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Découvrez les 6 nouveaux Champions de France Master 2015 !

Fred Robin
Fred Robin - FFS

Les championnats de France Masters se sont déroulés le 20 juin, dans de belles vagues d’un mètre vingt à Bidart. 6 titres nationaux ont été décernés et 8 athlètes vont être désignés pour représenter la France aux championnats du monde Masters 2015.

Soleil, vagues, bonne humeur : le cocktail des championnats de France Masters, organisés par le Bidarteko Surf Club et la Fédération Française de Surf, a une fois encore opéré pour ressusciter l’ambiance des compétitions des années 80 à 2000. Une centaine de participants a pris part dans une excellente atmosphère à ces championnats nationaux réservés aux surfer âgés de 28 ans au minimum et jusqu’à plus de 60 pour certains.

Bonne ambiance ne veut pourtant pas dire aller surfer avec la fleur au bout de la planche. Si un grand nombre de concurrents n’avait pour leitmotiv que d’aller surfer entre copains avec un lycra sur les épaules, d’autres avaient pour unique but la victoire. Un esprit de compétiteur qui n’a jamais véritablement quitté ces anciennes gloires du surf français.

Huit qualifiés pour les Mondiaux

Entre deux plaisanteries sur les rhumatismes et le manque de souffle pour les anciens, on a assisté à un beau spectacle, voire à quelques séries dont pas mal de « jeunots » pourraient s’inspirer. Au terme de cet unique rendez-vous national des catégories Masters Surf (il y aura des championnats Masters en longboard en septembre), la Direction Technique Nationale va maintenant proposer au bureau directeur de la Fédération une liste de huit athlètes retenus pour les championnats du monde de l’International Surfing Association, prévus en novembre prochain à Lanzarote (Canaries). Liste établie en fonction des résultats de ce samedi et des disponibilités de chacun.

Senior men (+28 ans)

Dans le remake de la finale des championnats de France minimes de 1999 (!), c’est finalement Romain Laulhé qui prend sa revanche, 16 ans plus tard, sur Jérémy Brasset (2e). Laulhé, vice-champion de France Open l’année dernière, démontre qu’il est un des tous meilleurs français, davantage encore à 28 ans passés. Avec une vague à 8,33 pts d’entrée de finale, l’Angloye a tué tout suspense et conserve son titre Senior men acquis l’an dernier dans les Landes. C’est dans cette catégorie d’âge, qui ne sera toutefois pas aux Mondiaux de novembre, que certains des meilleurs scores ont été attribués, dont le 9,93 pts de Simon Marchand au 1er tour, meilleure note des championnats.

Masters ondines (+35 ans)

Seulement trois filles ont participé à ces championnats. Dont les deux Marseillaises Véronique Hayon et Lydie Toche Soulé. Grande favorite, Hayon n’a pas su trouver les bonnes vagues dans le brouillon de la marée haute. Au contraire de Soulé, laquelle obtenait un 5,17 pts sur sa première vague, qu’elle consolidait par un 6,50 en fin de série. En pleurs sur la plage, elle tombait dans les bras de son amie et savourait ce titre que la spécialiste du Stand Up Paddle qualifiait elle même de « surprenant ». Elue au comité directeur de la Fédération, Isabelle Froidefond complète le podium.

Masters (+ 35 ans)

Sans nul doute la finale la plus relevée de ces championnats avec deux des meilleurs surfeurs de l’histoire du surf français : Fred Robin et Boris Le Texier. Les deux anciens pensionnaires du tour mondial, qui ont accumulé les titres nationaux et internationaux dans les années 90 et 2000, se retrouvaient en finale dans un remake (encore) de la finale remportée en 2013 par Le Texier à Bidart (encore bis). Rapidement devant, celui-ci restait néanmoins sous la menace de Robin. Lequel allait renverser le classement dans les dernières minutes avec une très longue droite exploitée jusqu’au shore break (7,50 pts) puis une gauche dans la dernière minute avec deux énormes rollers et un reentry claqués de dos (9,60 pts). En mettant tout le monde combo avec 17,10 pts de total, le Réunionnais s’offre un titre qui s’ajoute à sa belle collection. Un temps sur le podium, le local Manu Portet est passé à côté de sa finale et se fait chiper au buzzer la 3e place par le Landais Glen Le Toquin.

GRAND MASTERS (+ 40 ans)

Du très beau monde dans cette catégorie également, avec l’occasion rêvée pour Xabi Lafitte, le local de l’étape, de remporter, enfin, un premier titre national. Un an après avoir échoué de très peu en finale, il tient sa revanche sur Régis Blanchard qui lui avait soufflé la victoire d’un rien l’année dernière. Cette fois, Blanchard a commis une interférence d’entrée de finale et perdu tout espoir. De son côté, Lafitte a construit son succès en prenant une très belle gauche dès les premiers instants (5,83 pts), et en frappant une longue droite pour conclure (4,90 pts). Le Landais Joachim Grenier profite de la pénalité de Blanchard pour prendre la deuxième place de cette finale. A noter l’élimination surprise en demi-finale d’Olivier Salvaire, habitué des finales et des équipes de France Masters, sur le podium l’an dernier mais seulement 5e cette année.

