Les interviews des acteurs de la scène surf

 

Elisa Do Brasil entre surf et mix !


Elisa est pleine de vie. Elle nous raconte son parcours depuis ses premiers mixs de DJ au festival Astropolis, en passant par ses débuts en surf sur les spots polynésiens. Découvrez cette artiste énergique.


Elisa do Brazil
Elisa do Brazil
© DR

Mango-Surf : Peux-tu nous en dire un peu plus sur l'origine de ce pseudo ?

Elisa Do Brasil : J'ai été baptisée comme ça en 1999 par Mathieu des Sonic (organisateur du festival Astropolis à Brest) puisqu'à l'époque je n'avais pas de nom de dj (on peut même dire que je n'étais pas vraiment dj). Il m'a bookée sur un coup de tête, en warm up de la scène house dans la cour du château de Keriolet ! Ça le faisait marrer de voir une petite nana Brésilienne mixer de la drum... Il a même poussé le « délire » jusqu'à marquer Rio entre parenthèses sur le fly ! ☺

M-S : Qui se cache derrière ce surnom ? Comment te décrirais-tu en quelques mots ?

E.D.B : Hummm.... Derrière ce surnom se cache une fille qui s'appelle vraiment Elisa, qui parle français (petite dédicace pour ceux qui après un set viennent me féliciter en anglais avec un accent français à mourir de rire). Une fêtarde, mère de famille... Plutôt sympa hé hé ! Mais aussi un peu psycho-paranoïaque.... et passionnée !

M-S : Comment t'es tu retrouvée dans le milieu de la musique électronique ? Quel a été ton parcours ?

E.D.B : Quand j'avais 16 ans ma meilleure copine, Pauline, m'a trainée au Rex Club à Paris pour une soirée Jungle de Gilbert. A l'époque je ne jurais que par le reggae (j'ai même fait choriste dans un groupe pendant quelques mois, je ne te raconte pas la catastrophe…) mais ce soir là je n'ai pas décollé du dancefloor… LA révélation ! Étant mineure je n'ai pas pu revenir au Rex, du coup j'ai commencé à aller en free party et raves ! Je passais toutes mes semaines à attendre les week-ends comme vous pouvez les passer à attendre le retour de la houle. Un jour j'ai compris que ça serait ma vie... Il fallait que je me mette à mixer, à ensorceler le public comme je me faisais ensorceler en teuf.

Puis j'ai rencontré un Sound system de ma région (trouble fête / dans le 92) et j'ai pu acheter des platines après des heures et des heures de baby sitting. Ayant participé à l'organisation de quelques free avec eux, je me suis retrouvée bookée au festival Astropolis (où je suis devenue résidente). En 1999, j'ai commencé à organiser les soirées Massive, qui ont longtemps été une des références du genre à Paris, où je suis résidente.

J'ai sorti 2 cd mixés, Massive party et So massive (cd plus dvd filmé au Rex), puis mon premier album « First Stroke » en 2009… D'ailleurs le deuxième est en pleine gestation.

M-S : Quelles sont tes influences et tes sources d'inspiration musicale ?

E.D.B : J'ai longtemps été très sectaire en écoutant uniquement de la drum, techno, rap, reggae, dancehall. Aujourd'hui j'essaie de me cultiver en m'ouvrant à différents styles musicaux : rock, disco, jazz j'en passe et des meilleurs… Autant pour m'inspirer (trouver des trucs à sampler) que pour mieux comprendre la musique.

M-S : Comment définirais-tu ton univers musical ?

E.D.B : Je joue de la drum'n'bass, un peu d'électro, de la techno… plus le temps passe, plus je m'amuse à mixer de tout. Mon univers musical n'est donc pas figé et s'élargit avec le temps, bien que je reste dans le segment musique électronique.

M-S : Après plus de 10 ans de soirées passées derrière les platines, tu sors ton premier album « First Stroke » fin 2009. Pourquoi as-tu attendu une décennie ?

E.D.B : J'avais très peur de m'y mettre, je crois que j'ai passé trop de temps à me poser des questions, à sortir. Je n'étais pas assez patiente et je pense que je n'avais pas la maturité musicale pour savoir où je voulais aller.

J'ai eu un déclic pour « First Stroke » et surtout je suis tombée deux fois enceinte, de façon très rapprochée. Ce qui m'a permis de me « poser », d'arrêter de sortir et de me fixer des horaires de travail même si avant tout j'avais envie de raconter une histoire en musique. J'ai eu la chance d'avoir DJ Ben qui m'a aidée à faire cet album. Mais pour le deuxième plus de questions, plus de temps à perdre ! Je m'y suis déjà mise et je sais exactement ce que je veux !

M-S : Quel fut l'accueil du public ?

E.D.B : Le public n'y croyait plus ! ☺ Mais l'accueil a été bon, je crois aussi que je l'ai surpris en faisant un disque éclectique et « assez doux » par rapport aux sets que je faisais il y a quelques années ! ☺

M-S : Quels sont tes plus beaux souvenirs de DJ ? Et tes plus beaux souvenirs tout court !

