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Jalil Sekkaki : made in Tahiti

Jalil Sekkaki avec son fils
Jalil Sekkaki avec son fils

Rencontre avec un waterman photographe qui shoote du gros à  Tahiti, aussi bien avec sa planche qu'avec son objectif... Vous connaissez ses clichés, régulièrement exposés dans la galerie mango-surf, découvrez maintenant le photographe...

Mango-surf : Salut Jalil, peux-tu te présenter pour ceux qui te découvrent ?

Jalil Sekkaki :41 ans déjà , né de mère française et père marocain, je bosse en tant que photographe free lance pendant 10 ans avec des incursions dans le monde des affaires.

M-S : Tu habites à  Tahiti depuis combien de temps ?

J.S : 19 ans.

M-S : Qu'est-ce qui t'as amené à  poser tes bagages en Polynésie ?

J.S : Une femme et l'envie de quitter la grisaille parisienne.

M-S : Est-ce que tu peux nous parler de ton métier ? Comment en es-tu arrivé à  devenir photographe ?

J.S : J'ai commencé la photo sérieusement à  l''ge de trente ans. Au début autodidacte, j'ai rapidement voulu parfaire mes connaissances et entreprendre des études de photographie. L'école nationale supérieure Louis Lumière me donnera mes premières armes en portrait, mode, beauté puis j'ai enchaîné sur une qualification de photoreporter au centre de formation des journalistes de Paris. Mes premières parutions se feront en Polynésie, puis en France et au bout de cinq années d'effort, j'ai décroché ma première campagne internationale avec plus de 85 parutions dans le monde : Elle, Vogue, Harper's bazaar, Vanity fair...

M-S : Comment ça se passe entre les photographes de l'île. C'est plutôt bonne ambiance ou concurrence ?

J.S : Cela dépend des photographes, avec les meilleurs, il y une ambiance correcte voire chaleureuse, avec les moins bons, c'est plus mesquin mais je crois que c'est partout pareil.

M-S : C'est quoi une journée type pour toi ?

J.S : J'habite à  10 mètres en face d'un spot de surf, donc je me lève et regarde la mer puis la météo pour voir ce qui se passe. S'il y a des conditions pour naviguer ou faire des photos, j'essaye de m'organiser pour me libérer sinon je vais bosser en ville.

M-S : Dès qu'il y a une grosse houle, on te retrouve à  Teahupoo pour immortaliser les rides des plus gros chargeurs de la planète... Est-ce que tu appréhendes d'une manière particulière ces sessions ?

J.S : Disons que quand tu vas là  bas tu as toujours le coeur un peu serré car cela peut vraiment être énorme et sans pitié si tu déconnes. Les dernières fois, j'y suis allé en jet avec ma copine qui prenait les photos derrière et c'était vraiment chaud. Il faut faire attention aux autres bateaux, aux autres jets, aux grosses séries qui lèvent d'un coup et j'en passe.

M-S : Est-ce que tu as des anecdotes à  nous raconter sur ces sessions ?

J.S : J'étais sur un bateau qui a chaviré il y a 7 ou 8 ans, j'ai réussi à  maintenir mon matériel hors de l'eau mais j'ai vu ma copine qui commençait à  être aspiré vers le reef et le monstre liquide, alors j'ai mis mon matos autour du cou (dans l'eau bien sûr) et suis allé la secourir, c'est beau !

M-S : Tu pratiques principalement le windsurf ? Pourquoi pas le surf ?

J.S : Je pratique la planche depuis l''ge de 11 ans environ et j'ai toujours été accro. Je fais du surf mais je trouve que ce sport est le plus dur de tout ceux que j'ai pratiqué : ramer pour se placer sur un élément liquide en perpétuel mouvement, c'est hard. Je trouve que la ratio temps de glisse en planche est meilleur que celui en surf mais c'est peut être parce que je ne prends pas beaucoup de vagues en surf !!! Et puis j'apprécie d'avoir une voile qui me place où je veux, plus les sauts.

M-S : Quelle a été ta plus grosse session dans les îles ?

J.S : Sapinus (vague de reef côte ouest de Tahiti) il y a 6-7 ans, j'ai jamais vu ça de ma vie. Plus de 8 mètres de vagues, 70 km/heure de vent, j'ai vu les copains sur le bord qui m'ont dit qu'ils iraient plus bas naviguer. Je me suis à  l'eau tout seul, un caméraman de RFO était venu, il n'a pas voulu monter sur le bateau d'un pêcheur que j'avais convaincu de venir, il est resté à  terre et a fait 15 secondes d'images médiocres. J'ai été déçu et aurais vraiment voulu avoir des clichés de cette session, c'était dantesque.

M-S : La Polynésie évoque le rêve dans la tête de beaucoup de gens, mais est-ce qu'il y a une face cachée à  ce rêve ?

J.S : Comme partout la misère se développe et n'épargne pas la Polynésie, hélas.

M-S : Est-ce que tu envisages un jour de rentrer en métropole ?

J.S : Peut être je ne sais pas, la France me manque aussi, la famille surtout. Cela m'ennuie de vivre loin de ceux que j'aime.

M-S : Si tu devais nous donner 3 bonnes raisons d'aller te rendre visite à  Tahiti, quelles seraient-elles ?

J.S : La mer à  28 degrés avec des conditions de surf et de windsurf qui peuvent vraiment être parmi les meilleures du monde. La beauté des paysages. La gentillesse des polynésiens.

M-S : Et une seule bonne raison de rester à  la maison ?

J.S : Le prix du billet ! Tahiti c'est sympa mais il faut impérativement aller dans les îles, il y en a 119 et toutes sont plus belles les unes que les autres.

Propos recueillis par mango-surf.com - PubliŽé le