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Tim Boal, le surfeur français qui monte...

Tim Boal à  Hawaii
Tim Boal à  Hawaii - Reef

Après sa récente victoire sur le Reef Vendée Pro, Tim Boal revient sur sa performance et nous parle de ses objectifs pour la saison WQS 2007.

Mango-Surf : Salut Tim ! Peux-tu te présenter à  ceux qui te découvrent en ce moment...

Tim Boal : J'ai 23 ans, je vis à  Anglet et je surfe depuis l''ge de 11 ans. Mes vagues préférées sont toutes les plages d'Anglet et spécialement les Cavaliers. Mon autre passion est le golf, j'ai arrêté d'y jouer parce que je ne surfais même plus !

M-S : Tu as débuté le surf en Méditerranée. Comment cette rencontre avec les vagues s'est-elle déroulée ?

T.B : Oui, j'ai débuté en Méditerranée, c'est un super endroit pour commencer à  surfer et on apprend à  bien surfer les petites vagues sans puissance. Je ne regrette pas du tout et j'aimerais vraiment y retourner plus souvent pour surfer car il y a vraiment de super vagues de temps en temps.

M-S : A quel moment as-tu pris la décision de devenir surfeur pro à  temps plein ?

T.B : J'ai pris cette décision très jeune, vers 14 ans. J'ai toujours su que c'était ce que j'allais faire et j'étais vraiment déterminé depuis tout petit.

M-S : Tu suis le circuit WQS depuis maintenant quelques années. As-tu abordé cette nouvelle saison différemment ?

T.B : C'est la 3ème saison que j'entame sur le WQS cette année. Les deux premières étaient difficiles et je pense que j'ai eu du mal à  passer de Junior au WQS. Je ne m'étais pas posé de question là  dessus, le WQS paraissait juste la suite logique du pro junior. Mais en fait, ces deux années auraient pu me profiter beaucoup plus si j'avais su les gérer comme il fallait. Je n'ai pas vraiment appris de mes erreurs et j'allais de compet' en compet' sans objectif concret. L'an passé, j'ai carrément laisser tomber, je ne surfais presque plus entre les compéts et j'en avais vraiment marre. Ca m'a fait du bien car à  la fin de l'année, j'ai retrouvé l'envie et la motivation. Je me suis fixé des objectifs à  court et à  long terme et je fais en sorte de les atteindre. J'ai des gens qui m'entourent et à  qui je fais confiance et qui sont derrière moi à  100%.

M-S : Après une très belle saison australienne où tu as terminé 3ème du Maitland Toyota Open et 4ème du Hot Tuna Central Coast Pro, tu reviens sur les terres françaises pour t'imposer en finale du Reef Vendée Pro. Comment as-tu vécu cette compet' ? As-tu quelques anecdotes à  nous raconter ?

T.B : Je suis rentré d'Australie un peu déçu de mon résultat à  Margaret mais j'étais vraiment motivé pour la compet' en Vendée. Mon objectif était de gagner et je suis monté quelques jours en avance alors qu'il n'y avait pas de vagues. J'en ai profité pour m'entraîner un peu là  haut avec Xavier Huart, mon entraîneur. Ensuite ma copine est montée le jour avant que la compet' ne commence. J'étais super bien entouré et en plus la compét était sponsorisée par mon sponsor principal Reef qui m'a mis à  l'aise avec une maison pour tout le team, etc. Tout s'est bien passé, j'avais confiance en moi et le dernier jour, on a eu des conditions difficiles mais la chance était de mon côté et le travail de ces derniers mois à  payer.

M-S : Quel a été la série ou le moment le plus difficile ?

T.B : La série la plus difficile a été sûrement ma 2ème série en huitième de finale. Je n'étais pas très à  l'aise et un peu tendu, les vagues étaient difficiles et c'était très serré. Je suis passé avec ma dernière vague dans les deux dernières minutes et je ne le savais même pas car je n'entendais pas les scores !

M-S : Comment as-tu réagi dimanche lorsque la compet' a dû être arrêtée ? (ndlr : les phases finales ont été reportées exceptionnellement au lundi matin suite au brouillard tombé dimanche !)

T.B : J'étais vraiment stressé parce que j'avais mon vol pour l'Afrique du sud le dimanche soir. J'ai dû le changer et ça n'était pas facile. J'ai pris une décision et après, je n'y ai plus pensé sinon je n'aurais pas réussi à  rester concentré sur la compét'.

M-S : Que signifie cette victoire pour toi sur une étape Reef et en France ? T'attendais-tu à  ce résultat ?

T.B : Oui, je m'y attendais car j'avais confiance en moi et que c'était mon objectif sur cette compét'. Après, le fait que ce soit en France sur une compet', c'est du bonus et je suis super content de l'avoir fait dans ces conditions. Il n'y a rien de mieux que de se focaliser sur quelque chose et d'y arriver.

M-S : Après cette très belle performance à  la Sauzaie, tu t'es envolé dans la foulée direction Durban pour te faire sortir dès ta première série lors du Quik Pro Africa. Gros coup de pompe ?

T.B : C'était juste, je suis arrivé dans l'après-midi avant ma série, je suis tombé malade dans l'avion et j'étais fatigué. Pourtant dans la série, je n'étais pas fatigué et je surfais bien, mais j'ai fait des erreurs tactiques vraiment bêtes. J'étais déçu car j'ai eu l'impression de ne pas avoir fait de mon mieux, peut être à  cause de la victoire la veille. Je ne me suis pas battu avec les autres dans la série, je me suis placé à  l'écart en pensant que j 'allais prendre des vagues de mon côté et il n'y en a pas eu. J'étais déçu mais c'est une super leçon qui me servira pendant la saison.

M-S : La saison européenne vient de commencer et le trio de tête du QS est 100% Euroforce. Que penses-tu de cette situation totalement inédite ?

T.B : Le niveau européen est de plus en plus fort. Il y a de l'émulation avec ceux qui se sont qualifiés avant nous et ça motive. Les européens savent qu'ils ont le niveau des autres nations et on prend tous confiance en nous petit à  petit car c'est la seule chose qui fait la différence : le mental c'est 80% des résultats sur le WQS je pense et c'est dans ce domaine que les européens sont en train de progresser.

M-S : Y a-t-il maintenant un véritable clan européen sur les WQS ? Comment est l'ambiance sur les sites des compet' ? Avec qui voyages-tu ?

T.B : L'ambiance est super entre les européens. On est plus d'une vingtaine donc il y a forcement des gens qui s'entendent mieux que d'autres, mais dans l'ensemble c'est super. En ce qui concerne un véritable clan européen... on peut le dire même si je pense qu'on est pas encore comme les australiens ou les brésiliens qui sont les plus soudés. Je voyage la plupart du temps avec Aritz Aranburu,Gony, Marlon Lipke, Hugo Savalli,etc... tous ceux de notre génération car on se connaît bien.

M-S : En tout cas, on espère bien te retrouver aux côtés de Jérémy Florès l'an prochain. On croise les doigts pour que cela continue... As-tu quelque chose à  ajouter ? Un petit mot à  faire passer ?

T.B : Merci, j'espère être sur le WCT l'an prochain aussi... La saison est super longue donc je vais tout faire pour. Je veux juste dire merci à  tous ceux qui sont derrière moi, mes amis, mes parents, ma copine et mon entraîneur.

Propos recueillis par mango-surf.com - PubliŽé le