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Cannelle Bulard et Jorgann Couzinet remportent le titre en Open

Jorgan
Jorgan - FFS

Comme l'an passé en Vendée, l'équipe de La Réunion s'offre un beau doublet avec les titres nationaux de Cannelle Bulard et de Jorgann Couzinet. L'Aquitaine n'est pas en reste avec les victoires de Joël Badina et de Uhaina Joly.

Comme la veille, deux sites avaient été retenus par la direction de compétition : les dames à La Sud (Hossegor) et les messieurs au Prévent (Capbreton). Pour faire simple : des vagues puissantes et creuses pour les hommes, de l'abordable pour les dames.
Sur les deux sites, les Réunionnais ont de nouveau fait flotter le drapeau rouge-bleu-jaune de leur île sur les championnats de France. Un nouveau grand bol d'air pour les îliens privés de surf chez eux, suite à l'interdiction d'y surfer depuis septembre 2013 et les nombreuses attaques de requins.

Jorgann Couzinet, trois trophées en un an

Sous un soleil éclatant et des vagues exceptionnelles, Jorgann Couzinet est allé au bout de son rêve de décrocher un second titre national consécutif. Vainqueur surprise l'an passé en Vendée, le Saint-Leusien avait confié ressentir davantage de pression cette année. Deux semaines après avoir soulevé la coupe de France (circuit national), Couzinet n'a pas failli sur les championnats.
Le chemin a pourtant été très long avec pas moins de quatre séries de 25 minutes ce dimanche sur le spot du Prévent à Capbreton. Dans des vagues de 2m50, bien solides et très creuses, le Réunionnais a fait parler sa puissance physique pour non seulement enchaîner les tours, supporter la pression nerveuse et -enfin- passer et tenir ses grosses manoeuvres. On pense notamment à ce reentry magistral en demi-finales. En finale, il a su gérer en prenant très vite les devants alors que ses adversaires ont bataillé pour le rejoindre, en vain. Sur sa route, Couzinet a toutefois eu fort à faire avec Romain Laulhé. Auteur d'un tube énorme en quarts de finale, noté 9,77 pts, l'Angloy a éliminé le grand favori Vincent Duvignac et semblait tailler pour aller chercher un premier titre de champion de France.

Romain Laulhé était fatigué

Émoussé par une longue journée et trahi par son choix de vagues, il ne prend "que" la deuxième place. Qui peut toutefois être considérée comme une victoire quand on sait que l'ancien surfer des équipes de France (29 ans) a mis la compétition entre parenthèses.
Sur le podium, le jeune Aldric God représente lui l'avenir du surf français. Qualifié in extremis pour la finale avec un grab reverse aérien dans un trou d'eau impressionnant, le local de Capbreton est apparu très fatigué en finale. Quant à Gatien Delahaye, l'espoir guadeloupéen a bien débuté sa finale avant de s'éteindre peu à peu. Mais au regard du plateau, sa performance est remarquable. D'autant plus que, hospitalisé début juillet, il a été arrêté plus d'un mois durant l'été.

Cannelle Bulard, quel retour !

Elle était venue reprendre goût à la compétition, voir ses amis de la Réunion et « tenter de (me) hisser en finale », selon ses propres mots. En deux jours, Cannelle Bulard a mis toutes les filles d'accord en s'adjugeant un second titre de championne de France après celui de 2011. Une année incroyable qui l'avait vu remporter les médailles d'or aux Mondiaux juniors et Open de l'International Surfing Association.

Aux portes du circuit professionnel, alter ego de Johanne Defay aujourd'hui n.8 mondiale, la Réunionnaise avait toutefois surpris en décidant de ne pas faire carrière dans le surf mais d'aller poursuivre des études en Espagne, à Sarragosse, loin des vagues. Une apparition en avril dernier sur le Maïder Arosteguy à Biarritz, lui avait permis de retrouver l'océan. Deux jours d'entraînement à Hossegor lui ont "dérouillé" les jambes.Et la voilà, championne de France ! Cette fille est vraiment extraordinaire. Plus au niveau technique et physique d'une Alizé Arnaud, tête de série n.1 des championnats, mais compétitrice dans l'ADN.

Alizé Arnaud est maudite

Comment gagne-telle sa finale ? Avec un sens marin indéniable et un soupçon de chance. Les meilleures vagues sont venues à elle et elle les a surfées au plus juste. Avec un brin de radicalité sur sa dernière vague, sans jamais tomber. Si le surf lui manque, autant dire tout de suite qu'elle va manquer au surf français puisqu'elle retourne illico de l'autre côté des Pyrénées; les études n'attendent pas.

Alizé Arnaud est, elle, maudite. « Cette compétition n'est vraiment pas faite pour moi », lâchait, dépitée, la Landaise, qui voit le titre lui passer une nouvelle fois sous le nez de sa planche. Déjà vice-championne de France l'an dernier, elle termine de nouveau à la deuxième place. Impressionnante samedi lors du 2e tour, avec un total de 17 points sur 20 possibles, la Hossegorienne n'a jamais été dans le rythme de la finale.

Mention particulière pour Juliette Brice

Ramant à droite quand la série arrivait à gauche, et inversement. Avec une vague à 7,33 pts prise dans les cinq dernières minutes, elle a entretenu le suspense.
Mention particulière pour la jeune pensionnaire du Pôle France Juliette Brice (Lacanau, Aquitaine) qui monte sur le podium devant la Basque Ana Morau.

