Bonsoy Gold Coast Pro 2026 : Toledo flambe, Vaast en quarts
Filipe Toledo signe un quasi-parfait 18,94, Kauli Vaast file en quarts en sortant Marco Mignot, Nadia Erostarbe terrasse la numéro 1 mondiale Gabriela Bryan. Finale demain.
Snapper Rocks a craqué les compteurs. Quatre excellent totals à 17,5 et plus en une seule journée, dont un 18,94 quasi parfait posé par Filipe Toledo face à Gabriel Medina, et un 18,9 signé Samuel Pupo face à son grand frère Miguel. C'était le Day 3 du Bonsoy Gold Coast Pro Presented by GWM, étape 3 du Championship Tour 2026, et la légendaire pointe de Coolangatta a livré sa version la plus pure. Trois à quatre pieds, lèvre tranchante, vent quasi nul.
Round 3 hommes bouclé. Quarts femmes presque terminés. Côté français, Kauli Vaast file en quarts en sortant son compatriote Marco Mignot dans le seul match tricolore du jour. Côté Espagne, Nadia Erostarbe vient de sortir la numéro 1 mondiale Gabriela Bryan. Côté légende, Stephanie Gilmore valide sa neuvième demi-finale au Gold Coast Pro, à 38 ans, à la maison. Décor planté pour une finale annoncée demain 4 mai sur fond de Yellow Alert.
Toledo près de la perfection, Pupo dans la foulée
On ne va pas se mentir, le moment de la journée porte un nom : Filipe Toledo. Face à Gabriel Medina, l'autre champion du monde brésilien et leader actuel du classement CT, le double champion du monde a sorti la machine. Tubes, airs, rail surfing au cordeau. Deux vagues, deux notes au-dessus de 9 : un 9,77 puis un 9,17. Total : 18,94. Le 100e excellent total de sa carrière. Et le plus haut score de la saison, repris à lui-même puisqu'il avait déjà signé le précédent record dimanche dernier.
À chaque fois que Gabriel et moi on est dans l'eau ensemble, ça donne un beau heat. Avec lui dans la forme actuelle, c'est la seule façon de l'arrêter : poser deux gros scores et espérer qu'il ne sorte pas un dix. Gabriel reste une inspiration pour nous tous, je le respecte énormément.
Dans le heat suivant, Samuel Pupo a fait à peu près la même chose face à son frère aîné Miguel. À peu de choses près les mêmes notes, à peu de choses près le même verdict. 18,9 cumulés, hits verticaux monstrueux, carves sur faces ouvertes. Miguel termine à 15,43, total qui aurait suffi dans la moitié des séries du round, mais qui n'a jamais inquiété Samuel. Le cadet prend l'ascendant 2-1 dans la rivalité fraternelle, et avec ses 25 ans, il s'offre l'opportunité d'enfiler le maillot jaune en cas de victoire dimanche. Miguel l'avait porté pour la première fois après Bells Beach. Le clin d'œil familial est presque trop beau.
Et la suite ? Toledo vs Pupo en quarts. Deux Brésiliens. Deux 18 cumulés à digérer. Le pop-corn est prêt.
Vaast s'offre Mignot et file en quarts face à Ewing
Le seul match 100 % français du jour. Kauli Vaast et Marco Mignot, deux étoiles montantes du surf tricolore, deux styles différents. Le Tahitien Vaast, champion olympique de Paris 2024, en pleine ascension sur sa première saison comme membre titulaire du CT. Mignot, rookie de l'année 2025, auteur d'un comeback majuscule Day 1 face à Barron Mamiya au buzzer. Verdict : 14,33 à 13,97 pour Vaast, à l'arraché.
Le Tahitien continue donc son parcours. Round 3 propre, qualif pour les quarts. Et un client en face demain : Ethan Ewing, à domicile, sur le set le plus chaud du moment. Bref, ça va piquer. Mais Vaast est dans le money time. Le drapeau tricolore reste accroché côté hommes pour la suite.
