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La naissance d'Aphrodite par Laurent Masurel

Aphrodite
Aphrodite - Laurent Masurel

Découvrez le photographe Laurent Masurel à l'occasion de l'exposition : la naissance d'Aphrodite du 19 au 30 novembre 2013 au studio B&B Studio Galerie, Paris. Plonger dans l'univers de Laurent à travers une sélection de 72 images subaquatiques.

La légende veut qu’Aphrodite, déesse grecque de l’Amour, soit née de l’écume de la mer. Symbole infini de féminité, sa présence même dans les mousseux tumultes du déferlement des vagues semble naturelle au rêveur passionné d’océan que je suis. Au fil des années passées à observer l’énergie océane onduler sur la grève, la présence de cette divinité m’est devenue familière. Je la côtoie pour ainsi dire au quotidien. Ainsi, j’ai eu envie de photographier ses apparitions. Et de vous les faire partager, de les porter à vos yeux délicats, ses venues sont si rares et discrètes, car tout se passe sous la surface, en zone d’impact des vagues qui plus est.

Il ne pouvait pas y avoir meilleur prétexte pour moi, que de photographier les moments de rencontre subaquatique des vagues écumantes avec son corps. Au point et au moment de rencontre, celui-ci semble danser, jouer, se mêler à une chorégraphie, d'abord imposée par l'océan, puis s'esthétisant par la présence même du corps. Tour à tour, le corps subit, se met au diapason, contourne, détourne, se confronte, affronte, se fait rétif, se rebiffe, va à sa rencontre, à l'encontre, se débat, combat pour finalement jouer, glisser, danser et se laisser aller. C'est selon l'humeur de chacun, l'effet de surprise ou de maîtrise. La rencontre semble déséquilibrée : la vague choisit et le corps subit. Mais ne choisit il pas de subir? De plus, la vague ne survit que dans la naissance/déferlement de la suivante. Le corps seul sort triomphant de la confrontation, riche des rencontres océanes successives. Le corps subit la rencontre océane mais, tel une hydre, sort revigoré, désireux de renaître à lui-même à chaque vague.

Cette exposition est là pour illustrer ces différents moments d'interactions, illustration de ce qui est subi ou provoqué mais surtout partagé. Avec l'aisance, le corps arrive à s'imposer un peu, jamais totalement, il est là pour s'adapter, accepter le corps à corps pour qu’il se transforme en un harmonieux ballet. Quelquefois le corps suit la vague et glisse, grâce et avec elle .Aphrodite se fait alors naïade et bodysurfeuse.

Le moment de cette rencontre, c'est en fait celui de 2 ondes (corpusculaires) qui s’accordent: celle de l'océan et celle du corps (on nage en pleine mécanique des fluides ! N’oublions pas que le corps est constitué à 70% d’eau); c'est un retour privilégié aux sources: celles de la vie, du laisser aller, aux confins embryonnaires de notre propre histoire : entourée d'eau circulante voire tumultueuse. Le corps semble lui-même se modifier dans sa structure : l'enveloppe rentre en résonnance. Le corps si musclé et bandé soit-il, semble totalement pénétré et déformé de l'onde marine. En fait, à travers cette exposition, vous allez assister aux différents moments de la naissance d'Aphrodite (ou d’Eros), chaque photo doit être vécue comme une interprétation de cette naissance. Dès sa naissance, Aphrodite a su jouer avec l’écume, se jouer d'elle, lascive, combative, plus ou moins active ou passive. Les points de rencontre sont plus ou moins violents, percutants; Quelquefois l'écume et Aphrodite s'esquivent, s'évitent, se mêlent et s'entremêlent pour ne faire plus qu'un, telle une allégorie de l'amour. Ce sont ces petits moments d'éternité que j'ai voulu saisir où le corps est en suspens le temps du passage de l'onde. Il semble s'oublier, se livrer aux étreintes océanes. Chaque vague franchie, contournée, volontairement subie est comme une petite naissance ou paradoxalement, comme une petite mort où l’on ressent du plaisir à ne faire qu'un (l'onde de plaisir se répand jusqu'à l’âme), l'espace d'un instant avec l'élément. A cela se rajoute le bien-être physique. L'onde se propage du corps à l'esprit, de la vague à l’âme.

Comme si sous chaque vague, se réveiller l'Aphrodite (ou l'Eros) qui est en nous .Faites en l'expérience, pas la peine d'affronter de gigantesque vagues, 1 mètre suffira largement à ressentir ce qui pouvait être redouté l'instant d'avant : votre corps d'abord puis votre esprit lâcheront prise; vous croirez perdre le contrôle .Vous êtes, en fait, en train de danser avec les vagues et leur écume. Puis, vous rechercherez leur présence, encore et encore. Au début, vous croirez qu’elles vous épuisent, alors qu’elles vous transmettront surtout leur énergie !

Puisse cette exposition vous donner envie d'entrer dans la danse, et d'ouvrir les yeux (au propre comme au figuré), que de ce plaisir au départ quelque peu égoïste, vous puissiez le partager et le transformer en amour de l'océan. Comme si du tumulte des vagues puisse naître l'apaisement des corps et des hommes, et puisse, Aphrodite, renaître à chaque vague.

Information Pratique

La naissance d'Aphrodite
19 au 30 novembre 2013
Studio B&B Studio Galerie
6 bis rue des Recollets - 75010 Paris
Entrée libre de 10h à 18h

Laurent Masurel - Publié le