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Hugo Savalli, un réunionnais à  suivre

Hugo Savalli
Hugo Savalli - O'Neill

Depuis ses premières vagues à  Saint-Gilles jusqu'à  ses récentes performances sur le circuit WQS, Hugo Savalli en a fait du chemin... et des kilomètres ! Mango-surf revient sur le parcours de l'autre réunionnais qui monte...

Mango-Surf : Salut Hugo, tu fais partie de la génération des surfeurs des îles qui montent... Qui se cache derrière le rider ?

Hugo Savalli : Salut, je m'appelle Hugo Angelo Savalli, je suis né à  l'île de la Réunion le 6 mai 1983, j'y ai grandi et fait mes premiers pas en surf. Je vis depuis 3 ans à  Capbreton qui est mon point de départ pour suivre les compétitions du WQS à  travers le monde.

M-S : Tu as commencé le surf à  Saint Gilles. Quelle est la personne qui t'a donné l'envie de surfer ?

H.S : J'aimais déjà  beaucoup la mer étant gamin. J'avais des amis qui avaient commencé le surf et qui m'ont motivé pour essayer un stage à  l'école des Roches Noires pendant les vacances de p'ques. Je me souviens très bien de cette première expérience. J'avais 7 ans. J'ai tout de suite aimé. C'était à  la fois nouveau et évident.

M-S : Comment s'est déroulé ton premier contact avec les vagues ?

H.S : La Réunion est l'endroit idéal pour commencer le surf. Il fait presque toujours beau et l'eau y est chaude toute l'année. La vague des Roches Noires à  Saint-Gilles est aussi une vague facile d'accès donc très pratique pour un premier contact. On y voit toujours des pitchounes sur les planches... Dans mon club, nous étions une bonne petite équipe d'une douzaine de kids, dont les chemins ont différé, mais presque tout le monde a fini un jour sur un podium des championnats de France.

M-S : Puis tu t'es tourné rapidement vers la compétition ? Parle nous de tes premiers pas dans les petits contests locaux ?

H.S : J'ai fait ma première compet' de club la première année, avec succès ! C'était marrant, il y avait une bonne ambiance. J'ai ensuite fait les championnats de la Réunion. La première compétition que j'ai gagnée était le mémorial Bruno Girot à  Boucan Canot (Saint-Gilles). Je me souviens qu'à  l'époque Jeremy (Flores) faisait sa première finale. Il avait 5 ans et son père le poussait dans les vagues !

M-S : Et aujourd'hui, tu te lances à  fond sur les QS, qu'est-ce qui t'a conduit vers cette voie ?

H.S : Le chemin a été long. J'ai commencé par les championnats de la Réunion puis les championnats de France. J'avais très envie de faire du surf mon métier, mais je ne savais pas trop quelle stratégie adopter. Et puis, une année on est allé faire tous les pro-juniors en Australie avec Alain Riou et Tim Boal. Ensuite, on s'est lancé sur le WQS.


M-S : Quels sont tes objectifs à  court et moyen terme ?

H.S : Je ne me prends pas trop la tête, mais mes objectifs pour cette année sont d'être assez bien classé pour commencer au tour 96 l'année prochaine et être en haut du classement EPSA.

M-S : Comment as-tu vécu ton parcours sur le QS O'Neill en Ecosse où tu as terminé aux portes de la finale ?

H.S : C'était incroyable ! J'avais déjà  bien commencé l'année avec ma 5ème place en Vendée. Je me sentais bien. J'ai passé série après série, en donnant tout, comme si c'était des finales. On a eu tous types de conditions et de temps pendant la compet. Il fallait souvent changer de planche et de tactique. Mon entraîneur était là  pour m'aider à  prendre les bonnes décisions. Je suis arrivé en 1/2 finale et à  30 secondes de la fin j'ai raté la finale. Mais j'étais vraiment content d'avoir fait ce parcours.

M-S : Est-ce que tu ressens le fameux « syndrome » Euroforce sur le Tour ?

H.S : C'est vrai qu'on est plus lié depuis quelques années avec les autres pays d'Europe. Sur le tour, on est presque comme 1 pays. On se connaît depuis qu'on est tout jeunes et il y a une très bonne ambiance entre nous.

M-S : On a coutume de dire qu'il n'y a que le travail qui paie, alors est-ce que tu as suivi une préparation particulière qui expliquerait tes résultats en progression sur le QS ?

