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Anne-Cécile Lacoste et le relais français champions du monde ISA au Chili

Team France
Team France - FFS

L’équipe de France a bouclé les championnats du monde de bodyboard avec la médaille d’or sur le relais et le titre mondial d’Anne-Cécile Lacoste, dimanche à Iquique, au Chili. Les Bleus finissent à la 3e place au classement des nations.

L’équipe de France a réussi l’exploit de conserver son titre mondial du relais, samedi au Chili. Sur les vagues du pays hôte, dans une ambiance particulièrement électrique, le relais français composé de Pierre-Louis Costes, Amaury Lavernhe, Martin Mouradian, Milo Delage et Anne-Cécile Lacoste a dominé le Chili de 3 petits dixièmes de points 90,93 à 90,64).

L’intelligence tactique de Lacoste

Au lendemain de ce nouveau titre mondial, Anne-Cécile Lacoste est allée chercher la médaille d’or chez les dames. La Girondine a su être patiente pour dénicher les rares bonnes vagues au cours des 30 minutes de la finale et s’imposer devant la grande favorite brésilienne Neymara Carvalho. Lacoste a construit sa victoire en se plaçant idéalement pour démarrer sur les vagues à potentiel. Sur ses deux belles droites, la championne française place une long et beau bottom turn pour aller frapper la vague sur un rollo parfaitement exécuter.

Deux mois après le titre européen

Championne d’Europe voici deux mois au Maroc, Lacoste réussi un doublé inédit et devient la première française à remporter le titre mondial. Après sa médaille de bronze l’an dernier et celle en argent en 2012, son titre est une récompense amplement méritée.

A ce jour, ils sont cinq Français à avoir remporté l’or aux Mondiaux de l’I.S.A en bodyboard : Nicolas Capdeville (1992 et 2002 en Open), Pierre-Louis Costes (2011 en Open), Maxime Castillo (2012 en junior), Amaury Lavernhe (2014 en drop knee) et Lacoste (2015 dames). La France a remporté le titre mondial des nations en 2011 et le titre en relais en 2014.

Kim Véteau en bronze

Pour ses deuxièmes mondiaux de bodyboard, Kim Véteau, également championne de France de surf, monte sur le podium dans la catégorie junior. Une sacrée performance pour la jeune Guadeloupéenne. Qui efface totalement sa frustration de l'an dernier lorsque, blessée au poignet, elle n'avait pu s'exprimer et avait échoué dès son entrée en lice. Le titre mondial revient à la Japonaise Shiori Okazawa, déjà sacrée en 2012.

Milo Delage au pied du podium

Autre Français à avoir atteint une des 5 finales individuelles, le Réunionnais Milo Delage se classe quatrième alors qu’il a survolé la compétition avec les deux meilleurs totaux toutes catégories confondues (17,67 et 17,17 pts) et d’un 10/10 en finale de repêchages. Déjà vainqueur l’an dernier sur son home spot, le Chilien Yoshua Toledo conserve son trophée.

Martin Mouradian rate la finale

Auteur lui aussi de la note parfaite (10) au 1er tour de la compétition et des meilleurs totaux dans la catégorie drop knee, Martin Mouradian échoue aux portes de la finale. Dans une finale de repêchages marquée par le manque de vague, le Guadeloupéen n’a pas su trouver une dernière bonne vague pour aller plus loin. Il prend donc la 6e place d’une catégorie remportée par le Vénézuélien Luis Rodriguez, qui remporte un second titre après celui de 2013.

Pierre-Louis Costes victime d’une erreur du jury

Victimes de la tactique abusive de leurs adversaires, Amaury Lavernhe (5e) et Pierre-Louis Costes (9e), les deux stars françaises de ces championnats 2015, respectivement n.3 et n.2 mondiaux chez les pros, ne se sont malheureusement pas hissés en finale alors qu’ils étaient les deux grands favoris pour la victoire en Open. Yann Salaün, le troisième Français engagé en Open, a payé très cher la règle obsolète de la priorité de position et prend la 16e place au général. Lavernhe n’aura pas eu les bonnes vagues pour s’exprimer le dernier jour alors qu’il a fait le show tout au long de la semaine. Costes a, quant à lui, été victime d’une grossière erreur du jury, lequel l’a reconnu plus tard. Mais une erreur d’appréciation sur une interférence de rame inexistante qui l’a fait sortir prématurément de ces championnats.

Une règle à changer

L’I.S.A sait d’ailleurs qu’elle va devoir revoir rapidement sa copie : ces Mondiaux ont été marqués par de trop nombreuses pénalités pour interférences. Certains concurrents recherchant davantage à faire sanctionner leurs adversaires plutôt que surfer. Le titre mondial d’Eder Luciano, son troisième en cinq éditions, ne souffre toutefois aucune contestation. Sans éclat, le Brésilien a tracé sa route jusqu’en finale, passant même par les repêchages, pour finalement s’imposer dans une finale maîtrisé tactiquement.

La tête haute

Les larmes de joie d’Anne-Cécile Lacoste, les cris de bonheur du relais français, le bronze de Kim Véteau. La campagne chilienne des Mondiaux 2015 de bodyboard qui s’achève sur le podium au classement des nations (1. Brésil, 2. Chili) restera gravée dans le grand livre du surf français. On sait pourtant qu’elle aurait pu être bien meilleure avec le tri groupé attendu et cette team Team composée pour aller reconquérir le titre de 2011. Il n’empêche l’équipe de France de bodyboard a tenu son rang et peut rentrer la tête haute au pays.

Réactions

Anne-Cécile Lacoste (championne du monde) : « Championne du monde de bodyboard ! Je courrais derrière ce titre depuis longtemps. J’y suis arrivée ! Je suis très émue, très heureuse. Merci à toute l’équipe sans qui je n’aurais pas pu avoir cette médaille. Merci à ma famille et à mes amis ! »

Kim Véteau (médaille de bronze) : « Je suis évidemment très heureuse de cette médaille de bronze et de finir troisième de ces championnats du monde. J’étais déjà très heureuse d’aller en finale. J’espère avoir contribué au bon classement de l’équipe de France en apportant mes points. »

Nicolas Padois (team manager) : « On est très déçu de finir troisième au classement des nations. Avec Amaury Lavernhe et Pierre-Louis Costes de retour, on pensait vraiment refaire la même chose qu’en 2011. Mais on est content et très fiers car on gagne le relais et on a une équipe qui n’a rien lâché. Une équipe qui a été unie. Et puis on prend des médailles en individuel aussi. A commencer par celle en or d’Anne-Cécile Lacoste ! Elle a fait une compétition remarquable dans la technique et dans la tête. Rien à dire, elle a été la meilleure. Elle est championne d’Europe et championne du monde en deux mois. C’est dingue ! Bravo aussi à Kim Véteau qui n’a rien lâché. Elle fait troisième ! C’est énorme. Elle a fait un super job. Je suis hyper content d’elle. Milo Delage n’a rien à se reprocher. Il est en finale des Mondiaux à 17 ans. Pour lui et pour La Réunion, c’est géant. Pour Martin Mouradian, c’est les aléas de la compétition. Il méritait sa place en finale. On est très déçu des règles de priorités obsolètes. Il va falloir du changement au niveau des critères. L’ISA en a vraiment besoin. »

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