Toujours chez les filles, mais en minimes, c'est Uhaina Joly qui devient championne de France. Titre acquis en toute fin de journée dans de petites vagues de 0,50 m. La jeune Biarrote marche sur les traces de sa mère, Emmanuelle, quadruple championne de France dans les années 90. Elle s'impose devant la Bretonne Illona Goasquen.

Joël Badina tient enfin son titre

En bodysurf, enfin, Joël Badina brise l'hégémonie du duo Fred David - Jonathan Despergers, lesquels avaient fait main basse sur les 5 dernières éditions. L'Angloy monte pour la première fois de sa carrière sur la plus haute marche du podium dans une discipline où les Français brillent au plus haut niveau mondial. Il s'impose d'ailleurs et de très peu : 0,7 point, devant Fred David, champion du monde en 2012. L'Arcachonnais a pourtant été longtemps en tête de la finale, avec cette belle gauche à 7 points et son 360° reentry. Confiant en ses possibilités, malgré un début de semaine compliqué car souffrant, Badina est allé chercher une vague magnifique sur laquelle il a plaçait trois vrilles et un back riding, la spéciale Badina ! On notera que le jeune Léo Laudouard, récent vainqueur de l'étape française de l'Euro Atlantic Tour, grimpe sur le podium.

Tony Estanguet en guest star

En fin de journée, les finalistes et nos quatre champions de France ont reçu leurs trophées et médailles des mains du président de la Fédération Française de Surf, Jean-Luc Arassus, accompagné pour l'occasion de Tony Estanguet. Le triple champion olympique de canoë-kayak, membre du Comité International Olympique, est un fan de surf et n'a pas manqué de féliciter les champions sous le chapiteau des 50 ans. Tout en glissant qu'il espérait « voir le surf rejoindre un jour les sports olympiques ».

Les espoirs à l'honneur ce lundi

Ce lundi, place aux jeunes avec du surf juniors ondines, du bodyboard ondines espoirs et du bodysurf espoirs. Le tout sur les deux spots de La Sud, à Hossegor. Les catégories surf cadets et juniors seront en stand by en début d'après-midi sur Capbreton.

Réactions

Jorgann Couzinet (La Réunion, champion de France surf Open) : « Franchement, j'espérais que l'on ne surfe pas aux Guardians comme hier (samedi). Je préférais que l'on soit ici, à Capbreton. J'avais une belle confiance en moi et je suis vraiment très, très content. J'avais la pression d'être tenant du titre mais j'ai aujourd'hui des routines qui me sécurisent. Ce matin, au 2e tour, j'ai eu un peu peur, je me suis mis la pression. Mais j'ai eu une bonne vague d'entrée. J'ai fait attention à bien choisir mes vagues. J'ai eu un bon feeling, ça m'a permis d'aller loin. Je voulais vraiment prouver que mon titre de l'an dernier n'était pas un coup de chance. Je gagne la Coupe de France et le championnat en quinze jours. Il me faut maintenant passer à l'étape au-dessus. Ces victoires me boostent pour le circuit WQS. Un grand merci à tous mes amis de la Réunion qui m'ont soutenu. La situation est dramatique chez nous à la Réunion. Je voulais gagner pour prouver que le surf réunionnais n'est pas mort. Cannelle (Bulard) a passé quelques jours chez moi ici et je suis vraiment content que l'on ai gagné tous les deux. »

Cannelle Bulard (La Réunion, championne de France surf ondines Open) : « Franchement, après hier et mon quart contre Alizé (Arnaud), je m'étais dit : une finale ça serait bien. Elle m'avait mise combo ! Je me suis posée avec l'équipe de la Réunion avant la finale. J'aime bien cette ambiance d'équipe. Les coaches m'ont parlé, les copains m'ont motivée. Ça me fait plus plaisir de gagner pour l'équipe que pour moi. Je suis très heureuse car j'étais venue pour m'amuser. Ils m'ont placé, avec des petite techniques avec le drapeau. J'ai eu aussi beaucoup de chance car j'ai eu les meilleures vagues. Je me suis fait plaisir, j'ai eu des droites, des gauches. Les cinq dernières minutes ont été très longues. J'ai eu la consigne de marquer Alizé pour l'empêcher de prendre des vagues, mais je ne pouvais pas le faire, c'est ma copine. Quand tu gagnes une compétition, que ce soit un championnat du monde ou de France, ça fait toujours plaisir. Celui-là, il est pour la Réunion. Je suis fière d'avoir gagné pour la Réunion et j'espère sincèrement que ce qui se passe là-bas (le surf y est interdit depuis septembre 2013 après les attaques de requins, ndlr) va évoluer. Quand va-t-on me revoir en compétition ? Tout dépendra des examens que j'ai (elle fait des études de ciné à Sarragosse, en Espagne), et des compétitions qu'il y a dans le coin. Si ce n'est pas dans un an ou dans deux ans, ce sera dans trois ans… »

Joël Badina (Aquitaine, champion de France bodysurf Open) : « Je suis hyper content car ça faisait longtemps que je courrais après ce titre. Il tombe enfin, ça fait plaisir. Les vagues étaient solides. C'était physique. C'était une compétition idéale, du 1er tour jusqu'à la finale. J'ai pris une belle gauche, j'ai bien glissé, je sors un rollo de derrière les fagots. Ça fait la différence. On est une grande famille dans le bodysurf, ça fait très plaisir de voir les autres venir me féliciter. Quand il y en a un qui gagne, les autres sont contents pour lui. Aujourd'hui, c'est moi qui gagne. »

Stéphane - Publié le
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