H.S : Oui, j'étais déjà  motivé depuis le début de l'année dernière où je courais et m'entrainais beaucoup, mais sans vraiment de stratégie. Puis Franck Corbery (le team manager de O'neill) m'a mis en contact avec Xavier Huart, qui est un funboardeur pro de chez O'neill qui se reconvertit dans l'entraînement de sportifs de haut niveau. J'avais déjà  entendu parler de lui et je savais qu'il s'occupait de Tim Boal. On a discuté et le courant est bien passé. Depuis il me coache à  la fois dans ma préparation physique et dans mes entraînements de surf. Il m'est d'une grande aide et, bien que l'on manque de temps pour s'entrainer du fait du lourd calendrier du WQS, je trouve que notre travail paye.

M-S : Tu es parti avec ton sponsor sur la Mission O'Neill... Raconte nous un peu la vie en communauté ? As-tu des détails croustillants à  nous livrer sur les coulisses de cette Mission 4**** ?

H.S : J'en garde un très bon souvenir. C'était une chance de pouvoir surfer une semaine avec 8 surfeurs mondialement connus. Ca pousse le niveau au plus haut et en même temps ça change des compétitions du tour. On s'est arrêté sur des spots dont je n'avais jamais entendu parler... L'ambiance était aussi très sympa, détendue et conviviale. Je partageais ma caravane avec Justin Mujuca et je pense que c'est le mec le plus drôle du tour...

M-S : Les Trips sont une autre partie du Job de Surfeur Pro... Est-ce qu'il y en a un qui t'a marqué plus qu'un autre ?

H.S : J'adore voyager et c'est vrai que lorsqu'on part pour une compet', on n'a pas vraiment le temps de visiter le coin. C'est pour ça que j'apprécie les trips. J'aime aller dans des endroits insolites. Il y a quelques années, on est allé à  Rodrigue avec deux potes. Rodrigue est une petite île des Mascareignes, dans l'Océan Indien, voisine de l'île Maurice. L'île est complètement préservée et les rodriguais sont extrêmement gentils et simples. On a campé pendant tout le trip et pour surfer, on faisait une heure de pirogue traditionnelle. J'en garde un souvenir très fort. En plus des sessions de surf sur des spots vierges, j'ai vraiment apprécié l'esprit du voyage. C'était un peu l'aventure, mais sans prétention. J'aimerais refaire des trips comme celui ci.

M-S : Tes parents sont originaires du sud de la France, as-tu eu l'occasion de surfer en Med ? Comment trouves-tu les vagues ?

H.S : Mes parents ont vécu une bonne partie de leur vie à  Aix-en-Provence avant de partir habiter à  la Réunion. Je passe de temps en temps rendre visite à  ma famille là -bas, et je regarde les cartes météo avant pour voir s'il va y avoir des vagues. Une année j'ai appelé un pote (Seb Gaby) de Sausset pour avoir des nouvelles. Il m'a dit que je tombais bien puisqu'il allait surfer le lendemain en Italie, où les vagues allaient être bonnes. L'idée m'a plu et on a tracé avec des amis à  lui qui étaient très sympas. On a scoré des supers conditions. Près de 2m sur un pic dont je ne me souviens plus le nom. Ce qui est marrant c'est que je me suis rarement senti aussi dépaysé... Ca a été ma meilleure expérience en méd.

M-S : Quand tu auras fini ta carrière de surfer pro, qu'est-ce que tu souhaiterais faire... Est-ce que tu as un projet pour la suite ?

H.S : J'ai quelques idées mais rien d'arrêté. Pour l'instant je profite à  fond de la chance que j'ai de surfer de manière professionnelle. Ce dont je suis sûr, c'est que la suite ne se fera pas sans la mer à  proximité...

M-S : C'est bientôt les Jeux Olympiques à  Pekin et tous les 4 ans, tout le monde se pose une fois de plus la question d'intégrer le surf au programme des J.O. Tu en penses quoi ?

H.S : Bien que pour moi, le surf soit avant tout un sport de compétition, je pense qu'il trouvera difficilement sa place aux J.O. D'abord parce qu'il n'est pas praticable partout et ensuite par ce qu'il fait parti des sports qui ne peuvent pas vraiment donner un champion sur un seul événement. Je pense qu'il faut plusieurs étapes dans différentes conditions pour pouvoir faire la différence.

M-S : Si tu veux dire merci à  tes parents et sponsors... C'est le moment !!

H.S : Je suis très reconnaissant envers ma famille et ma copine qui me soutiennent à  fond et suivent mes séries toute l'année.

Propos recueillis par mango-surf.com - PubliŽé le