» »

Maxime Huscenot repart à la bagarre

Maxime Huscenot
Maxime Huscenot - DR

Maxime s’envole pour le Brésil où il va participer à l’une des compétitions les plus importantes de l’année sur le circuit QS : le Quiksilver Sequarama Pro. Actuel 65e mondial, le Réunionnais espère retrouver le haut du classement.

Comment a-t-il occupé le break de sept semaines entre les deux compétitions du circuit WQS ?

Maxime Huscenot : Je me suis d’abord reposé en allant à Bali, en surf trip avec Nic Von Rupp (un surfer allemand qui vit au Portugal, ndlr). On a eu de bonnes sessions, de l’eau chaude, des vagues qui ressemble à La Réunion. J’ai pu surfer toutes sortes de vagues, faire des tubes, des airs, tout ça… en short ! Je suis rentré début avril en France et j’avais prévu de ne rien faire, juste de me reposer. Mais au final, j’ai enchaîné surf après surf avec de très bonnes conditions dans les Landes. Ça m’a remotivé pour reprendre les entraînements physiques, j’ai alors contacté Yannick Beven pour débuter le physique plus tôt que prévu et je m’y suis remis. Quand il n’y a pas de compétition, j’essaye de profiter de ces moments libres pour faire des trips, aller visiter des destinations qui me plaisent. En compétition, je vais certes sur de belles destinations mais pas souvent dans de bonnes conditions de surf. Là, je choisis ma destination en fonction de la qualité des vagues et de la houle annoncée. J’ai donc fait un trip dès le début de ces six semaines en Indonésie. J’en avais prévu un autre après, mais comme c’était parfait en France, que j’étais avec mes amis, ma copine, que j’avais Yannick Beven à mes côtés, ma semaine à la Boardrider Week, j’ai décidé de rester ici.

Pourquoi n’est-il pas allé comme d’habitude à La Réunion en avril-mai ?

M. H. : C’est ce que je faisais chaque année. D’autant qu’en avril, on entre dans l’hiver austral et on a souvent les meilleures conditions de surf de l’année. Le problème, ce sont toutes ces attaques de requins. J’espère qu’on va arriver à le solutionner. Je sais qu’il y a des gens qui travaillent dessus depuis longtemps. Aujourd’hui, il est trop dangereux de surfer à la Réunion, je n’y surfe plus et je déconseille tout le monde d’y surfer ! Pour continuer à m’entraîner, car le surf c’est mon métier, je suis donc obligé d’aller ailleurs. Je ne peux pas passer un mois sans surfer. Je cherche donc d’autres destinations, comme Bali qui ressemble à La Réunion.

Pourquoi a-t-il participé à l’étape de la Coupe de France de Capbreton ?

M. H. : J’y ai participé pour tester des planches avant le Brésil. Pour remettre le lycra après de longues semaines de break. En free surf, on prend l’habitude de surfer deux ou trois heures dans l’eau, sans stress. En compétition, il faut savoir surfer en 20 minutes. Cette Coupe de France m’a donc permis de retrouver des habitudes, notamment le choix de vagues. Free surf et compétition, ce n’est pas le même entraînement.

Là, c’était une bonne occasion, une compétition à côté de la maison (il habite à Capbreton, ndlr), c’était l’idéal. On a eu de la chance car la compétition s’est disputée sur un jour, j’ai ainsi passé quatre séries dans la journée. La première a été difficile, il fallait me remettre dans le bain. Je n’ai pas eu trop de vague, j’ai raté deux sets, ça m’a embêté. J’ai rectifié tout ça dès mon deuxième passage. Je me suis amélioré au fil de la journée. Je suis content de cette journée, même si je ne gagne pas (il prend deuxième la place derrière Joan Duru, ndlr) !

