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Championnats du Monde de Surf juniors ISA 2013 - La France sur le podium !

Nommé Mignot
Nommé Mignot - Rommel/ISA

A l’issue de la cinquième journée, l’équipe de France n’a perdu que deux surfeurs sur douze. Ce jeudi, elle a démontré des valeurs morales et physiques extraordinaires.

Et si elle aurait pu mieux faire, elle double les Etats-Unis au classement par équipes, ce qui laisse plus que jamais croire au podium final.

« On n’a jamais été aussi bien placé à deux jours de la fin. Mais on sait aussi qu’on peut tout perdre et dégringoler à la sixième place… » Stéphane Corbinien sait trop bien que tout peut arriver d’ici samedi pour éviter de s’enflammer. Ceci dit, si l’équipe de France est sur le podium des Mondiaux juniors, c’est qu’elle fait le métier.
Ce vendredi matin, seuls les Hawaïens n’ont perdu aucun surfeur et peuvent toujours prétendre conserver leur couronne mondiale. Suivent les Australiens (un éliminé) et, donc, la France (deux éliminés). Grands perdants, déjà, de ces Mondiaux : le Brésil (quatre éliminés) et le Portugal (plus aucun surfeur dans la course). Qu’est-ce qui a fait la différence ? La somme de détails qui font des Français une référence aujourd’hui : un staff technique talentueux et organisé, une solidarité sans faille, un état d’esprit conquérant, une tactique de compétition déroutante, des surfeurs prêts physiquement et tout simplement bon techniquement.

Les cadets vont devoir se ressaisir

Yann Martin, un des quatre coaches tricolores, avait le sourire ce jeudi soir : « C’était une journée clef, pas la plus importante de la semaine mais une journée où on pouvait perdre du monde. Au final, nos dix surfeurs encore en course sont toujours là. » Un bémol avec les trois cadets qui se font sortir en quarts de finale et prennent donc la direction des repêchages. « On passe au travers dans la série avec Gatien Delahaye et Arthur Lassée, alors qu’on devait en placer un en demi-finale… », regrette Yann Martin, tant il est vrai qu’à 30 secondes du final, Lassée avait sa place en demi mais n’a pas fait les bons choix tactiques pour al conserver. Une soufflante plus tard, le même Lassée a promis de se racheter en repêchages et « d’aller jusqu’au bout en surfant comme jamais. » Une fois encore, c’est Nommé Mignot qui a fait le show. Pas tant dans les scores mais surtout dans la manière de se qualifier. Troisième à une minute du coup de trompe et définitivement out des championnats, le champion d’Europe cadet s’est arraché pour distancer le très collant péruvien Tuleda avant de ramer comme un malade sur une dernière vague, sa dernière chance de ne pas rester en rade. « J’ai pensé à toute l’équipe, à mes potes, aux entraînements physiques sur lesquels on en a ch… », confie le jeune homme. « Et j’ai réussi à prendre cette vague et à la surfer jusqu’au bord. »

Grosse frayeur pour Kim Véteau

Plus tôt, Kim Véteau, elle aussi en repêchages malgré son statut de favorite chez les -16 ans, s’était fait une grosse frayeur. A la peine pour trouver la bonne vague, elle était talonnée par une Japonaise dont elle devait à la fois se méfier tout en surfant. Résultat : une prise de risque fatale pour sa planche, cassée en deux, et trois minutes à prier. « Heureusement, il y a eu une grosse série, personne n’a surfé et le classement n’a pas bougé. Mais je me suis bien fait peur », reconnaissait la Guadeloupéenne.

« Pour nous, cette journée fut top, on s’est bien battu. C’était long, dur. Et demain (ce vendredi), ça recommence. Si on arrive à bien faire surfer les « gamins », on va réussir à en placer jusqu’au bout. En tout cas, on ne s’écroulera pas, c’est sûr. On va tout donner, on va se lâcher comme jamais pour y arriver. »

Un œil dans le rétro, un autre devant

Le mot de la fin pour Patrick Florès, le head coach qui a déjà conduit aux titres mondiaux Antoine Delpero, Canelle Bulard (deux fois) et son fils Jérémy Florès. « Des titres individuels, la France en collectionne depuis cinq ans. Mais elle n’a jamais été championne du monde par équipes. Je ne sais pas si ce sera pour cette fois. Mais le message que l’on passe à nos surfeurs, c’est qu’ils peuvent entrer dans l’histoire du surf français. » En réussissant ce que les générations passées n’ont jamais su faire.
Sur sa troisième place à deux journées de l’emballage final et de la distribution des récompenses, la France regarde évidemment derrière car elle est venue au Nicaragua avec l’ambition de monter sur le podium. Mais elle commence aussi à regarder devant. Il y a ceux qui rêvent leur vie et ceux qui vivent leur rêve.
A Jiquiliste, Stéphane Sisco



Réactions

Andy Crière « C’est vrai que j’étais en première série le matin, et ce n’est pas évident d’ouvrir la journée. En plus, avec un quart de finale. Je suis très content d’être passé, même si je suis tombé trop de fois à mon goût. Je passais une première manœuvre, pas la deuxième. Je pense que c’est vraiment le manque de réflexes du matin. Je vais faire en sorte de ne pas refaire les mêmes heures. Quitte à me lever à 3 heures du matin, de toute façon, j’ai du mal à dormir (rires). Le plus important, c’est la qualification. Je suis content de l’équipe, qui avance. On va aller très loin j’en suis sûr. »

Kim Véteau « Je n’ai pas réussi à trouver mes vagues au départ. J’ai un petit 3 points, il me fallait choisir entre avoir une grosse vague, ce qui n’était pas évident, et marquer l’adversaire qui pouvait me doubler. J’ai donc marquer la fille qui était 3e. Du coup, je suis obligé de partir sur une vague qui ferme, et je casse ma planche. Heureusement, qu’elle n’a pas pris de vagues après. J’ai eu une grosse frayeur. J’ai la pression qui redescend mais… pfff ! »

Elliot Ivarra « Je passe encore avec une interférence. Je suis trop content. J’avais peur mais c’est passé. Faut que j’arrête d’en faire. Il vaut mieux ne pas en faire. Sortir deux Américains de la compétition, c’est top, ça me fait plaisir. »

Nommé Mignot « Merci le lac (les entraînements physiques se sont fait dans le lac de Hossegor en mai, ndlr). Merci à Serge (Lougarot) pour toutes ces journées où ils nous en a fait ch… Grâce à ça, j’ai pu passer cette série aujourd’hui. J’ai bien cru que c’était fini. Mais j’ai pensé au lac, à l’équipe. Je n’avais pas le droit de m’arrêter là. Je devais avoir un 3,50 pour me qualifier et je l’ai fait. J’avais une telle pression. Pas pour moi, mais pour l’équipe. Il fallait que je passe. »

FFS - Publié le
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