L'actualité du surf

La Polynésie française frappée par le cyclone Oli


Depuis quelques jours, toute la Polynésie française est en alerte. Mercredi, le cyclone Oli a touché les Iles sous le Vent, à l’extrême ouest, puis s’est décalé en direction du Sud-Est vers l’île de Tahiti. Il passe à présent à proximité des Australes.


Cyclone Oli
Cyclone Oli
© Meteo France

En situation normale, les épisodes cycloniques sont plutôt rares dans le Pacifique Sud et la Polynésie Française reste relativement épargnée. En revanche, lors d’années à El Nino, phénomène climatique bien connu des surfeurs, le risque est bien réel. Que ce soit à Tahiti, Tikehau ou Raiatea, les polynésiens avaient vu juste en octobre dernier, lorsque nous étions partis à leur rencontre sur le Fenua. Tous savaient pertinemment que c’était pour bientôt…

Depuis quelques mois, les indicateurs étaient au rouge : augmentation de la température de l’eau au niveau de l’Equateur dès le printemps dernier, provoquant simultanément baisse des alizés et accumulation d’eaux chaudes dans le Pacifique Ouest (Indonésie). Ces eaux se sont ensuite étendues vers l’Est, notamment vers la zone polynésienne. La conséquence était claire : augmentation de la survenue des cyclones dans cette région du globe dès le mois de janvier. Et cela ne s’est pas fait attendre. Dès dimanche dernier, la dépression tropicale Nisha était attendue sur la Polynésie, suivie de près par le cyclone Oli. L’alerte rouge était donnée.

Importants dégâts dans les Iles sous le Vent

Mercredi, c’est l’extrême ouest qui a été touché le premier. La mer a été relativement forte, mais heureusement les conditions ont été moins dramatiques que prévues. Il y avait pourtant de quoi s’inquiéter avec des vents atteignant plus de 200 km/h en rafales et provoquant des vagues de 6 à 7 mètres. Les fortes précipitations attendues constituaient également une réelle menace.

Pour les Iles sous le Vent (Bora Bora, Maupiti, Huahine, Tahaa et Raiatea), la houle cyclonique représentait un grave danger. Les premiers bilans font état de 300 maisons détruites, endommagées ou inondées. A Bora, 700 touristes étaient toujours bloqués dans leurs hôtels de luxe ce matin, dans l’attente d’une reprise du trafic aérien. Raiatea était encore complètement privée d’électricité. On dénombre un blessé grave (fracture du rachis après chute du haut d’un toit) et cinq autres plus légers.

Un peu plus à l’Est, Tahiti et Moorea ont finalement été moins touchées que prévu, les vents atteignant en moyenne pas plus de 100 km/h. L’alerte rouge a bien fonctionné à Tahiti, 4000 évacuations ont été réalisées et les dégâts apparaissent limités. Mais les fortes précipitations étaient redoutées car elles peuvent causer de graves inondations, des torrents de rivière et des éboulements de terrain, comme ce fut déjà le cas il y a quelques semaines. Bilan provisoire : quelques habitations détruites par les crues, des toits arrachés et des routes coupées. L’annonce de la disparition de deux surfeurs avait déclenché des recherches, mais les services de secours les ont finalement stoppées, évoquant de mauvaises informations.

Les Australes sous la menace

Après Tahiti, c’est au tour des Australes d’être sous la menace d’Oli. Les vents gagnaient en puissance jeudi soir dans l’archipel avec des moyennes à 185 km/h et des pointes à 260 ! Le cyclone est actuellement sur Tubuai (2h heure locale, 13h à Paris), où il devrait frapper le plus violemment. De nombreuses évacuations ont eu lieu, les habitants ont dû regagner les bâtiments en béton, les écoles sont fermées.

Nous sommes actuellement au cœur de l’été austral, période la plus propice aux cyclones en phase El Nino pour la Polynésie. Personne ne sait si d’autres cyclones vont apparaître dans cette zone, mais le risque est toujours bien présent jusqu’à fin mars.

Pour rêver un peu : Carnet de voyage en Polynésie française


Emilie Dalibert
Publié le : 05/02/2010


 
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By lisette

un article de pro ! trés bien documenté, est ce que tes etudes concernait ces phenomenes ?

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