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Johanne Defay et Jorgann Couzinet Champions de France de surf en Open !

Jorgann Couzinet
Jorgann Couzinet - FFS

3 titres ont été décernés ce dimanche après-midi sur le spot de la Sauzaie. Les Réunionnais Couzinet (Open) et Defay (Open), s’imposent dans les deux catégories reines, permettant à La Réunion de réussir le doublé qu’elle attendait depuis 21 ans.

Les trois finales du jour ont eu lieu à la Sauzaie, le spot principal des championnats de France. Dans des conditions musclées : vagues de 2m et plus, avec un vent à plus de 25 nœuds et un courant très fort, les finalistes des trois catégories ont donné le maximum d’eux mêmes.

Vingt-et-un après le doublé de Boris Le Texier et Anne-Gaëlle Hoareau (1992 à Biscarrosse), La Réunion brille de nouveau au sommet du surf national. Paradoxal, quand on connaît la situation sur l’île où le surf est interdit depuis plusieurs mois en raison des attaques de requins. Le résultat est pourtant logique quand on regarde le parcours des deux… juniors ! Couzinet a réussi une fin de saison exceptionnelle sur le circuit Pro Junior européen et a décroché un des six tickets européens pour les Mondiaux ASP juniors, qui auront lieu au Brésil du 29 octobre au 5 novembre. Et que dire de Johanne Defay, double championne d’Europe ASP (Open et junior), qualifiée elle aussi pour les Mondiaux brésiliens et, surtout, qualifiée pour le prestigieux circuit mondial WCT, qui regroupe les 17 meilleurs surfeuses de la planète.

La Réunion aurait pu obtenir un troisième titre en toute fin de journée avec Norbert Sénescat en kneeboard. Mais le champion de France en titre a rendu les armes face au Basque Jérôme Blanco. Vainqueur des Mondiaux Grand Master (40-45 ans) à Tahiti en juillet derneir, le rider de Guéthary a pris l’option « gauches », qui s’est avérée payante.

Les championnats de France continuent tout au long de la semaine à venir. Vingt-et-un titre sont encore à décernés et avec les participations d’Antoine Delpero (champion du monde de longboard), d’Amaury Lavernhe (champion du monde de bodyboard) ou encore de Fred David (champion du monde de bodysurf), le spectacle s’annonce grandiose. D’autant que les vagues ont promis d’être au rendez-vous des championnats de France 2013.

Finale suf open

Jorgann Couzinet sur sa lancée

Premier titre national pour le jeune surfeur de la Réunion. Pourtant en délicatesse avec un pied (légère entorse), Jorgann Couzinet n’a pas semblé gêné dans ses manœuvres. Une première bonne vague à plus de 7 points l’a rapidement porté en tête. Gérant parfaitement son avance et restant sur son option vagues intermédiaires, Couzinet s’est progressivement détaché. Le seul Edouard Delpero a, un temps, semblé en mesure de venir l’inquiéter. Sans sa chute sur un gros reentry à dix minutes du final, le Biarrot aurait relancé totalement le suspense. Loin derrière, le Vendéen Tristan Guilbaud est passé à côté de sa finale. Deuxième l’an dernier, il glisse d’un rang mais confirme sa présence dans le top des surfeurs français. Quant au Breton Ian Fontaine, il a réussi un très parcours avant, lui aussi, de se louper dans l’ultime série.

Jorgan Couzinet (vainqueur) : « C’était très dur. J’ai fait beaucoup de canards. Il fallait bien se placer. J’ai pris la bonne option. J’ai eu une première très bonne vague. J’ai bien surfé même si je suis tombé dessus en fin de vague, mais j’ai quand même pris un 7 points. Je suis très content de ramener ce titre à la Réunion. L’ambiance était géniale au sein de l’équipe. Ça me met en confiance pour les championnats du monde ASP juniors au Brésil. Les Pro Juniors m’ont mis vraiment en confiance toute cette saison. Je remercie Jérémy Attias, mon coach, qui m’a beaucoup aidé. Je pars mercredi au Brésil. Je n’ai toujours pas réservé mon hôtel (rires). J’espère y remporter le titre. Pour la France et pour la Réunion. Ce serait vraiment très difficile car les gars sont très forts ! »

Edouard Delpero (vice-champion): « Il ne faut pas retenir une nouvelle finale perdue. Je retiens ma troisième finale de suite. Je suis positif. Je suis content de ma compétition. La prochaine fois sera la bonne. J’ai fait quatre séries très physiques aujourd’hui. Je suis très content. Bravo à Jorgann Couzinet qui gagne. Bravo à Tristan Guilbaud qui voulait certainement gagner chez lui. J’avais pris l’option au large contrairement aux autres. Mon option n’était pas si mauvaise puisque je fais deuxième. Mais je n’ai pas pu avoir les vagues qu’il fallait. Et puis je tombe sur une vague qui aurait pu me rapporter plus. Maintenant j’ai quatre jours de détente et après le longboard va débuter. J’ai envie de conserver mon titre de champion. C’est un autre challenge, une autre atmosphère. Et qui sait, une troisième finale consécutive avec un troisième titre (rires) ? »

Tristan Guilbaud (troisième): « C’était la quatrième série de la journée. Ça ne m’était jamais arrivé d’en faire autant dans la journée. J’étais très fatigué. J’ai pris une option mais je n’ai pas eu les vagues. C’est clair que je suis déçu mais en même temps satisfait car il y avait du niveau cette année. J’avais choisi de rester au milieu mais un peu plus au large. J’ai vu Edouard Delpero prendre une vague du fond, j’ai pris toute la série dessus. J’ai vraiment ramassé. Ça m’a fatigué. Je savais que les vagues étaient à cet endroit, celui que j’avais choisi. Mais je ne les ai pas trouvées. La déception va durer quelques jours mais je suis content de m’être hissé en finale deux années de suite. Il manque des petits trucs, je vais les ajuster pour, j’espère, les gagner la prochaine fois.»

