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Pauline Ado, une championne made in Euskadi

Pauline Ado
Pauline Ado - Rip Curl

Du 24 mai au 1er juin 2008, elle remet en jeu son titre de championne du monde junior ISA à  Hossegor. A seulement 17 ans, la petite hendayaise fait partie de cette génération de surfeuses qui fracassent ! Rencontre avec le phénomène Popo !

Mango-Surf : Salut Pauline, peux-tu te présenter en quelques mots...

Pauline Ado : J'ai 17 ans et je vis à  Hendaye. Je suis actuellement en 1ère S au lycée Cassin au Pôle France. Ma passion bien sûr c'est le surf avant tout mais j'aime beaucoup tous les sports en général et aussi le cinéma, la musique ou encore la lecture. Mon signe astrologique est verseau.

M-S : Si je te dis : première vague, ça te rappelle quoi ?

P.A : J'ai pris ma première vague à  l''ge de 8 ans sur la plage d'Hendaye. Avant cela je prenais des vagues debout en bodyboard pour m'amuser l'été. Avec un groupe de copains, on a décidé de s'inscrire au club de surf d'Hendaye. Nous avons très vite pris du plaisir et une émulation s'est créée entre nous.

M-S : Après ces premières sensations, tu t'es très vite tournée vers la compétition ? Un challenge ou déjà  une forte ambition d'être au top ?

P.A : J'ai participé à  ma première compétition à  l''ge de 9 ans mais cela ne me plaisait pas du tout contrairement à  ce que l'on pourrait croire. On m'avait poussé à  faire quelques compétitions et je ne prenais pas de plaisir (contraintes du temps, des conditions et surtout je perdais assez vite). Mais à  l''ge de 10 ans, j'ai gagné ma première compétition, le Grommets Trophy à  Capbreton et cela m'a beaucoup motivée pour continuer.

Après je pense que j'ai toujours eu l'esprit de compétition en général et je veux toujours donner le meilleur de moi-même dans ce que j'entreprends.

M-S : Et les résultats n'ont pas traîné ! Championne d'Europe Junior ASP en 2005, championne du monde junior ISA 2006, championne d'Europe Open 2007... Déjà  un très joli palmarès !

P.A : Oui petit à  petit, j'ai participé aux championnats régionaux puis nationaux jusqu'à  entrer en équipe de France. A chaque rendez-vous, on se remet en question et c'est cela qui fait que l'on progresse. Les défaites nous poussent à  progresser et les victoires c'est la récompense. C'est pour cela qu'un titre c'est toujours une grande émotion. Je garde beaucoup de bons souvenirs de mes compétitions, des gens qui m'entouraient, de mes adversaires, de mes erreurs, des vagues surfées...

M-S : Aujourd'hui, tu as intégré le pôle France, comment ça se passe ?

P.A : C'est actuellement ma deuxième année au Pôle France. Nous sommes trois filles avec Justine Dupont et Marie Dejean et nous nous entendons très bien. Malgré qu'on soit rivales en surf, il n'y a pas de tensions entre nous. Au contraire, on se pousse à  progresser mutuellement. Tous les garçons du Pôle sont aussi très sympas, je pense que l'on forme vraiment un bon groupe avec toutes ces personnalités et la relation garçons/filles se passe très bien. On est tous très motivés pour chaque entraînement.

M-S : Tu souhaites plutôt t'orienter vers une carrière à  plein temps ou préfères-tu assurer un diplôme pour la suite ?

P.A : Mon rêve serait, après mon bac de tenter le WQS pour me qualifier sur le World Tour. Côté études, je ne sais pas encore... il faut déjà  que je définisse ce qu'il me plaît... En tout cas je suis consciente que le surf ne dure pas toute la vie mais je pense qu'à  mon 'ge j'ai encore le temps d'y réfléchir.

M-S : Tu fais partie de cette génération de surfeuses juniors qui raflent aussi tous les titres en open au niveau européen (avec Lee Ann Curren, Alizé Arnaud...). Comment expliques-tu ce phénomène ?

