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Hiva Oa, entre terre et mer

Les Tikis
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Vendredi 9 octobre 2009, 21h15, Atuona, Hiva Oa Les lagons ont disparu au profit des montagnes à  la végétation luxuriante et des vallées profondes. Au détour d'un chemin, un homme au torse sombre et tatoué monte à  cheval, des chèvres [...]

Vendredi 9 octobre 2009, 21h15, Atuona, Hiva Oa

Les lagons ont disparu au profit des montagnes à  la végétation luxuriante et des vallées profondes. Au détour d'un chemin, un homme au torse sombre et tatoué monte à  cheval, des chèvres galopent, des cochons sauvages se roulent dans la terre ; oui, nous sommes aux Marquises.

Comme dirait Jacques Brel, « gémir n'est pas de mise aux Marquises ». Et pour y arriver, il faut passer les alizées et se faire secouer dans l'avion. Les turbulences sont nombreuses à  l'approche du Nuku Hiva et sa « terre déserte ». Elles le sont tout autant dans le petit coucou inter-îles. Nos rêves reposent sur les pilotes, de vrais maestros des airs. Chapeau bas messieurs ! Et merci du voyage !

Hiva Oa est une île du groupe sud, où tout est différent de ce que nous avons pu voir jusqu'à  présent. La vie y est paisible et semble plus rude, plus tournée vers la terre. La modernité est arrivée jusqu'ici, bien sûr, mais on a le sentiment qu'elle ne fait que passer, que l'essentiel est ailleurs.

Gaby nous a accueilli chaleureusement et a vite remarqué les planches. Nous avons donc pu discuter des vagues offertes par l'île. La houle de nord ne rentre pas encore à  cette époque de l'année, mais la baie d'Atuona au sud permet de se détendre un peu. Surfer aux Marquises, quel rêve ! Et quel cadre grandiose avec cette plage de sable noir en toile de fond. (Voir le récit de la session)

Atuona est une petite bourgade d'un peu plus de 1000 habitants, où la douceur de vivre nous berce d'heure en heure. Son histoire est riche, puisque c'est ici que Paul Gauguin, le peintre, et Jacques Brel, le mythe, y reposent pour l'éternité. Du cimetière du calvaire, ils continuent à  jouir d'une vue somptueuse sur la baie, le village et les montagnes vertigineuses. Les frangipaniers doivent même peut-être encore titiller leur odorat, qui sait ? En tout cas, me retrouver ici à  Hiva Oa, je n'en espérais pas tant et j'ai encore du mal à  réaliser...

Aujourd'hui Gaby nous a fait faire le tour de l'île en 4x4. Les pluies matinales donnent d'avantage de mystère à  ce petit bout de terre perdue dans le Pacifique. Et sous le soleil, les feuilles des banyans, cocotiers, manguiers et arbres à  pain déclinent toutes les nuances de vert. La terre est rouge par endroit, les sommets sont fiers et les baies magnifiques. Les animaux sont en liberté et gambadent à  notre approche. Les tikis quant à  eux ne peuvent s'enfuir à  notre vue. Grandes statues en pierre, ils sont impressionnants du côté de Puamau et n'ont fini de livrer leurs secrets.

Au nord de l'île, à  Hanaipa, Jean nous explique l'art du tapa, dessin sur de l'écorce battue, ainsi que la richesse des motifs marquisiens. La baie du village et son rocher appelé « tête de nègre » nous font rêver, même si les vagues sont petites...

Ce soir, je repense à  ces instants courts mais intenses. Je revois M. O'Connor, producteur de bananes séchées, au sourire communicatif. Je ressens cette nature immense et j'entends le bruit des vagues dans la baie de Tahauku. Il est temps pour moi de rejoindre Morphée.

Samedi 10 octobre 2009, 18h00, toujours à  Hiva Oa

Il paraît que l'atterrissage à  Ua Pou est l'un des plus impressionnants, sinon le plus, de la Polynésie. En écoutant les histoires des uns et des autres, on veut bien le croire : piste en pente, d'un côté la mer, tout autour la montagne. Des montagnes russes, il parait...

Ce matin, nous étions donc préparés psychologiquement. Et au vu des conditions météorologiques, il valait mieux. Vents violents, puis la pluie diluvienne. Après plusieurs retards, le chef d'escale Air Tahiti confirme : tous les vols sont annulés. Ici, on atterrit à  vue, alors dans ce brouillard et ces torrents du ciel, inutile de tenter l'impossible ! Et retour à  la case départ, chez Gaby et Félicie.

Il pleut toujours ce soir. Nous ne voyons pas l'horizon, à  peine l'esquisse de la baie en contrebas. L'ambiance est mystérieuse. Mais où sommes-nous ? En Asie peut-être lors de la mousson, en Bretagne par gros temps ? Déboussolés par ce climat étrange et cette douceur moite, nous laissons le temps s'écouler tranquillement. Hiva Oa nous a pris dans ses filets et refuse de nous voir partir. J'aime quand le destin nous réserve des surprises, quand la nature choisit à  notre place. Qu'adviendra-t-il demain ?

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