des amis parmi les vieux tahitiens de Teahupoo et j'ai passé 5 mois à surfer et jouer du ukulélé et depuis cela ne m'a jamais quitté.

M-S : Peux-tu nous en dire un peu plus sur cet instrument ?

N. S : Contrairement aux idées reçues, les origines du ukulélé sont portugaises. Ce sont les explorateurs qui ont introduit la braghina à Hawaii durant leurs voyages destinés à récupérer la canne à sucre. Les hawaiiens ont trouvé cela à leur goût et se le sont approprié. Ukulélé voudrait dire en hawaiien "saut de puce" (image des doigts qui sautent sur le manche). Ceci est la version la plus courante. Depuis 5 ou 6 ans, le ukulélé fait un retour fracassant sur le devant de la scène musicale qui je crois est unique en son genre dans l'histoire. Bien que souvent décrié Jake Shimabukuro en a été un grand artisan.

M-S : Et selon toi, Julien Doré est-il crédible avec son Ukulélé ?

N. S : Ah Julien Doré ! Eh bien, je te dirais que je ne regarde pas la TV donc je ne sais pas vraiment ce qu'il fait au ukulélé, après je ne suis pas fan de chansons Françaises. Je pense qu'il a voulu se démarquer en chantant avec le ukulélé et je ne sais pas si cela a mis vraiment en valeur cet instrument aux possibilités infinies. Mais j 'avoue que pendant un certain temps, on me disait "ah comme Julien Doré" et je ne savais même pas qui c'était, donc j'étais assez irritable lol ! Je n'ai pas trop été fan de la manière dont IZ a été utilisé non plus... Pour en revenir à M. Doré, je ne sais pas s'il continue de jouer du ukulélé maintenant qu'il est connu.

M-S : Je crois que tu prépares un album actuellement...

N. S : Oui je suis en fin d'écriture. Il représentera toutes les musiques que j'aime : Hawaii, funk, folk , mariachi... De plus, je suis très fier car James Hill doit participer sur deux chansons. C'est un mec qui est un modèle pour moi, un génie en toute simplicité, c'est la personne qui m'a le plus marqué sur toutes les rencontres que j'ai faite. J'essaie d'en faire un album de musique au sens général et pas un album purement ukulélé.

M-S : Tu as également participé à de nombreux festivals ?

N. S : Oui j'ai participé deux fois au festival de New York, j'ai été à Helsinki, en U.K (on y est invité en tête d'affiche cette année), je suis l'unique français à avoir été invité au Hawaii Uke Fest aussi et j'ai fait une tournée au Japon avec Kyas Ryo. Une anecdote ? Il y en a tellement... mais le Japon est vraiment complètement déconnecté de notre culture. Je me suis même fait enfermer dans les toilettes de l'aéroport dès mon arrivée ! Impossible de sortir, il y avait autant de boutons sur les murs que dans une navette spéciale ! Puis j'ai enchaîné en oubliant toutes mes affaires dans un train (sauf mon uke). Je me suis retrouvé là-bas avec un ukulélé, mon passeport et une carte bleue. Personne ne parlant anglais, j'essayais de me faire comprendre par dessin ! Quand j'y repense, c'était incroyable. Du coup, je me dit que l'on peut vraiment vivre avec le minimum n'importe où !!

M-S : Quel lien fais-tu entre la musique et l'océan ?

N. S : Je vis au bord de l'océan depuis que je suis né, j'en ai physiquement besoin, pour surfer me promener ou autre. Pour financer l'album, je travaille tous les matins au nettoyage des plages et l'après midi je vais m'y balader. La musique et l'océan sont pour moi indissociables. Je surfe beaucoup moins par manque de temps ces temps-ci, mais j'ai des souvenirs de sessions en plein hiver juste deux à l'eau, mon pote et moi, en train de se changer, la musique à fond pour se motiver ! Regarder l'océan m'inspire, c'est indéniable, et quand je joue du ukulélé, j'ai envie de surfer et d'être dans l'eau. Cela marche dans les deux sens !

M-S : Si tu as quelque chose à ajouter, c'est le moment...

N. S : Et bien en premier, je remercie Mango Surf pour ce coup de lumière sur mon instrument préféré. Le ukulélé est étroitement lié à la culture surf et à Hawaii. Récemment je suis allé au siège social d'une grande marque de surf et j'ai été halluciné de voir que les gens ne savaient même pas à quoi cela ressemblait. Je crois que l'on s'éloigne de l'esprit original, mais que voulez- vous, c'est comme ça...Je dirais juste : ouvrez-vous au monde, aux gens, faites vous une opinion par vous même, éteignez la TV et surtout surfez !!!!!! Mahalo !

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