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Surf et business : la crise est-elle en train de g'cher la fête ?

Surfeurs à  vendre
Surfeurs à  vendre - ASP Japan

Rassurez-vous, on ne va pas refaire le monde, ni analyser la crise économique mondiale. Mais en lisant la presse internationale, on se rend bien compte que la planète surf a du mouron à  se faire.

Wayne Bartholomew a prévenu : "Je crois que la crise économique est un peu comme un tsunami qui arrive de nulle part. Et le plus dur reste à  venir". Le Président de l'ASP est prudent, mais il sait que la crise aura forcément un impact sur le surf de compétition dans le monde. Rien n'est encore venu bouleversé le Dream Tour, circuit mondial de la discipline. Les onze étapes ont été maintenues malgré les sommes pharaoniques en jeu : 2 millions sur chaque épreuve. Mais Wayne sait que le sponsoring a déjà  diminué. Et ce sont les surfeurs pro qui trinquent !

Taj Burrow confiait d'ailleurs au NY Times en décembre dernier : "Cela a déjà  un énorme effet aujourd'hui, aussi bien sur le soutien individuel que sur tout ce que les marques peuvent nous apporter de façon générale". Il est vrai que les temps sont durs pour certains. Et si vous n'êtes pas dans le top 10 mondial, vous n'êtes pas à  l'abri.

L'inquiétude grandit

Pourtant, la glisse était un marché très porteur il y a encore quelques mois. Il n'y a qu'à  écouter Andy Tompkins, directeur d'ASR : "L'industrie du surf a connu une courbe de croissance solide durant les dix dernières années. Mais là , il ne s'agit plus uniquement des surfeurs. Les marques ont élargi leur clientèle, alors elles ont beaucoup plus à  perdre". Toute la filière est concernée. Les petits surf shops californiens tentent de survivre, tout comme les gros distributeurs comme Pacific Sunwear qui a vu son chiffre d'affaires perdre 11% en janvier par rapport à  la même période en 2008. Mais de nouveaux modes de consommation apparaissent déjà  outre atlantique. La vente d'occasion revient en force, les bonnes affaires se font sur Internet... Reviendrait-on vers une société plus raisonnable ? Pas si sûr...

Du côté européen, ce n'est pas tellement plus réjouissant. Fred Basse, président d'EuroSIMA, confiait au journal Sud Ouest il y a quelques semaines, être "inquiet face à  la crise, en particuler pour les PME". Il illustrait d'ailleurs très bien son propos en évoquant le cas de Mada. Jeune marque très dynamique et en pleine expansion, elle se retrouve selon lui "étranglée" par une trésorerie tendue. Les carnets de commande sont pleins, mais avec des délais de paiement qui s'allongent et des stocks qui gonflent, difficile de faire face.

Le cas Quiksilver

Là  dessus sont venues se greffer les rumeurs Quiksilver. Le géant du surf business subit les effets d'annonce depuis quelques mois. Cela a commencé avec le NY Times fin 2008 qui parlait d'un éventuel rachat de Quik par Nike, qui, par ailleurs, détient déjà  Hurley depuis 2002. Ensuite, on a entendu dire que DC Shoes, célèbre marque de chaussures de skate, aurait été vendue par Quik en début d'année. Stop aux rumeurs, Sophie Rougerie, responsable communication de Quik Europe, est venue rectifier le tir. "Les médias s'emballent beaucoup" rapportait-elle au Journal du Pays Basque, "mais nous mettons tout en place pour continuer à  avancer".

Cela n'empêche pas le cours de l'action de chuter : à  18 $ en 2004, elle est passée à  15 l'an dernier pour terminer à  moins de 1 dollar début 2009 ! La magie de la bourse ! L'opération Rossignol y est aussi un peu pour quelque chose... Achetée 241 millions et revendu seulement 30, c'est une moins-value record qu'a réalisé le groupe Quiksilver. Alors heureusement que Roxy et DC sont là  pour relever le niveau et permettre d'élever encore et toujours le chiffre d'affaires. Oui, mais jusqu'à  quand ?

Finalement, c'est peut être Casey Cagle qui a raison du haut de ses 19 ans. Interviewé par le L.A Times, le jeune surfeur confiait : "La pire chose à  propos du surf, c'est que ce soit devenu un business. Il y a longtemps que ce n'est plus une culture...".

Sur ce, je vous laisse. Les vagues m'attendent et pour l'instant, elles sont encore gratuites...

Emilie Dalibert - Publié le