Finale surf dames

Johanne Defay n’a pas fait de cadeau

La Réunionnaise a survolé la finale dames en prenant la tête dès les premières minutes avec une longue droite parfaitement exploitée, sur laquelle elle a scoré un 7 points. Dans des conditions particulièrement difficiles, on le répète, Defay a semblé plus en caisse que ses trois adversaires. La preuve en est, sur sa dernière vague, un gros mur de plus de deux mètres, elle a ainsi bouclé ses France avec un turn radical, que les juges ont apprécié : 9,50 points ! Championne d’Europe ESF le mois dernier, la Landaise Alizé Arnaud, aura été la seule susceptible d’inquiéter Defay. A mi série, Arnaud est même passé devant avant de subir le retour canon de la surfeuse de l’océan Indien. Pas déçue pour un sou, la Vendéenne Marie Dejean se contente de la troisième place après avoir remporté les France l’année dernière. Quant à la Saint Barth’ Tessa Thyssen, la junior de Antilles n’a pas eu une vraie vague à se mettre sous la planche. Sans doute son option « gauches » n’était-elle pas la meilleure…

Johanne Defay(vainqueur) : « J’étais venue pour gagner car je n’avais pas encore ce titre Open. Je suis très contente. C’est génial ! Les vagues étaient compliquées. Je n’avais jamais surfé ici. Mais là, il n’y avait plus de règles. Dans ces conditions, on ne va généralement pas à l’eau. Je prends un 9,50 points sur la fin, c’est beaucoup pour une seule manœuvre mais je suis contente. Je pensais que la vague allait ouvrir et quand ça a fermé, j’ai tenté un gros turn. On entendait rien dans l’eau. C’est des fois un avantage, des fois un inconvénient. J’ai essayé de travailler comme ça depuis cet été, de ne pass écouter les scores qui sont annoncés mais de m’occuper que de mon surf et d’essayer de surfer de mieux en mieux au fil des séries. J’étais venue ici pour l’équipe de La Réunion. Je gagne le premier titre des championnats. Ça m’a fait plaisir de revoir tout le monde, de parler créole. Après les titres européens et français, place aux Mondiaux Juniors. Je vais retrouver ma mère, on part ensemble au Brésil. Je le veux vraiment ce titre mondial ! »

Alizé Arnaud (vice-championne): « C’était dur, les vagues étaient dans tous les sens. C’était très physique pour passer la barre. Je passe en tête à la moitié de la série mais je n’attends pas les scores. Je pensais avoir un meilleur score sur cette gauche. Mais après, quand j’ai su que je ne l’avais pas eu, j’ai su que c’était mort. Il valait mieux gagner aux Açores pour l’Eurosurf mais je voulais faire le doublé. C’est frustrant car depuis 2007 ce titre s’échappe. Je ne sais pas si je reviendrai l’an prochain. Ça m’étonnerait qu’on me revoit sur les France sauf si c’est chez moi dans les Landes ou aux Antilles. La saison se termine pour moi, place désormais à l’entraînement pour la saison prochaine. »

Marie Dejean (troisième): « C’était hyper compliqué ! J’ai pris une bonne vague au début, je me suis retrouvé tout à gauche, au bord. J’ai ensuite passé vingt minutes à essayer de remonter au large ! Je n’ai pris qu’une eptite vague après. J’ai loupé ma finale. Mais je suis contente car j’avais pour objectif d’aller en finale. Je ne suis pas déçu du résultat. De la manière oui. Je suis très contente de finir troisième. Je ne surfe plus aussi souvent qu’avant (elle suit des études de médecine à Nantes, ndlr). Et un grand bravo à Johanne Defay, qui gagne ici et qui va rentrer sur le WCT la saison prochaine ! »

Finale kneeboard

L’année Blanco

Trois mois après son titre mondial en Master (+40 ans), le Basque Jérôme Blanco remporte le titre de champion de France. Il récupère son trophée, que lui avait « dérobé » le Réunionnais Norbert Sénescat l’an passé. Ce même Sénescat faisant deuxième cette fois. En finale, Blanco est parvenu à rapidement prendre deux bonnes vagues quand ses adversaires ont pêché dans le choix de vagues pendant 30 minutes. Sur de longues gauches, son côté préféré, le kneeboardeur de Guéthary a fait le show en carvant. Sénescat aurait pu se remettre dans la course à dix minutes du buzzer en se glissant sous un gros tube, dont il n’est pas sorti.

Jérôme Blanco (vainqueur) : « Le tour de passe-passe continue avec Norbert (Sénescat). Je récupère mon titre. Je suis tr ès content. C’était vraiment du boulot car la mère était en chantier. Du haut de mes 44 ans, je suis ravi de reprendre le titre national trois mois après mon titre mondial Master. J’avais pris l’option de prendre des gauches. Le courant sortait dans le chenal, j’ai assuré. Je suis resté dans ma tactique. Ça a marché.»

Norbert Sénescat (vice-champion): « cette année, c’était pour lui. Les conditions étaient dures, c’était au petit bonheur la chance. Je n’ai pas vu es autres. Place au vainqueur. Mais si la série continue, une fois lui, une fois moi, ce sera moi le champion l’an prochain (rires). Il fallait se placer plus à l’intérieur. La moitié de la vague était molle. J’ai eu une bonne vague avec un tube dont je ne suis malheureusement pas sorti… »

FFS - Publié le