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Un été avec Céline Chat

Céline Chat
Céline Chat - DR

L'artiste surfeuse a repris la route cet été sur les côtes françaises pour son « Free as a Tong's Tour ». Dernier rayon de soleil avec Céline Chat avant le grand froid...

Céline Chat aime mixer, tester, découvrir, apprendre. Son style, ses techniques, ses supports illustrent bien cette liberté, cette soif de création qui la caractérisent. L'hiver dernier, elle a ainsi réalisé 72 nouvelles oeuvres. Bombe aérosol, feutre poska, pigments naturels, collages de papiers qu'elle collecte lors de ses nombreux trips, acrylique, huile, gravure, autant de méthodes employées par l'artiste qui lui permettent de s'exprimer pleinement. « Mon plaisir est de mélanger, de malaxer, de métisser les Arts Traditionnels des pays dans lesquels je voyage et l'Art Contemporain du pays où je suis née ».

Céline a concentré son oeuvre sur 4 séries différentes. Le « Free as a tong's tour » est issu de l'une d'entre elles. Réflexion sur les objets du quotidien rendus culte par les surfeurs, cette tournée estivale a reçu un très bon accueil et à  sa grande surprise, Céline a vendu plein de « Tong-oiseaux ». La série Free as a Tong représente en effet des tongs transformées en oiseaux ou en poissons. Symbole de liberté, la tong se marie bien avec les derniers animaux encore libres sur notre planète...

La série « Surfer's Melody » est basée sur le même concept. Son support ? De vrais ukulélés. « Cette petite guitare est depuis longtemps un symbole de liberté, de farniente et d'invitation au voyage, rendu culte par la beach culture ». Autre univers, « Your eyes won't cry » est inspirée par la série Jazz de Matisse. Dans une petite maison à  Saint Claude en Guadeloupe, sans possibilité d'installer un atelier, Céline a commencé « à  découper, coller sans réfléchir » laissant son inconscient s'exprimer. « Et voilà  le résultat » nous confie-t-elle.

Dernier thème de travail, la série « Sirènes » est comme un cri d'alarme, Céline voulait faire quelque chose sur la préservation de l'environnement. « Quand on est amoureux de la mer, quoi de plus naturel que des sirènes pour venir nous dire de faire attention à  notre planète ? »

image2L'été venu, Céline a également exposé au Beautiful Day Surf Store, nouveau shop à  Andernos-les-bains ouvert par Christophe Darracq. Rapidement séduite par le lieu, elle y a posé ses pinceaux et ses crayons. L'exposition a été un vrai succès. C'est ici qu'elle a réalisé la fresque « Hope for humanity » - sa préférée - spécialement pour le shop. Longue de 3,10m et haute de 1,90m, Céline a repris les tons et l'ambiance du shop. La « globe surfeuse » a également réalisé en direct l'enseigne du shop sur 3 jours. « J'aime la rencontre avec les gens (...) Il y a quelque chose de magique, d'unique, dépendant du moment. J'aime bien apporter cela aux personnes qui viennent me voir (...) J'aime aussi le défi et l'adrénaline que cela procure. L'art, c'est prendre des risques disait Picasso ».

Après Andernos, Céline a pris la route pour Biarritz, où elle était invitée à  réaliser une fresque de 6 mètres sur 4 à  l'occasion du Surf Festival MIACS. Alors qu'elle vient de regarder le documentaire « Heart of the sea » sur la vie de Rell Sunn et que Gerard Decoster lui laisse carte blanche, l'artiste saisit l'opportunité de faire découvrir au plus grand nombre le monde et l'action de cette femme incroyable. « Rell était une très bonne surfeuse, gracieuse et engagée, mais c'était également une personne très généreuse qui donnait de son temps, notamment pour aider les enfants des quartiers pauvres de Makaha. Son histoire m'a touchée ».

A présent, l'été s'est éloigné et les temps ont changé. « Avant, le surf était un style de vie, une passion vécue au jour le jour pour le fun. Puis, c'est devenu un sport avec sponsor, fric et surtout un nouveau marché pour businessmen visionnaires. Moi, je préfère économiser mon argent pour partir en trip plutôt que d'acheter la dernière fringue ou la dernière montre à  la mode ». Céline est donc repartie et passera l'hiver en Asie, en commençant par l'Indonésie. Des idées plein la tête, « mais cela porte malheur d'en parler avant qu'elles ne se réalisent ». Elle ne nous en dira pas plus...

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Emilie Dalibert - Publié le