KAHUNAS (+ 45 ans)

Passé dans la catégorie supérieure cette année, l’Angloye Jean-Marc Vidal s’adjuge le premier titre de champion de France de sa carrière ! Toujours placé mais jamais couronné quand il était (plus) jeune, Vidal tient enfin une première place nationale. Le goofy foot s’est adjugé ce titre en surfant pas mal de gauches et une belle droite aussi. Son succès a pourtant été menacé jusqu’au bout par l’étonnant Michel Plateau. Le Directeur Technique National du surf français termine à un point de Vidal grâce à un beau finish et deux vagues qui lui permettent de passer de la quatrième à la deuxième place. Bruno Laharrague, champion en titre, est sur le podium, au pied duquel reste Sébastien St Jean, l’ancien pro et big wave rider.

GRAND KAHUNAS (+ 50 ans)
Eric Graciet est éternel. Une fois encore, le Biarrot a mis tout le monde d’accord pour s’adjuger un énième titre de champion de France. A l’économie et tout en choix de vagues, Graciet a surfé quatre vagues en finale, ses deux meilleures lui permettant d’obtenir 15,67 pts de total et la victoire. Quatrième mondial de sa catégorie d’âge en 2013, il a pris le meilleur sur trois autres surfeurs de Biarritz. Des amis de toujours, des concurrents d’un jour : Gilles Asenjo (2e), son rival habituel pour le titre, Pierre « La Mouche » Nazeyrollas (3e) et Michel Larronde (4e).

Réactions

Lydie Toche Soulé (championne de France Masters dames) : « C’est une énorme émotion. Je pense à mon petit garçon qui est sur la plage, à mon mari qui est au Nigéria. Ce n’était pas facile, il y avait du courant. En venant de Méditerranée, il faut vite se remettre dans le bain. Je suis vraiment très contente ! Véronique (Hayon), je l’adore ! Je l’ai vu prendre plein de vagues. Je n’y croyais pas. Mais j’ai pris du plaisir de mon côté sur les miennes. Comme quoi, se faire plaisir c’est l’essentiel. »

Frédéric Robin (champion de France Masters) : « Franchement, il y avait pas mal de belles vagues. J’en ai pris une rapidement au début. j’avais peur qu’on soit gênés par la marée qui montait. Il y avait une belle ambiance en finale avec Boris (Le Texier), Glen (Le Toquin) et Manu (Portet). Le titre a une valeur mais j’étais plus ici pour surfer avec des personnes que je ne vois plus trop. Les Mondiaux ? Je ne sais pas encore si je pourrais y aller. J’aime bien la vague où auront lieu les championnats. J’y suis allé souvent pour des WQS. »

Xabi Lafitte (champion de France Grand Masters) : « C’st cool de gagner à la maison. D’habitude je n’arrive pas à aller en finale car je suis toujours dans l’organisation. Là, j’ai lâché l’affaire avec le club, j’étais plus détendu. La connaissance du spot m’a aidé. Régis Blanchard fait une interférence en finale. C’est un juste retour des choses car j’aurais dû gagner l’année dernière (sourire). Je suis très content de pouvoir aller aux Canaries pour les Mondiaux. J’y étais allé il y a 20 ans avec Michel Plateau et j’en garde un super souvenir. Olivier Salvaire était avec nous à l’époque, mais il nous a quitté en route sur ces championnats (5e place). Maintenant, il pourra nous accompagner aux Canaries et venir porter le drapeau (rires) ! »

Jean-Marc Vidal (champion de France Kahunas) : « J’ai essayé dans ce méat de faire de mon mieux. J’ai pris des gauches et j’ai eu une droite. Ça fait du bien d’avoir ce titre, j’ai toujours eu des résultats en compétition mais jamais le titre national. Alors, c’est un titre de « vieille », soit, mais un titre quand même (rires) ! Si je pensais aux championnats du monde avant cette compétition ? Sincèrement ? Oui ! Ça fait très longtemps que je n’ai pas été en équipe de France. Et c’est avec plaisir que je reporterai le maillot bleu. »

Eric Graciet (champion de France Grand Kahunas) : « C’était une très belle compétition. Il y a de plus en plus de « vieux » surfeurs, donc il y aura de plus en plus de participants sur ces championnats ! Il y avait du beau monde pour notre finale. Des cadors ! Il fallait respecter les anciens : Michel Larronde, Pierre Nazeyrollas, Gilles Asenjo. Tous des amis. On a fait ça en famille. Les vagues étaient moins bonnes que sur le spot d’à côté (les six finales se sont disputées en simultanée sur deux spots distants de 200 m, ndlr). J’ai essayé de bien surfer les vagues que j’ai eues. Cette finale, je suis bien content de l’avoir gagnée. Ça fait plaisir ! C’est un titre de plus. Je ne les laisse pas passer. A un moment, je raccrocherai. Au bout, il y a les Mondiaux aux Canaries. J’espère y faire une nouvelle finale et améliorer mon résultat de la dernière édition (4e en finale, ndlr). »

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