C’est notre dernier jour à G-land. Ce spot nous a offert une semaine de surf de rêve, avec des vagues qui n’ont jamais cessé de grossir ! Ce matin, on atteint le pic du swell et on entend déjà dans le surf camp quelques brésiliens qui pensent se replier sur le spot de Twenty Twenty pour leur dernière session !! Trop gros pour eux ? Etonnant pour des brésiliens, non ?!
Paul et moi sommes bien décidés à nous frotter une dernière fois à la vague qui nous a procuré des sensations énormes durant toute la semaine... Le rendez-vous est pris en début d’après midi, vers 14h00. A ce moment précis, la marée commence à descendre doucement et la dernière section appelée Speedies produit des tubes énormes.
Alors que pendant la semaine la mise à l’eau se faisait entre les sections de la vague, en remontant toujours plus au pic, aujourd’hui nous décidons de nous mettre à l’eau à la fin de la section de Speedies car les sets qui rentrent sont énormes et nous n’avons pas envie d’en ramasser un dans la tronche et de finir avec un gros tatouage sur le corps ! Après la longue marche traditionnelle sur le reef pour atteindre la mise à l’eau, nous remontons tranquillement vers le pic et nous commençons à réaliser que les vagues qui s’offrent à nous sont big !
On arrive au pic, nous sommes environ une vingtaine, peut être plus, à vouloir notre part du gâteau. D’un seul coup, je vois tout le monde ramer vers le large, en gueulant « set, set » ! Je me précipite aussi et je vois derrière la vague qu’un énorme set arrive, les battements de mon cœur s’accélèrent, je rame encore plus vite pour me mettre à l’abri. Je n’ai pas encore pris une seule vague mais déjà un premier shoot d’adrénaline !
Au même instant, je vois un gars shooter une bombe et se caler un stand up barrel. A l’eau, tout le monde gueule car ce que vient de réaliser ce mec est énorme ! Après dix petites minutes d’observation, un set arrive, je suis bien placé, je commence à ramer, évidemment je ne suis pas le seul mais cette fois c’est moi qui part ! Après un long take-off, je remonte rapidement sur le haut de la vague car je n’ai aucune envie de me prendre la lèvre dans la tronche et finir comme une crêpe sur le corail. La sensation est unique, je ne sais comment l’exprimer par des mots !
En remontant, je vois Paul qui prend une belle vague, je suis content pour lui car je comprends le bonheur qu’il ressent à cet instant précis. Je retourne au pic sans faire le moindre canard ! Je continue de regarder ces mecs qui déchirent tout, vraiment tu te croirais dans la vidéo de surf qui est diffusée tous les soirs au surf camp au moment du repas !
D’un seul coup, j’entends « set, set » et merde ! Je me mets de nouveau à ramer comme un porc mais cette fois je suis bien placé et j’arrive à partir sur une bombe ! Un peu plus en confiance que sur la première vague, je descends bien en bas de la vague avant de remonter puis de redescendre. Après avoir jeté un coup d’œil derrière moi et avoir vu cette caverne, je prends soin de rester à une distance respectable de la zone critique ! J’entends gueuler les surfers à l’eau et je me dis que la vague doit être vraiment grosse. A la sortie, un photographe sur un bateau posté en fin de vague me dit « Yeah ! Great picture ! ». Je suis comme un fou dans l’eau, ce mec a immortalisé ce qui est certainement la plus grosse vague que j’ai pris de ma vie.
La session se poursuit. Paul et moi continuons à prendre quelques vagues puis je décide de rentrer, conscient qu’il ne m’ait rien arrivé et que ce serait dommage que la dernière vague (celle de la gourmandise…) me déchire sur le corail. Sur le chemin du retour, la marche qui nous permet de rejoindre la plage est source de réflexion, de joie, d’émotion…
Je m’arrête dans une petite piscine marine pour profiter des derniers instants avant de rejoindre Emilie. Je repense au moment où nous sommes montés dans le bémo qui nous a conduit à G-land et dans lequel je me suis dit en voyant les « Laird Hamilton australiens » qui étaient à côté de moi « mais qu’est-ce que tu fous ici, là-bas c’est un autre niveau, un mythe, c’est G-land, la vague que tu vois dans les vidéos et que tu n’oserais même pas surfer un jour tellement elle t’impressionne ! ». En voyant Émilie, je lève le bras en l’air tel un vainqueur ! Aujourd’hui, c’est vrai, j’ai surfé G-land…