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UT4M 90 - Belledonne m’a tué !

En route pour la Croix de Chamrousse
En route pour la Croix de Chamrousse - rOmanO

L’UT4M 90 KM sera mon premier trail longue distance en montagne. Une course qui a la réputation d’être exigeante mais qu’importe je peux le faire. J’en suis persuadé. J’ai déjà terminé un 80 et 110 KM mais pas en montagne…

Il y a quelques mois, nous nous sommes inscrits à l’UT4M (l’Ultra Tour des 4 massifs) version 90 KM et 40 KM. Une course en montagne qui a la réputation d’être très dure. On arrive à Grenoble le jeudi soir. La journée de vendredi a été l’occasion d’encourager les coureurs qui se sont lancés au départ du 160 KM, l’épreuve reine, de l’UT4M. L’émotion et l’excitation sont au rendez-vous.

C’est parti pour Belledone et Chartreuse !

Samedi 22 août - 6 heures du matin : On se réveille doucement, on déjeune et on vérifie une dernière fois le matériel obligatoire. On rejoint le parc Mistral. C’est déjà l’heure de la séparation. Emilie prend le bus en direction de Saint Nazaire les Eymes et pour ma part je roule vers Uriage les Bains pour le départ. L’ambiance est détendue, les coureurs s’encouragent, le speaker fait monter la pression… 5, 4, 3, 2, 1, c’est parti pour 90 KM !

On attaque par un petit tour dans la station thermale d’Uriage avant de grimper vers le plateau de l’Arselle qui culmine déjà à 1600 mètres d’altitude. On a grimpé 1200 D+ en un peu moins de 12 KM. Une première partie de course avalée en 2 heures. J’étais en sur-régime mais je ne le savais pas encore. Encore 600 mètres de D+ pour arriver au premier ravitaillement solide de la Croix de Chamrousse. L’accueil des bénévoles est extraordinaire, ils sont souriants et ils me redonnent la patate ! J’avale une petite soupe, un peu de jambon de pays et je fais le plein d’eau avant de repartir pour une petite descente suivie d’une montée jusqu’au refuge de la Pra. Les montagnes sont belles, il fait un temps ensoleillé. On court le long des lacs de montagne sur des chemins plutôt technique. Je commence à croiser des coureurs engagés sur le 160 KM. Je suis admiratif, ils ont déjà passé une nuit dans la montagne. J’en croise quelques uns sur des cailloux en train de faire une petite sieste. Je n’ai pas encore terminé ce 90 KM que je me projette déjà l’année prochaine sur cette distance !

Début du calvaire au Grand Colon !

J’ai parcouru 22 KM en 4H45 et je commence à sentir un sérieux coup de moins bien. Les côtes me paraissent bien plus difficiles, j’ai une envie de vomir mais sans vraiment y arriver. Et le plus dur reste à venir dans le massif de Belledonne avec l’ascension du Grand Colon, point culminant à 2300 mètres. Je monte doucement, chaque mètre est une torture… J’ai du mal à trouver mon souffle. Je suis vraiment dans le dur… des sensations que j’ai déjà connues dans d’autres courses et je me dis que ça va passer. Je tiens le coup jusqu’en haut du Grand Colon où s’offre à nous un panorama exceptionnel. Magique. On peut observer dans le ciel un parapentiste et un ULM qui volent le long des crêtes. Je m’écroule sur la pelouse et me repose pendant un bon quart d’heure avant d’attaquer la longue descente qui doit m’amener à la base de vie de Saint Nazaire. Si la montée au Grand Colon a été un calvaire, la descente le sera tout autant… surtout la première partie où il est très difficile de courir. Ma cheville droite puis celle de gauche se coincent dans les cailloux. Mes réserves d’eaux s’amenuisent également, j’ai des crampes… Un véritable calvaire. A ce moment, je me demande si je vais pouvoir terminer cet UT4M… Mais à quelques kilomètres du ravitaillement de Freydières, la pente est plus douce et les chemins plus roulants. Je me surprends à courir, les bonnes sensations reviennent. Je croise un coureur avec qui je rejoins le ravito heureux. Je mange toujours mais pas énormément et pique un petit roupillon sur les lits de camps. Je prends vraiment mon temps pour recharger les batteries au maximum. J’attaque la dernière partie de la descente avec un bon rythme.

Game over !

La nuit commence à tomber et j’arrive à l’intersection avant d’attaquer les 6 km de plat pour me rendre à Saint Nazaire. Il y a deux bénévoles qui proposent un peu d’eau. Je décide de me poser quelques minutes. Je me sens pas bien… J’ai une crampe qui ne veut pas partir, ça fait mal ! Je m’assoie, je tremble et je vomis. Les deux bénévoles me réconfortent. Je vois passer des coureurs. La roue a tourné pour moi. Je ne suis pas dans le bon wagon. J’abandonne complètement, KO. Je suis rapatrié en voiture sur la base de vie et pris en charge par le staff médical qui me perfuse pour combler mes carences. Je reprends des forces. Les sentiments se mélangent entre soulagement que ça s’arrête et déception d’avoir abandonné après seulement un massif. J’aurais aimé passer la nuit dans la Chartreuse et passer cette ligne d’arrivée où je vais retrouver le lendemain vers midi des coureurs rencontrés la veille. Ce sont des gens comme vous et moi, mais qui ont fait preuve de courage et de détermination pour venir à bout de leur UT4M. Bravo à tous les coureurs, les organisateurs et surtout les bénévoles qui ont toujours eu le sourire et un petit mot gentil pour nous redonner la pêche.

Vivement l’année prochaine pour recommencer !

rOmanO - Publié le