Il est au Brésil ce jeudi pour une des compétitions les plus importantes de la saison (Quiksilver Sequarama Pro, 21-26 mai)

M. H. : C’est un compétition du circuit Prime, il y aura pas mal de surfeurs du WCT comme les Brésiliens Gabriel Médina et Adriano De Souza, qui vient de gagner à Bell’s Beach. La vague de Sequarama est une belle gauche. Il y a un longue avancée rocheuse dans la mer, la vague vient frapper dessus puis déroule perpendiculairement. Je ne l’ai jamais vu en-dessous d’un mètre, mais je sais qu’elle tient à plus de 4 mètres. On peut enchaîner quatre, cinq manœuvres. Je me suis toujours régalé là-bas.

J’ai mes chances pour aller loin car les gauches, c’est mon point fort. Je vais surfer backside, c’est mon côté. C’est La Réunion, là où j’ai appris à surfer : des gauches bien creuses comme Saint-Leu, Perroquet, La Tortue. Je peux y faire quelque chose.

Actuel 65e mondial, Maxime Huscenot a une exigence de résultats. A-t-il la pression avant le Brésil ?

M. H. : Oui et non. La pression est toujours là. Toutes les compétitions sont importantes, il y a donc une pression permanente. Après trois saisons sur le WQS, j’ai atteint des phases finales assez facilement sur certaines compétitions et sur d’autres… non. Bilan : ça se joue souvent sur de petits détails qui sont importants à la fin. J’ai aujourd’hui davantage d’expérience, j’essaye de gommer mes défauts, de mettre ces détails de mon côté.

En ce début de saison, j’ai enchaîné pas mal de tours. Je suis allé jusqu’au 5e ou 6e tour sur certaines compétitions, ce qui n’était pas le cas auparavant. J’ai surfé plus de séries, j’ai acquis plus de confiance, j’ai eu plus de notes. Aujourd’hui, j’accroche des vagues à plus de 9 pts. C’est bon pour la confiance et bon pour la suite. »

Les clefs pour aller le plus loin sur un Prime

M. H. : Avant tout, il faut avoir un bon choix de vagues. Aujourd’hui, tout le monde surfe bien, est capable de faire de gros scores. En 25 minutes, la différence se fait sur les vagues que tu vas trouver. Réussir à bien se placer, réussir à s’imposer face aux adversaires pour les avoir. Il faut parfois se battre s’il n’y a qu’une vague potable en 25 minutes ! Je pêchais là-dessus auparavant. J’ai changé.



Est-il devenu un guerrier dans l’eau ?

M. H. : Oui, tout du moins quelqu’un qui s’impose plus. Je vais à la bagarre si j’en ai besoin. Je me suis préparé pour. Physiquement, je peux désormais m’imposer à la rame. Et je n’ai pas peur des adversaires. Je n’ai d’ailleurs peur de personne. J’ai perdu trop de série en prenant deux bonnes vagues mais en laissant mes adversaires en prendre aussi. Au final, je me faisais dépasser et quand les rôles changeaient, on ne me faisait pas de cadeau en retour. J’avais des 6 pts, des 7 pts, et quand les autres prenaient des 8 pts et qu’ils me doublaient, ils me bloquaient ! Le meilleur surfeur gagne la série mais c’est surtout le plus malin qui gagne ! J’ai beaucoup travaillé en ce sens.

A-t-il aujourd’hui le niveau d’un Top 50 ?

M. H. : Je dirais que je suis prêt pour entrer dans le Top 50. Je me dis que je mérite largement ma place. Maintenant, quand je regarde le Top 100, il y a beaucoup d’autres surfeurs qui méritent le Top 50 eux aussi ! Se sentir prêt et y être, ce sont deux choses différentes. Seuls les résultats parlent.

Quand je me regarde, j’ai un bon répertoire, variée, je suis assez complet : des tubes, des airs, sur des droites, des gauches… Mais bien surfer et bien surfer en compétition ce sont deux choses totalement différentes. J’ai toujours été meilleur en compétition qu’en free surf. Même si ces deux dernières années ça a été différent. A moi d’inverser cette situation et redevenir meilleur compétiteur !

DR - PubliŽé le