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Et si c'était la saison de Maxime Huscenot ?

Maxime Huscenot
Maxime Huscenot - Quksilver

Champion du monde junior voici trois ans, le surfeur réunionnais débute la saison gonflée à bloc. Il est cette semaine en Australie pour prendre part au Drug Aware Pro de Margareth River où il va tenter de confirmer ses bons résultats de début d'année.

Pour sa quatrième compétition du circuit WQS (World Qualifying Series), Maxime Huscenot a choisi de retourner en Australie. Côte ouest cette fois-ci. Après ses 25e et 13e places le mois dernier du côté de la Gold Coast et de Newcastle, lesquelles faisaient suite à une autre 13e place à Haïnan (Chine) en janvier, le Réunionnais veut continuer sur sa lancée. Avoir titillé Joel Parkinson (Aus), le champion du monde en titre, à Burleigh Heads lui a donné une « grande confiance » mais il va lui falloir, maintenant, « prendre des points » pour grimper dans le classement mondial.

Pur produit de la formation réunionnaise, Maxime Huscenot a éclaté au grand jour en remportant le championnat du monde professionnel junior en 2010. Une première pour le surf tricolore. Qui n'a pas eu, toutefois, la suite escomptée. Malmené sur le circuit WQS, l'antichambre du championnat du monde, Huscenot sort de « trois années difficiles » car il n'avait pas « la puissance physique nécessaire. » L'an dernier fut même en deçà de ses espérances avec une 121e place mondiale. Loin de s'inquiéter, le Saint-Gillois l'explique par une croissance qui l'a handicapé. « Je me suis beaucoup entraîné physiquement, j'ai changé, j'ai pris du poids, j'ai grandi. J'ai du changer tout mon équipement. J'ai mis du temps pour trouver les bonnes planches, les bonnes dimensions… » Il a aussi « eu du du mal à (me) battre face aux autres. » Un comportement trop « gentil » qu'il s'est attaché de modifier. Pour gagner sa place dans le haut de la vague, Huscenot a donc décidé de devenir plus agressif sur l'eau. Surfé avec talent ne suffit pas toujours même si le sien lui a permis de se hisser à la 9e place du 6 étoiles de Jeffrey's Bay (Afrique du Sud) en juillet dernier.
Sa sélection pour la China Cup voici deux mois lui a aussi permis de recevoir les conseils de Patrick Florès, le coach des équipes de France, qui l'a recadré techniquement et tactiquement. « Je me sens bien, physiquement et mentalement je suis prêt. J'ai de bonnes planches. J'espère que je vais cartonner ! » lance-t-il à l'heure d'attaquer le Drug Aware Margareth River Pro, au sud de Perth. « Je n'avais pas prévu de retourner en Australie mais avec un cut en milieu de saison, il me faut vite prendre des points, ce qui me permettra de plus de participer aux compétitions Primes. »

A 20 ans, Maxime Huscenot fait partie de la dizaine de surfeurs français « connus pour nos résultats, nos styles, nos noms. » « On n'est pas autant que les Australiens ou les Brésiliens mais de plus en plus nombreux. » Et surtout particulièrement soudés. « On voyage pas mal ensemble, on partage les mêmes maisons sur le circuit, on s'encourage. Cet état d'esprit existe grâce aux équipes de France qu'on a tous fréquentées. »



« Loin dans la hiérarchie », Huscenot affirme « ne plus être un gamin » mais sait qu'il lui faut désormais « des résultats pour confirmer ». Confirmer tous les espoirs placés en lui après son titre juniors. Originaire de La Réunion, coaché par Patrick Florès, drivé par Quiksilver, un grand nombre de spécialistes avaient tôt fait de l'étiqueter comme le nouveau Jérémy Florès (même origine, même coach, même sponsor). « Ça m'a aidé car je me suis senti honoré par rapport à ses performances mais ça m'a aussi déstabilisé, assure-t-il. Ce n'est pas évident de suivre ses traces. J'aurais quoi qu'il en soit un parcours différent alors qu'on s'attendait au même que lui. » Aujourd'hui Top10 mondial, Florès vise le Top 5. Et Huscenot ? « J'espère entrer un jour dans les dix meilleurs mondiaux. Je m'autorise aussi à penser au titre mondial. Mais pour l'heure, je veux vite accéder au championnat du monde (top 34 mondial). »

Après l'Australie, Maxime Huscenot rentrera en France, sans passer par la case Réunion. Les nombreuses attaques de requins ont dépeuplé les spots et il guère recommandé de s'y aventurer. « C'est regrettable mais j'y vais moins souvent. Je passe désormais plus de temps dans le Sud-Ouest, entre Biarritz et Hossegor où il y a heureusement de très bonne vagues pour s'entraîner. »

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