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Championnats de France de surf 2012 - Marie Dejean, de l'or en Barre

Marie Dejean
Marie Dejean - YvesS / FFS

A 21 ans, la Vendéenne Marie Dejean décroche son premier titre de championne de France Open. A la fois logique au vu de son parcours mais inespéré puisqu'elle se consacre pleinement à  ses études de médecine. Ce vendredi, dans des vagues de trois

A 21 ans, la Vendéenne Marie Dejean décroche son premier titre de championne de France Open. A la fois logique au vu de son parcours mais inespéré puisqu'elle se consacre pleinement à  ses études de médecine. Ce vendredi, dans des vagues de trois mètres, elle a donné la leçon à  ses cadettes Johanne Defay, Cannelle Bulard et Kim Véteau. Mention spéciale aux filles qui ont eu le courage d'affronter des murs d'eau bien massifs.

L'autre attraction de la journée est le retour des France sur le spot de la Barre ce vendredi 2 novembre. Quarante deux ans après les premiers championnats de France de surf, le spot de la Barre a accueilli l'élite du surf national ce vendredi. Dans une houle flirtant avec les 3 mètres, la tête de série n°1 Romain Cloître s'est faite sortir par le vétéran Frédo Robin.

« J'ai attendu au large, j'ai pris deux vagues ! Juste deux vagues ! Mais elles ont fait la différence. » Marie Dejean, drapeau rouge et blanc de la Vendée en main n'en fini plus de sourire. Une photo à  droite, une bise à  gauche. Elle est aux anges. Cinquième en 2010, 3e l'an dernier, elle se disait qu'à  21 ans, ses plus belles années étaient sans doute derrière elle. Qu'avec l'arrivée en force d'une nouvelle génération, elle avait laissé passer sa chance. Et puis, dans ce swell solide, ce spot massif, elle l'a saisie ! « Je n'avais jamais eu ce titre, je suis tellement heureuse ! Je me disais que je n'aurais plus jamais pu gagner. Les jeunes arrivent, même si je suis encore jeune, elles le sont plus que moi. » Le secret de sa réussite, elle qui est en études de médecine à  Nantes, le voit dans le peu de temps qu'elle a, désormais, pour surfer. Paradoxal ! « J'ai moins de temps effectivement mais, du coup, j'ai plus d'envie ! En finale, j'avais vraiment envie, plus qu'elle. Ça n'aurait pas pu être possible plus tard ! » Avec ce succès, la Vendée enregistre son troisième titre sur ces championnats après ceux acquis mercredi en surf tandem et stand up paddle féminin.

Defay et Bulard gardent le sourire

Grandes favorites de la finale, les Réunionnaises gardaient quand même le sourire. Johanne Defay, auteur d'un 9/10 en demi-finale (pour un énorme reentry maîtrisé après avoir disparu dans le shore break), confiait après 1h30 d'efforts cumulés avoir pêché physiquement. « Bravo à  Marie ! Je suis un peu déçue, comme toujours quand je perds. C'était difficile de se placer, de trouver la bonne vague. En finale, j'étais très fatiguée. Il va falloir que je fasse plus de physique ! » Sur le podium, Cannelle Bulard championne du monde ISA l'an dernier, perd son titre national, mais pas sa bonne humeur. « C'était assez physique, on a bien ramassé ! Il fallait vraiment avoir un bon choix de vagues. J'ai eu des vagues mais bon... Je suis contente de finir troisième. Contente pour Marie. J'aurais voulu représenter mieux la Réunion mais je suis satisfaite. Je serai de retour l'année prochaine et je ferai tous les WQS ! » Dernière, non sans avoir fait passer des frissons dans le public pour son audace à  se jeter dans des monstres liquides, la Guadeloupéenne Kim Véteau (16 ans) a confirmé qu'il fallait désormais compter sur elle. Deux jours après son titre en espoirs, elle accroche cette finale à  son palmarès. Grosse déception par contre pour Amandine Sanchez qui disputait très certainement ses derniers championnats de France et à  qui il a manqué une vague à  1,5 pt pour se hisser en finale.

Finale surf open ondines
1. Marie Dejean (Olonna)
2. Johanne Defay (Réunion)
3. Canelle Bullard (Réunion)
4. Kim Véteau (Guadeloupe)

La Barre fait tourner les têtes

Certains tontons surfeurs des années 60 étaient présents ce vendredi sur la promenade qui domine le spot de la Barre. Histoire de venir observer les surfeurs d'aujourd'hui, histoire de s'en raconter plein aussi. Des anecdotes du temps béni où la digue sud n'existait pas, où la gauche de la Barre offrait un mur d'eau parfait et tubulaire. Aux côtés de Jacques Fagalde et de son béret basque, ils ont refait le surf des premières années, celui où en 1970 on avait pu départager les deux meilleurs de l'époque lors d'un championnat de France qui avait donc eu deux vainqueurs : R. Begue et J-B Caulonque.

