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Cap Odyssée 2009 : Trois femmes à  l'assaut de l'Atlantique Nord

Cap Odyssée 2009
Cap Odyssée 2009 - Cap Odyssée

Elles sont jeunes et jolies, cumulent à  elles trois, multiples titres de Championnes de France et d'Europe et plusieurs titres de Championnes du Monde... Leur discipline : le paddle board ! Rallier Cap Breton au Canada à  Capbreton en France à  la force

Elles sont jeunes et jolies, cumulent à  elles trois, multiples titres de Championnes de France et d'Europe et plusieurs titres de Championnes du Monde... Leur discipline : le paddle board ! Rallier Cap Breton au Canada à  Capbreton en France à  la force des bras, 5 000 km sur l'Atlantique Nord, voici les ingrédients d'un projet unique au monde. Cap Odyssée, départ prévu en juin 2009.

Stéphanie Geyer-Barneix, Alexandra Lux et Flora Manciet, l'accent qui chante, la peau dorée par le soleil et les embruns, le caractère affirmé, pas de doute ces trois là  viennent du pays Landais ! Ces trois sauveteuses professionnelles, athlètes de haut niveau et amies dans la vie, se lancent l'un des plus grand défis qui soit, la traversée de l'Atlantique Nord sur un paddle board. « C'est avant tout un rêve un peu fou ! A ce jour, la plus grande distance parcourue est de 300 km... Après plusieurs années en équipe de France de sauvetage côtier, je souhaitais passer à  autre chose. J'ai toujours eu dans un coin de ma tête ce projet qui n'a jamais été réalisé. C'est arrivé à  une période où j'avais une revanche à  prendre sur la vie et j'ai donc proposé aux filles de se lancer avec moi ! » explique Stéphanie Geyer-Barneix.

Séduit à  son tour par l'aventure, le navigateur Yves Parlier, (3 participations au Vendée Globe, vainqueur entre autres de la Transat Jacques Vabre 1997 et de La Solitaire du Figaro 1991) parraine le projet « j'ai tout de suite accepté car le défi est intéressant à  relever. Mon rôle est de leur apporter toute mon expérience de la haute mer notamment pour tout ce qui est positionnement, météo et équipement de la planche. »

C'est à  bord d'une simple planche, un paddle board, que les filles tenteront de réaliser la performance ultime « Le paddle board remonte aux origines du surf et équipe désormais les sauveteurs en mer pour aller secourir les victimes. Le rameur est seul, allongé sur sa planche et rame à  mains nues. Muni d'un gouvernail, cette planche de 5,15 mètres sur 60 cm de large, est légèrement carénée à  l'avant afin de fendre plus facilement la houle », précise Flora Manciet.

Le paddle board est une discipline qui requiert une condition physique exceptionnelle et demande un goût prononcé pour l'effort et le dépassement de soi. Forces que ces trois jeunes femmes exploitent dès qu'elles mettent leur planche à  l'eau. « Nous nous entraînons toute l'année à  Capbreton et pour ma part je passe une partie de l'année en Australie. Nous venons tout juste de terminer le Championnat de France de sauvetage côtier. Alexandra et Stéphanie participeront à  la course San Sébastien-Capbreton le week-end prochain, ensuite nous entrons dans notre phase de préparation intensive pour le départ en juin prochain. Nous réaliserons en fin d'année une traversée test du type Bretagne - Capbreton. » Natation, musculation, endurance et rame seront donc au programme de ces 8 mois à  venir et ce deux fois par jour. Mais une chose est sûre, le défi sera autant mental que physique.

Deux mois durant, les trois filles se relayeront 24h/24h sur le paddle board comme l'explique Alexandra Lux, 23 ans, la benjamine du projet, « nous serons accompagnées tout au long de l'aventure par un bateau d'assistance qui accueillera à  son bord les deux rameuses en stand-by mais également des scientifiques, une équipe médicale et un caméraman.

Nous avons établi une charte afin de bien définir les règles et conditions de la traversée. A ce jour, nous espérons parcourir 100 km par jour, l'objectif sera de gérer au maximum la houle, de la surfer dès son origine et bien sûr d'exploiter les courants. Il faudra également composer avec les requins, les glaces et le trafic maritime. »

Une incroyable aventure, un exploit sportif qui se veut également pédagogique et scientifique. Cap Odyssée c'est aussi un échange culturel, car une traversée Cap Breton - Capbreton n'est évidemment pas anodine. D'après la légende, en 1392, un navire aurait quitté le port de Capbreton en France pour une chasse à  la baleine. Pris dans un effroyable brouillard, relié par le harpon durant de longues semaines au dit animal, l'équipage échoue sur un banc de sable qui sera alors baptisé « l'Ile de Cap Breton aux Amériques ». Autour de cette légende et du défi à  venir Cap Odyssée a mis en place un outil pédagogique ainsi qu'un échange entre les écoles primaires de Capbreton et celles du Canada.

Scientifiquement parlant, le projet a un intérêt écologique indéniable, en effet à  travers des relevés quotidiens de plancton sur ces 5 000 km, les scientifiques pourront évaluer l'indice planctonique qui influe sur la chaîne alimentaire. « Des relevés d'une telle précision et à  intervalles réguliers sont impensables en temps normal pour les chercheurs de l'IFREMER, c'est donc une belle occasion de s'investir pour notre planète » note Stéphanie Geyer-Barneix.

Mené de main de maître par trois femmes qui imposent le respect et l'admiration, le projet Cap Odyssée 2009 est une aventure unique en son genre. Un défi sportif et humain à  la taille de cet Océan Atlantique qu'elles apprivoisent depuis des années. Le plus grand terrain de jeu qui soit, à  la fois fascinant et imprévisible... Deux adjectifs qui conviennent étonnamment bien à  Stéphanie, Flora et Alexandra.

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