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Léo-Paul Etienne champion du monde junior ISA ! La France deuxième nation !

Leo champion !
Leo champion ! - FFS

Léo-Paul Etienne est devenu champion du monde U16 ce dimanche à Salinas. Kim Véteau prend, elle, la deuxième place chez les filles en U18. Au classement général, la France décroche la médaille d'argent ! Le meilleur résultat de son histoire.

IL n'a que 15 ans mais son sang-froid, sa maturité et sa technique dans les vagues ont bluffé la planète surf. Les Mondiaux juniors ISA, véritable incubateur des futurs meilleurs surfeurs au monde ont révélé Léo-Paul Etienne. Un Guadeloupéen de St François, aussi discret dans la vie qu'explosif sur les vagues. Léo a traversé ses Mondiaux comme une balle. Impressionnant les juges par son attaque de dos sur le spot de la Fae, une longue gauche capricieuse. Sauf ce dimanche où elle a déferlé à plus de 2m50 pour les finales. Et dans le bon sens pour le jeune garçon.

Léo au plus haut

Dans ces conditions dantesques, l'Antillais s'est cru presque comme à la maison, au Moule, une vague similaire, qu'il surfe régulièrement. Véritable machine, Léo a enchaîné les manoeuvres, fracassant toutes ses vagues à grands coups de rollers bien hauts. Et même s'il a souvent chuté en fin de vague, ce qu'il avait fait avant fut, finalement, suffisant.

En tête de sa finale dès sa première vague, il n'a jamais lâché la pôle, mettant la pression sur les deux Américains Nolan Rapoza et Griffin Colapinto, présentés dans tous les médias spécialisés comme deux cracks, et qui s'imaginaient déjà avec l'or autour du cou. En fait, personne n'a vu venir l'extra-terrestre Léo-Paul Etienne. Une frimousse d'ange, un guerrier en compétition. Ses aller-retours non-stop en finale et les efforts physiques produits, ont démontré qu'il avait tout d'un futur grand.

Le quatrième Français champion du monde junior

Sur la plus haute marche du podium, son sourire et son insouciance étaient beau à voir. Sans doute ne le sait-il pas, mais il a succède à des surfeurs comme Gabriel Médina, Joel Parkinson, Jordy Smith, Julian Wilson ou encore Tom Curren.

Il devient le quatrième Français à remporter un titre mondial aux ISA World Juniors après le Tahitien Vetea David (1986), la Basque Pauline Ado (2006) et la Réunionnaise Cannelle Bulard (2011).

La France, et la Guadeloupe, auraient pu conquérir un second titre mondial, en cette fin de semaine sud-américaine. Kim Véteau avait été impressionnante en finale des repêchages avec une vague énorme et la meilelure manoeuvre de toute la compétition féminine (9 pts sur 10). Mais en finale, elle est tombée sur un os hawaïen.

Véteau s'est battue jusqu'au bout

Tatiana Weston-Webb, déjà vainqueur l'an dernier au Nicaragua, a conservé sa couronne mondiale en survolant la finale. En deux vagues, 9.83 + 8.33 pts, elle a éclipsé ses trois adversaires. Longtemps dernière de la série, Véteau s'est réveillée dans les dix dernières minutes pour repasser à la deuxième place. Un effort considérable pour celle qui aura passé trois séries et plus d'une heure dans l'eau ce dimanche matin. Sans doute a-t-elle d'ailleurs payé ses efforts alors qu'elle aurait pu se qualifier directement pour la grande finale et ne pas passer par les repêchages.

La Guadeloupéenne promet l'or en 2015

Un jugement aléatoire, un centième de point (6,10 pour une vague alors qu'un 6,11 la qualifiait), et Kim Véteau, est repartie au combat au lieu de se reposer. Elle a ensuite souffert en finale. En trois participations aux Mondiaux juniors de l'ISA, la jeune femme (17 ans) atteint toutefois sa première finale alors qu'elle avait toujours buté avant (5e l'an dernier). Cette médaille d'argent lui a donné le sourire et lui permet de croire en ses chances pour 2015. Car c'est promis, Kim reviendra avec un seul et unique objectif : le titre mondial.

Le titre d'Etienne et la deuxième place de Véteau ont bousculé la hiérarchie et fait basculer l'équipe de France dans une autre dimension. Après avoir fait le yo-yo tout au long de la semaine au classement des nations, la France est passée de la 4e place dimanche matin à la deuxième au final !

