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Ellis Ericson. Le globe trotter du shape !

Ellis Ericson
Ellis Ericson - DR

Rencontre avec Ellis Ericson autours d'un pain de mousse dans la salle de shape. Il était là dans le cadre du projet Akasha. Il y avait aussi quelques cameras à l'écart pendant qu'il rabotait furieusement un pain dans un nuage de poussière.

UWL : Comment avez-vous rencontrer Barry ?

Ellis Ericson : Eh bien, je le connaissais sans vraiment lui avoir déjà parler. Alors je suis venu avec une vieille Camry des années 80 à l'usine Bennett et je lui ai dis : J'ai besoin d'emprunter quelques vieilles planches. Et il m'a montré à l'étage un stock incroyable de vieilles planches, des tordues avec des D Fins et quelques autres. J'ai tout mis dans la voiture.

UWL : J'avais entendu parler de cette voiture, il me semble que vous l'aviez peinte ?

Ellis Ericson : Ouais, un peu. Nous nous sommes baladés pas mal de temps avec et on est même aller surfé avec. C'était une oeuvre d'Art. On avait commencé à la peindre un jour vers 9 heures du soir et on l'a fini vers six heures du matin... une histoire de fou.

A l'époque je vivais sur Bali et j'ai reçu un appel d'un gars appelé Pat Tenore, il commençait la marque RVCA et il me dit, Barry et Josh Lazcano (AMAZE) viennent en Asutralie, il faut aller les chercher et les aider. Ils ont vraiment besoin de quelques vieilles planches de surf, avec des D-fins.

UWL : Depuis combien de temps êtes-vous shaper ?

Ellis Ericson : Probablement cinq ans, c'est a ce moment que j'ai fait ma première planche. Mon père, Bruce était un shaper et je l'avais déjà pas mal observé dans sa salle dans mon enfance. Il a shapé toutes mes planches pendant un long moment.

A l'origine, je venais ici pour cinq jours. Je ne suis pas vraiment un shaper, je faisais mes propres planches à la maison. Je ne me sentais pas de fabriquer des planches pour les autres, alors quand je suis venu chez Deus et en parlant avec Dustin [Humphrey], il me dit, "ok, tu peux revenir demain et fais toi une planche. Il n'y a de soucis." Après avoir l'avoir fait, il dit de nouveau "Pourquoi ne pas en faire un peu plus pour la boutique ?" et cela a duré pendant deux mois.

UWL : Ton père est toujours actif ?

Ellis Ericson : Il a fait son premier aileron en 1964 et sa première planche de surf en 1969, depuis il shape toujours. Il a shapé pour HIC à Hawaï pendant les années 70 et pour Nirvana Surfboards pendant les années 80 et 90. Maintenant il shape sous son propre nom.

UWL : Où puisez-vous l'inspiration pour vos nouveaux designs ?

Ellis Ericson : En réalité, cela m'arrive n'importe quand. Je suis toujours entrain d'y penser... en regardant des planches plus anciennes. Récemment, j'ai regardé quelques planches des années 70 réalisées par mon père. Et j'ai tout de suite eu des idées pour faire de subtiles modifications à mes shapes, comme un nouvel arrière ainsi qu'un nouveau placement d'ailerons.

UWL : Qu'avez-vous shapé aujourd'hui?

Ellis Ericson : Une petite 5'10'' avec un swallow tail mais en single, sur la base d'un modèle d'Andrew et Dave Parmenter. Les courbes tombent super bien, pas besoin d'ajouter de flyer ou autre cassure dans l'outline, je vais le glasser demain.

UWL : Vos modèles sont fortement inspiré de la fin des années 60, non ?

Ellis Ericson : Oui, la plupart du temps. Je shape dans mon style un Tracker classique, qui était un produit de la révolution Shortboard. Ces planches étaient une partie essentielle de l'évolution du surf, comme vous pouvez le voir dans le film de George Greenough - Innermost Limits of Pure Fun. J'ai été agréablement surpris par les performances de ces types de design dans les vagues indonésienne. Ils permettent une vrai interaction avec le cœur de la vague.