Romain Cloître out

Aujourd'hui, l'informatique et le jugement pointilleux n'offre plus d'ex-aequo. Le couperet comme la vague bien épaisse de la Barre tombe inexorablement. Le Réunionnais Romain Cloître, tête de série n°1 et 52° mondial, en a fiat les frais. « J'ai pas trouvé les bonnes vagues, je me suis endormi. Après 20 minutes, ce n'était pas évident. Je suis déçu car je voulais vraiment faire quelque chose pour la Réunion. Après ce n'est pas trop grave pour moi et mes objectifs sur le circuit pro. Et puis Frédo (Robin) va gagner le titre pour moi ! » Frédo, c'est Frédéric Robin, vice-champion du monde en 2000 et champion de France en 2002, à ... Anglet. « Je suis content de revenir ici, c'est sympa. J'y ai disputé mes derniers championnats de France et j'y ai gagné mon dernier titre national. » A 37 ans, le Réunionnais, considéré comme ayant un des surfeur les plus beaux à  voir évoluer, a donc trouvé les vagues pour se hisser en quarts de finale. « Ce n'est pas facile, c'est la première fois que je surfe ici. J'ai eu une vague moyenne et de la chance d'en avoir une bonne à  trois minutes de la fin (7,17 pts). Je m'en sors bien. Les conditions étaient difficiles. Le titre ? Oui, j'y pense. Dix ans après mon dernier championnat de France et mon dernier titre de champion pourquoi pas ? »

Vincent Duvignac défend son titre

Tenant du titre, Vincent Duvignac s'est lui aussi qualifié pour les quarts de finale en dominant sa série. Duvignac a pourtant eu des soucis : « J'étais un peu court mais ce n'était pas évident de choisir entre une longue planche ou une planche plus courte... » Le champion de France est toujours en course et a fait le job. Tout comme Maxime Huscenot, champion du monde juniors en 2011 et qui vise, ni plus, ni oins que le titre ! « Pour moi aussi c'est la première fois ici. Les conditions sont pas mal, c'est joli. Mais 20 minutes c'est court pour trouver des vagues à  potentiel. Je retrouve les France quatre ans après ma dernière participation, j'avais 16 ans et j'avais terminé deuxième. Je suis là  pour représenter les couleurs de la Réunion. Je suis content pour les copains et pour moi. On vient tous pour gagner, mais à  la fin il n'y a qu'un gagnant. Il ne faut donc pas se laisser faire, et aller jusqu'au bout. »

Heremoana Luciani vise la finale

Ne pas se laisser faire. Comme le Tahitien Heremoana Luciani, vainqueur justement de sa série face à  Robin et Cloître. Humble mais motivé, le Polynésien, sociétaire du club de Carcan (Gironde), a reconnu avoir « eu un peu de chance car d'entrée j'ai eu deux bonnes vagues. Après j'ai géré. J'ai juste surfé en me faisant plaisir. J'avais déjà  surfé la Barre mais pas en compétition. Il y a beaucoup d'eau, ce n'était pas évident. Mon objectif est d'aller jusqu'au bout : contre le n°1 ou le n°15, c'est pareil. Je vise la finale ! » Handicapé par une entorse à  la cheville droite, Medi Veminardi (tête de série n°4) a souffert dans les vagues puissantes de la Barre. En manque de physique, il a reconnu avoir eu « l'impression de sortir d'un marathon ! Je suis épuisé, je n'ai plus de bras. Mais je suis qualifié pour les quarts, avec une seule vague correcte... »

Reste enfin les deux meilleurs juniors français du moment : les frères Cloarec. Engagés dans la catégorie Open, Tom et Nelson, déjà  sacrés en juniors et cadets plus tôt dans la semaine, sont eux aussi qualifiés pour les demis. Attention à  leur surf puissant et engagé, qui pourrait causer des dégâts. L'an dernier, Tom était monté sur le podium Open et se verrait faire aussi bien cette année. Sinon mieux...
En fin de journée, les bodysurfeurs se sont jetés à  l'eau pour démontrer que dans des conditions aussi massives, ils avaient aussi leur mot à  dire. Evidemment, le Landais Frédéric David a fait le show dans des droites bien épaisses. Le champion du monde 2012 de la spécialité est en demi-finale sans forcer son talent.

Ce samedi, dernière journée des France avec la consécration du champion de France de surf Open attendu pour le début de l'après-midi. Aux Sables d'Or ou à  la Barre ? La décision sera prise demain matin à  8 heures en fonction des conditions météo.

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