Jeudi. Zéro swell pour découvrir les spots de l'île : Haapiti et Atiha. Avec, Mirka, nous nous sommes donc fiées aux conseils de notre hôte, Maeva et nous sommes parties à la découverte des gigantesques baies de Cook et d'Opunohu. Ces lieux de légende dont j'entends parler depuis si longtemps ont aujourd'hui une image dans mon esprit qui appartenait à mon expérience, que je suis allée chercher. Depuis le belvédère, on observe simultanément les deux baies. Il y a également une jolie balade dans la forêt tropicale. Mirka m'amuse car elle cherche des fruits dans tous les arbres comme s'il en poussait tellement qu'il suffirait de tendre la main pour attraper trois kilos de mangue. Elle est persuadée que le fruit en haut d'un palmier est un ananas ! Je rigole de sa naïveté mais en réalité je l'adore car elle permet l'étonnement à toutes les occasions et c'est un des plaisirs du voyageur. La visite se poursuit dans un marae, vestige de temple dédié aux ancêtres.
L'après-midi, nous louons un kayak biplace pour nous rendre entre les motus Tiahura et Fareone afin d'observer les poissons et surtout les raies manta qui apprécient le coin car elles sont nourries par les plongeurs. La traversée en kayak est comique car il y a du courant et je n'arrive pas à expliquer en mi anglais mi espagnol les directives de rame ! Mais le jeu en valait bien la chandelle, le chenal regorge de poissons multicolores. Je repère directement les raies qui jouent avec un groupe de plongeurs en scaphandre. Je m'approche, attirée comme un aimant, et caresse les grandes nageoires du poisson avec un soupçon d'hésitation dans le geste. Le contact est étrange, lisse et côtelé, tellement émouvant. J'observe le mouvement délicat de leurs ailes pour se mouvoir. Je me fais rappeler à l'ordre par mes poumons, je ne suis pas un poisson et il me faut respirer de temps en temps ! Je redescends, pose ma main sur les cheveux gluants d'une anémone puis teste la douceur de son corps. J'observe attentivement un poulpe manger du plancton avec ses tentacules ventousées. Une murène me surveille du coin de l'œil et la taille de ses dents m'évite de m'approcher de trop près. Et mille autres bestioles tantôt hilarantes tantôt effrayantes…
Le coucher de soleil se savoure autour d'une glace, ou l'inverse, avant de squatter la terrasse de Lucile puisque nous n'avons pas de bateau pour rentrer à Tahiti. Cette nuit c'est certain, mes rêves auront les pieds dans l'eau.