UWL : Comment ça c'est passé à Désert Point ? J'ai entendu que vous avez des soucis avec un aileron ?

Ellis Ericson : Ouais, c'était plutôt bien, sauf au moment où votre planche se transforme en tronçonneuse. C'était comme si j'avais été poignardé. J'ai regardé en bas et c'était de la viande.

UWL : Ouch. Ainsi, vous avez du sautillé sur le récif pour sortir...?

Ellis Ericson : Ouais, il y avait un gars qui traînait avec moi, une sorte de magicien, le mec qui fait des tours de cartes et qui vous aide quand ça va pas, il me dit, "j'ai une trousse médicale." Alors quelques points de suture et crème anesthésiante plus tard, tout allez mieux ...

UWL : Je n'ose même pas imaginer ...

Ellis Ericson : Ouais, personne d'autre n'était prêt à le faire, alors j'ai juste pris une Bintang (la bière du coin) et j'ai essayé de faire quatre points de suture.

UWL : Comment ça c'est passé ? Douloureux ?

Ellis Ericson : Je pense que j'étais encore sous le choc. Entre la Bintang et la crème anesthésiante, c'était très faisable. c'est fou comment votre peau est difficile à coudre. J'ai vraiment du pousser l'aiguille à travers de l'autre côté. C'est la première fois que je le faisais, mais je l'ai fait vérifier par une infirmière de retour à Bali et elle a dit que c'était un travail correct, sauf que j'aurais du en faire huit au lieu de quatre.

UWL : Et les autres ils n'ont rien fait ?

Ellis Ericson : Ils était autours de moi, "Allez, quelqu'un va m'aider ?". Mais tout le monde disait 'No way." Deux semaines plus tard, Ellis publie une photo sur Facebook montrant que ce que sont devenus ses points. Le trou est assez grand pour que l'on pourrait presque écrire "Remède maison" à l'intérieur de celui-ci. "Ca va être une cicatrice d'enfer", dit Ellis.

UWL : Vous semblez êtres aux quatres coins du monde en ce moment, c'est où chez vous ?

Ellis Ericson : A l'heure actuelle ... hmm ... et bien j'ai passé les six ou sept derniers mois à Bali cette année, donc probablement Canggu était le lieu où j'ai passé le plus de temps. J'ai un très bon point de chute là-bas. C'est une ville ex-pat, ce qui a ses avantages et ses inconvénients. J'y ai beaucoup d'amis dans la même rue. Ainsi, on peut checker les spots à vélo le matin et s'arrêter pour bavarder avec les potes. C'est vraiment simple, on forme un petit noyau.

UWL : Ce n'est pas ennuyeux d'être entouré d'Australiens dans un lieu étranger ?

Ellis Ericson : Eh bien, vous pouvez toujours prendre le ferry à destination de Lombok. Toutes les îles sont si proches, c'est pourquoi j'aime ce lieu. Vous pouvez prendre l'avion à Java, il y a tellement d'endroits pour se cacher là-bas si vous voulez être tranquille.

UWL : L'année dernière, vous et Jimmy Kinnaird êtes tombé sur Alby Falzon de retour à Bali. Il a vu comment vous viviez et surfer et ce que vous aviez créé et dit que vous étiez “Morning of the Earth kids”. Il vous a demandé de faire partie de de son nouveau projet Akasha. Que retenez-vous de votre rencontre avec Alby pour la première fois ?

Ellis Ericson : C'était un moment surréaliste de parler avec Alby - Je veux dire que vous avez vu son film tellement de fois, vu les noms, le surf et tout ce qui se passait à l'époque et qu'il ne vous semble pas possible que cela existe encore.

Mais en rencontrant le monsieur, tout semble de nouveaux revivre. C'est un peu cliché, mais vous idolâtrer ce film et ce qui se passait durant cette période, puis la minute suivante vous êtes à Bali, le surf et vous traîner avec Alby Falzon et c'est un peu hallucinant. Je ne sais pas. J'ai le sentiment de faire parti d'un coup de l'histoire du surf...

Propos recueillis par Thomas - PubliŽé le