E.D.B : Le « Rip Curl » à Biarritz a toujours été dans mon top 5 des meilleurs souvenirs, ainsi que toutes les dates au pays basque d'ailleurs. Il y a bien sûr Astropolis en 1999, mes premières Massive...

Mais récemment le festival Natural Games à Millau les a tous détrôné ! C'est un festival de parapente, canoë kayak et bmx. Il y avait 15 000 personnes en feu devant moi, deux énormes murs de turbo sound en retour rien que pour moi, ils réagissaient au moindre geste, à la moindre sonorité... Ça a vraiment été un super moment, j'ai même failli pleurer à la fin de mon set. Je n'avais jamais vécu cela avant. En plus il y avait des familles, des teufeurs, des sportifs... Bref c'était un vrai plaisir de pouvoir faire danser tout le monde.

Le lendemain matin ils m'ont emmenée faire un tour de parapente assuré par un prof de « dingue » super sympa qui m'a fait faire des 360° et je ne sais quelle autre figure de taré… J'ai adoré ! La veille j'étais à Solidays, à peu près 10 000 personnes sur le dancefloor ! Bref week-end extraordinaire... J'ai mis près de 2 semaines à redescendre sur terre !

Plus personnellement la naissance de mes filles et mes grossesses sont mes meilleurs souvenirs tout court ! Le premier sourire, le premier contact avec son bébé… c'est juste inoubliable.

M-S : Après le « Rip Curl Festival » de Biarritz et les « X Games », te voilà à l'affiche du « Rip Curl Pro Girls Tour » tout l'été. Comment t'es tu retrouvée immergée dans la culture glisse ? Quel regard portes-tu sur le milieu du surf ? Qu'est-ce qui le différencie du milieu électro ?

E.D.B : Je crois que c'est tout simplement une évidence de me retrouver là car je suis très proche de ce milieu, j'aime ce sentiment de liberté, de plaisir et de passion ! Le ride et la musique sont pour moi « à marier », ils se complètent, fonctionnent tous deux sur le rythme...

En quelque sorte j'ai choisi de rider ma vie en musique... C'est si agréable de pouvoir allier les deux grâce au « Rip Curl Girls Tour » !

M-S : Quand as-tu découvert le surf ? Qu'est-ce que cela t'apporte ?

E.D.B : J'ai découvert le surf il y a quelques années à Tahiti. J'étais partie mixer là bas avec Birdy Nam Nam et DJ Kraft. Je rêvais d'en faire depuis toujours, et un soir Valentina, la femme de Lil Mike des Birdy, m'a emmenée surfer... Un des plus beaux jours de ma vie. L'eau était chaude, le ciel magnifique (coucher de soleil rose-violet), les vagues parfaites (la mousse aussi !), j'ai réussi à me lever au bout de 20 min quand même... les genoux écorchés !

Bon j'avoue que je galère un peu, mais le prof de Rip Curl que j'ai eu à Newquay était cool... Donc je compte bien faire des progrès avant la fin du tour !

Surfer est synonyme de détente, de plaisir… ça me permet de prendre sur moi et d'oublier mes peurs (hé ouais j'ai hyper peur de l'eau), en quelque sorte me surpasser. Mais ce qui est embêtant c'est que je n'ai pas l'occasion de pratiquer régulièrement puisque je vis à Paris, donc il faut toujours que je recommence l'apprentissage du début... Mais j'aime cet effort, ce travail de longue haleine vers le progrès. Et puis finalement on est face à soi même et pour moi c'est comme dans la musique ou la scène, on doit avancer et donner toujours plus en ne comptant que sur soi.

M-S : Tu voyages pas mal, l'occasion pour toi de rider un peu ?

E.D.B : J'espère avoir l'occasion de mixer souvent là où je peux rider, et je compte bien faire mes choix de voyage "loisir" en fonction de ça maintenant !

M-S : Quels sont les endroits du monde que tu préfères, ceux où tu aimes aller...

E.D.B : J'ai passé beaucoup trop de temps au Brésil pour rendre visite à ma famille. Je m'aperçois que je n'ai pas vu le quart de ce que je voudrais voir, donc j'ai encore le monde entier à visiter.

M-S : Qu'est-ce qui te fait rêver ?

E.D.B : Je rêve de faire le tour du monde avec ma musique ! Je rêve d'encore beaucoup de beaux festivals, de gens qui dansent, qui crient, de jolies vagues (que j'arrive à maitriser ! ), de rires, de hula hoop avec mes copines, de moments plus faciles avec mes filles, d'amour, d'une énorme grasse matinée ! Bref, de bonheur quoi... j'ai la chance d'avoir une vie heureuse et j'aimerais qu'elle ne s'arrête jamais !

M-S : On te souhaite un très bel été !

E.D.B : A vous aussi... Pour moi c'est bien parti !!!

Propos recueillis par mango-surf.com

Publié le : 20/07/2010


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