Erostarbe terrasse la numéro 1 mondiale
Trois jours d'excellence consécutifs pour la rookie 2026. Première représentante espagnole de l'histoire à atteindre les demi-finales d'un CT féminin, Nadia Erostarbe vient d'écrire son chapitre le plus dingue. Face à la numéro 1 mondiale Gabriela Bryan, leader actuelle du classement CT, l'Espagnole a fait basculer le heat sur sa précision en attaque de lèvre. 8,67 à la note unique, 15,67 cumulés, deuxième meilleur total femme de la compétition. Smart heat aussi : usage chirurgical de la priorité pour étouffer Bryan, qui pourtant continuait d'envoyer des gerbes monstrueuses.
Je tremble encore, je suis tellement contente de passer. Je savais que Gabriela allait être l'une des plus dures à battre ici, avec sa puissance et la qualité des vagues. Je suis dans un rêve. J'ai un crew énorme sur la plage. Elle envoie tellement de spray à chaque virage, je savais que je devais aussi y aller en grand.
Demain en demi-finale, elle se frotte à Stephanie Gilmore. Soit la GOAT du surf, à la maison, à son 17e Gold Coast Pro. Le contraste est presque cinématographique.
Gilmore, Ewing et O'Brien : Snapper en mode home
Stephanie Gilmore signe sa neuvième demi-finale au Gold Coast Pro. Neuf. Sur dix-sept participations. La huit fois championne du monde, six fois vainqueure du tournoi, a démarré son quart contre Caity Simmers avec sa meilleure note de l'année, 7,83. Rail work limpide, long tube propre. Simmers est restée trop patiente, Gilmore a accumulé. À 38 ans, à son break, elle reste la reine indéboulonnable.
C'est marrant, Caity et moi on avait surfé un heat ensemble à Burleigh l'an dernier, et c'était pareil, on rigolait avant de rentrer à l'eau. Elle est ma surfeuse préférée, partager l'eau avec elle, c'est juste incroyable. C'est une rivalité saine, on se respecte énormément, mais on veut quand même se mettre une bonne battle.
Ses compatriotes Queenslanders Ethan Ewing (North Stradbroke Island) et Liam O'Brien (Burleigh Heads) ont tous les deux signé le même excellent total : 17,5 pile. Ewing a planté un véritable récital de rail surfing pour mettre Italo Ferreira en combo. Une revanche du quart de Margaret River, où le Brésilien l'avait battu. Ewing a construit calmement, 7,33, 8,5, puis 9. Mécanique parfaite, board enfoncée jusqu'à la garde dans la lèvre.
Liam O'Brien a fait l'inverse. D'entrée, son 9. Un double-barrel, dont le premier tube le plus long et profond depuis le début de l'événement. Puis il a empilé les backups, 6,33, 7, 8,5. En face, le tout récent vainqueur de Margaret River et numéro 2 au classement CT George Pittar a fini en demande de deux nouveaux scores au buzzer. La revanche du miracle de Margaret River, en quelque sorte.
Sawyer Lindblad complète le casting des demis femmes après deux gros wins consécutifs face aux Australiennes Isabella Nichols puis Molly Picklum. Reste le quart Lakey Peterson vs Luana Silva à dérouler dimanche pour fixer le tableau féminin complet.
Robinson et Robson out, Vaast espoir tricolore
Coup dur côté australien chez les hommes. Jack Robinson est tombé face à Leonardo Fioravanti (ITA), incapable de poser un score de référence avant la dernière minute, trop tard pour renverser. Callum Robson, qui sortait le champion du monde en titre Yago Dora Day 2, n'a pas pu enchaîner et s'est fait étendre par Connor O'Leary (JPN) au terme d'une nouvelle masterclass backside du Japonais. Restent Ewing et O'Brien à domicile. Et donc Kauli Vaast, seul Français en lice côté hommes, qui croise demain le fer avec un Ewing en feu. Ça va piquer.
Yellow Alert posé pour la finale, premier call demain matin 8 h 30 heure locale. Avant le grand bain, une superheat WSL50 d'expression session entre les Boardriders rivaux de Kirra et Snapper, avec Mick Fanning et Joel Parkinson en figures de proue. Que demander de plus ?