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Il ne suffit pas de surfer, encore faut-il écouter les vagues !

Hugo Verlomme
Hugo Verlomme - Hugo Verlomme

La mer est sa muse, elle lui a inspiré de nombreux romans. Retrouvez la chronique de Hugo Verlomme, écrivain, journaliste, éditeur... et bodysurfeur.

Jamais le surf n'a jamais été si populaire, en quelques années la glisse est devenue le symbole mondial de la liberté rebelle, de l'écologie ; le grand public idéalise les surfeurs, ces fous de mer qui prennent leur plaisir au contact de la nature dans toute sa pureté. Et pourtant... La réalité est tout autre. S'il est vrai que dans les années 1960-70 les pionniers du surf étaient des vagabonds des plages, des voyageurs, des inventeurs, des amoureux de la mer, faire du surf aujourd'hui n'est plus l'apanage de ces marginaux écolos. Désormais cotée en bourse, leader mondial du sports wear, la glisse rapporte beaucoup d'argent et ne rime plus du tout avec écologie, même si elle se vend toujours gr'ce à  elle.

Le surf est un plaisir individualiste, voire égoïste, qui ne semble pas menacé par les dérèglements climatiques... Bien au contraire ! Non seulement on peut surfer sur une eau stérile ou polluée, mais en plus nos activités humaines entraînent un réchauffement, qui entraîne lui-même des tempêtes plus violentes et donc de plus en plus de vagues ! Car s'il est vrai que la mer est gravement menacée par les pollutions, l'urbanisation du littoral et la surpêche (mettant en danger baleines et dauphins, requins, thons, etc.), une chose qui ne risque pas d'être menacée en revanche, ce sont les vagues. Tempêtes, cyclones, inondations, fonte des pôles, vagues scélérates, submersions, tels sont les ingrédients au menu du 21e siècle. « Ç vos planches, citoyens ! Mettez vos caleçons de bain !... » Aucun doute, nous devons nous tourner vers la mer. Pour mieux la soigner, la protéger, la connaître... Les surfers devraient être des précurseurs, des exemples...

Faire l'amour peut être un acte mécanique de pur plaisir égoïste ou bien une extraordinaire fusion cosmique. De la même façon, surfer les vagues peut être un simple acte de plaisir solitaire ou une réelle communication avec l'Océan. Les vagues ne sont pas de simples objets de plaisir, elles sont vivantes, il n'y en a pas deux identiques et elles ont toutes un message à  nous délivrer... Sachons les entendre, car nos lendemains seront océaniques...

Hugo

PS : Lisez l'éco-thriller de Peter Dixon aux Çditions Yago : « Coulez le Lucky Dragon ! », passionnant roman d'aventure, d'écologie, de surf et d'amour avec des personnages dignes de grands romans de mer, par un surfeur mythique et père de Flipper le dauphin.


Hugo Verlomme (hugo@hugoverlomme.com) est écrivain, journaliste, éditeur. Il vit près de la plage mais n'en aime pas moins Paris. Dernier livre : La Guerre du pochon, Paradoxes pour un écocitoyen ; prochain livre à  paraître en janvier, un conte philosophique où les dauphins jouent un rôle initiatique : Les Sept couleurs de Monsieur Gris (Çditions Yago). Passionné de bodysurf, il a créé, avec son complice bodysurfeur et sauveteur Marc Muguet, un site pour les passionnés de palmes : www.lespiedspalmes.com

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