Un finish de folie pour l'équipe de France

Un véritable exploit quant on sait qu'elle termine à seulement 296 pts de Hawaii. Une broutille, un tour de plus pour n'importe lequel des 10 autres surfeurs de l'équipe, aurait apporté ces points. Les sentiments sont forcément mitigés dans le camp français car ce fameux titre par nations derrière lequel la Fédération Française de surf court depuis si longtemps n'est jamais apparu aussi proche.

A la fois accablé et fier de ses troupes, le Team manager Stéphane Corbinien a voulu féliciter le travail de tout le staff et de ceux qui ont travaillé depuis plusieurs mois et années pour arriver à ce formidable résultat. Notamment, le head coach Patrick Florès, le stratège technique des équipes de France, malheureusement absent cette année en Equateur. Avec lui en plus, qui sait ?

L'Australie et les USA repartent sans un seul titre

Mais avec des si, la France serait depuis longtemps championne du monde. Savourons donc ce bonheur d'avoir fait trembler les plus grandes nations du surf mondial. Savourons le fait d'avoir repoussé les Hawaïens dans leurs retranchements. D'avoir ridiculisé les Américains et leur contingent de 15 coaches, et d'avoir doublé les Australiens qui se voyaient déjà maîtres du monde. Les deux places fortes du surf international depuis des décennies repartent d'Amérique du Sud sans un seul titre puisque Hawaii enlève les deux titres féminins et que c'est un Brésilien qui s'impose en U18.

Il s'est passé quelque chose ce dimanche en Equateur. Plus jamais les autres pays ne regarderont la France comme un faire-valoir. Elle est vice-championne du monde et prépare déjà sa campagne 2015. Avec un seul objectif. Devinez lequel !

Réactions

Léo-Paul Etienne : « C'est incroyable ! Pour un premier championnat du monde ! Quand je suis venu ici, je rêvais de gagner. J'y pensais, mais je ne croyais pas que c'était possible. En finale, j'ai pris pas mal de vagues. Mais j'ai beaucoup chuté. Il y avait beaucoup de courant. J'ai réussi à avoir mes deux bonnes vagues et à impressionner les juges avec mon surf backside. La médaille d'argent est celle de toute l'équipe ! Je me suis pas mal entraîné avec le Pôle espoirs de la Guadeloupe, avec mes coaches physique et technique. Je vise maintenant la sélection pour les championnats d'Europe (en septembre, aux Açores) et j'espère les gagner ! »

Kim Véteau : « Quand j'ai vu que Tatiana Weston-Webb (Haw) avait eu deux gros scores, j'ai su que c'était raté. J'ai voulu assurer ma seconde place pour marquer un maximum de points pour l'équipe. Je termine fatiguée mais contente car je finis deuxième et je vais rentrer chez moi avec ma médaille. Je reviendrai l'an prochain pour mes derniers Mondiaux juniors. L'an dernier, j'ai fait 5e, cette année 2e. Donc l'année prochaine, le seul résultat possible est de gagner ! »

Stéphane Corbinien (team manager) : « Très honnêtement, l'objectif était de terminer champion du monde. On est frustré car on passe de très près à côté de ce titre. Ça se joue à quelques détails. Une vague, un surfeur qui passe un tour de plus. Mais il y a quand même de la satisfaction car le travail fait a été extraordinaire. L'équipe a été incroyable tout au long. On peut donc être heureux, on a un champion du monde, une vice-championne du monde. On s'installe dans le haut de la hiérarchie mondiale. Les autres équipes, comme l'Australie et les USA, ne s'y attendaient pas. Léo-Paul (Etienne) est un surfeur si intelligent, tellement abouti techniquement. Il est capable de tout. On avait une petite inquiétude sur son mental. On l'a protégé, et il s'est bien senti dans cette équipe. Il a mystifié tout le monde. Son titre est un véritable exploit. Il va aller loin. Il va revenir chercher des titres avec l'équipe de France. Kim (Véteau) a fait un championnat magnifique. Elle perd à la régulière en finale même si elle avait les qualités pour gagner. Elle a fait une finale incroyable, elle a été énorme physiquement. Merci à elle. Et merci à tous ceux qui nous ont permis de terminer à cette deuxième place. Ce résultat est le fruit du travail de la DTN, de Patrick Florès, des coaches présents cette semaine comme ceux qui n'étaient pas là. Je pense aussi aux formateurs dans les clubs. Tous ces gens sont récompensés par cette belle médaille. »

FFS - Publié le
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