Quelle est la place accordée à l'environnement dans le milieu du surf ?
L'image du surf auprès du grand public est teintée de liberté, de voyage et de nature… Il est vrai que nous aspirons tous à un monde plus « vert » et plus respectueux des éléments. Mais les surfeurs sont-ils aussi écolos qu'ils le disent ? A votre avis…
Aujourd'hui, l'industrie du surf se mobilise de plus en plus sur la question environnementale. Plusieurs entreprises européennes suivent notre programme de Management Environnemental et s'inscrivent dans la démarche Ecoride (www.label-ecoride.com).
Un travail de sensibilisation est également effectué auprès des salariés des entreprises avec la création d'une exposition environnementale mobile, que nous avons créée avec le Cluster EuroSIMA (ressources, économies d'énergie, éco-achats, cycle de vie d'un jean, impact environnemental de notre activité sur la planète…). Cette exposition éco-conçue est également accessible en ligne : www.rebus.fr/eurosima.
Aujourd'hui, de plus en plus d'entreprises de ce secteur proposent une gamme textile complète éco-conçue, utilisant des matières naturelles et du coton biologique certifié. Certaines ont créé des emplois de "responsable environnemental". De gros efforts sont également engagés sur les structures évènementielles et l'organisation des compétitions de surf (limitations des déchets sur site et tri sélectif, préservation du site naturel de compétition, utilisation d'énergie solaire, recyclage des banderoles, toilettes sèches, limitation des plastiques, etc.).
La réflexion est aujourd'hui engagée sur la chaîne logistique et la supply chain, pour diminuer les rejets CO2 et favoriser les moyens de transports respectueux de l'environnement. EuroSIMA s'est également engagé dans un programme d'éco-conception pour trouver une solution d'amélioration du "Polybag", emballage plastique enveloppant tous les produits textiles. De leur point de fabrication jusqu'au point de vente final (surf shop), nous avons quantifié que notre industrie mondiale utilisait plus de 100 millions de polybags par an. De quoi diminuer notre empreinte sur la planète d'une manière collective et significative !
Hugo Verlomme, Ecrivain
C'est un secret de polichinelle: le surf est un gros business alimenté par la mode, la pub, plus occupé à gérer son image qu'à sauver la planète. Le surf est un sport individualiste par définition et même lorsque l'océan est pollué, les vagues déferlent. Les actions entreprises aujourd'hui sont dérisoires face à une réalité alarmante. Derrière le plaisir, apparaît la réalité d'un océan qui se vide de ses poissons et de pollutions terrestres qui s'accumulent partout, de l'Arctique à l'Antarctique. L'ignorer, c'est se tirer une grosse balle dans le pied.
Mais heureusement, il y a de tout dans le surf et notamment des gens, en particulier les jeunes, qui se soucient fort de la santé des éléments dans lesquels ils jouent. Loin des line-up surpeuplés où chacun se regarde en chien de fusil, une douce "watermania" s'enracine. On se rapproche ainsi de plus en plus des éléments et les vrais surfeurs-watermen ne se contentent plus de surfer, ils nagent, bodysurfent, font de l'apnée ou/et du kayak, du stand-up paddle, du sauvetage côtier, etc. Ils sont au plus près de cet élément qui les porte et l'on peut espérer que cette jeune génération plus "roots" c'est un peu l'anti surf-business qui se lève et qui va tout faire pour protéger cet océan que nous disons tous aimer.
Gilles Asenjo, Président de Surfrider Foundation Europe
Le surf se passe dans l'eau et uniquement dans l'eau.
Alors pour moi l'environnement n'a pas de place dans le surf, c'est le surf qui a sa place dans l'environnement.
C'est certainement pour cela que les surfeurs sont les premiers et ont longtemps été les seuls sportifs à avoir développé une conscience environnementale organisée, grâce notamment à Surfrider Foundation Europe.
Pourquoi donc continue-t-on à se poser cette question, somme toute très logique?
Parce qu'être un surfer ne dispense pas d'être un citoyen comme les autres, avec ses qualités et ses défauts.
Alors l'environnement, dans le milieu du surf, parfois on s'en préoccupe, et parfois on pense qu'il peut se débrouiller sans nous...
Pour tous les surfeurs ou au moins ceux que l'on qualifiera de soul surfeurs, surfer est un ensemble de valeurs passant par l'amour de l'océan, le voyage, la découverte de populations éloignées ou encore de paysages époustouflants. A coup sûr la pollution, les détritus, et autres usines polluantes n'ont pas leur place dans ce décor paradisiaque et ceci sera soutenu par une grande majorité de surfeurs.
Seulement les mots ne valent rien face aux actes et combien agissent réellement ? Il suffit de boycotter l'industrie du surf au lieu de le reformer en soi-disant moins polluant. Pas besoin de telle ou telle marque pour apprécier une session glassy au coucher du soleil. Pas besoin de telle ou telle compétition pour montrer qui est le plus fort. Le surf est né d'une communion avec les éléments, de l'humilité face à ces derniers que l'on ne peut maitriser et là se trouve selon moi tout le surf spirit très largement délaissé par la nouvelle génération strass et paillettes. L'industrie du surf doit se limiter à notre matériel essentiel, planche et néoprene... Il s'agira seulement de laisser le surf-wear au non surfeur, de respecter les spots ou l'on se trouve, de faire des petits gestes simples en partant du spot comme ramasser un filet de pêcheur ou une bouteille et surtout...ne pas être déçu parce que personne ne t'as vu sortir du barrel.
By Boby
Franck Laporte-Fauret est dans son rôle de défenseur de l'industrie de la glisse, cependant la prise de conscience de l'industrie du surf n'est que mercantiliste... Un phénomène de mode global qu'elle ne fait que suivre !