P.A : Je pense que l'on a eu la chance d'être plusieurs comme ça à  vouloir s'investir à  fond dans le surf. Je rencontre Alizé, Lee-Ann ou encore Marie Dejean sur des compétitions depuis plusieurs années et l'on gagne chacune notre tour (rires) ! Cette rivalité entre nous crée une émulation et elle nous pousse à  redoubler d'efforts pour rester au niveau.

M-S : Les australiennes et hawaiiennes ne sont d'ailleurs pas en reste ! Que penses-tu du niveau mondial féminin actuellement (Stephanie Gilmore, Sally Fitzgibbons, Carissa Moore) ?

P.A : Le niveau de toutes ces filles ne fait qu'augmenter chaque année. Il y a toute une génération de jeunes qui bousculent la hiérarchie mondiale et qui fracassent !!! C'est vraiment très motivant pour toutes les européennes qui veulent percer.

M-S : En 2008, Lee-Ann se lance à  fond sur le WQS. As-tu déjà  des projets semblables pour les années à  venir ?

P.A : J'espère faire la même chose après avoir eu mon bac, me lancer sur le WQS. C'est un circuit difficile où l'on est souvent loin de chez soi. Lee-Ann a deux ans de plus que moi et ouvre un peu la voie en quelque sorte. Mais ce sera cool d'être plusieurs françaises avec Caro, Amandine, Charlotte, Alizé, Lee-Ann à  se soutenir sur le circuit.

M-S : Bientôt les ISA... Comment tu te sens physiquement pour ces championnats du monde junior ?

P.A : Et bien je me remets à  peine d'une entorse à  la cheville qui est tombée à  un moment assez mal choisi. Sinon le reste de mon corps va très bien (rires) ! Mais j'espère être vite sur pied pour les ISA et j'espère retrouver mon niveau d'ici peu.

M-S : Quels sont tes objectifs pour cette compétition ?

P.A : Un titre, ce serait mon rêve !!! Mais beaucoup de filles ont le niveau de gagner... cela va se jouer sur des détails.

M-S : Est-ce que le fait que cela se passe à  domicile, devant ton public, te met une pression supplémentaire ?

P.A : Le fait que cela se joue à  domicile possède des avantages et des inconvénients. L'avantage de la connaissance des vagues, du soutien du public mais en général on veut toujours bien faire chez soi et il faut éviter de se mettre la pression. Mais je vais essayer de prendre la chose série après série sans trop me soucier du reste (facile à  dire...).

M-S : On parle beaucoup de compétition, mais le surf, c'est aussi des voyages, des rencontres, des découvertes... Ton dernier trip, c'était où ?

P.A : Mon dernier voyage, c'était à  Bali à  Nöel. J'adore partir quel que soit l'endroit. C'est vraiment une ouverture d'esprit de rencontrer d'autres gens avec des cultures différentes, découvrir de nouveaux paysages... sans oublier les vagues bien sûr !

A Bali nous étions avec le team Rip Curl dans lequel il y a une très bonne ambiance. Même si les vagues n'ont pas été à  la hauteur de nos espérances, j'en garde un très bon souvenir.

M-S : Si tu n'avais qu'un seul souvenir de surf à  garder, lequel serait-il ?

P.A : La vague de la victoire lors de la finale des championnats du monde au Brésil.

M-S : Et s'il ne devait rester qu'une vague ?

P.A : Les vagues des Mentawaï, le paradis du surfeur.

M-S : Et s'il n'y avait plus qu'un mot à  ajouter ?

P.A : Un grand merci à  mes parents et toute ma famille qui sont mes plus grands supporters ! A mon sponsor Rip Curl qui me suit depuis de nombreuses années. Et toutes les personnes qui m'aident ou me conseillent (la liste est trop longue !).

Propos recueillis par mango-surf.com - PubliŽé le