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Didier Piter - L'homme qui fait éclore les nouveaux talents !

Didier Peter
Didier Peter - ASP Europe

Didier Piter revient sur son parcours, sa carrière de surfeur professionnel, son job de team manager pour Gotcha et Volcom en passant par son poste d’entraîneur national. Découvrez la vie passionnante d’un surfeur vraiment complet !

ASP Europe : Bonjour Didier, on va commencer par revenir sur ta carrière pour te présenter au public

Didier Piter : J'ai commencé la compétition à 15 ans. J'ai grandi au Sénégal, et fait du surf par passion vraiment, et à 15 ans je suis arrivé dans la compète un peu par hasard parce que mon frère était dans le milieu fédéral en France.. Ça s'est tout de suite bien passé et j'ai continué pendant quinze ans, je me suis découvert une passion de compétiteur et je ne savais vraiment pas que j'avais cela en moi, c'est ce qui m'a permis de progresser. Toute ma vie de surfeur, mon but a été de progresser et de m'éclater, et ça a été un vecteur important de progression.

ASPE : Tu as participé au tour ASP aussi ?

DP : Oui l'ASP j'ai commencé très tard en 94, j'avais 23 ans. J'ai commencé en milieu de saison, il y avait Russel Winter qui bataillait pour le titre je m'en souviens très bien.. On s'est un peu tiré la bourre sur la fin de saison et cette année là j'avais fini 2e ! J'ai découvert le circuit ASP et je me suis dit c'est celui-là que je veux ! L'année suivante je n'ai pas eu le titre alors que j'ai mené toute la saison, c'est Fredo (Frederic Robin) et du coup la troisième année j'ai fini par gagner le titre ! J'ai eu quatre victoires cette saison là, et j'ai dû gagner je crois une dizaine de compétitions ASP en tout.

En 97 j'ai eu toutes les wildcards pour les CT mais ça a été une année spéciale parce que je me suis cassé la jambe et le poignet.. C'était un super tremplin d'avoir la wildcard en tant que Champion d'Europe mais malheureusement j'en ai pas profité pleinement. La saison d'après j'ai fini 4e et puis j'ai fini par arrêter la compétition complètement en 99 ou 2000.

ASPE : Comment s'est passé la transition vers le milieu professionnel ?

DP : J'étais Team Manager pour Gotcha à l'époque où je ridais pour eux aussi. Ils ont été rachetés par Quiksilver et les bureaux ont déménagé à St Jean de Luz donc je me suis un peu plus impliqué jusqu'en 2002. A ce moment là j'ai eu le choix soit de m'orienter vers le marketing et tout ça, soit de continuer dans le coaching que j'avais commencé 2 ans auparavant. Je sentais que c'était vraiment ça que je voulais faire, et je suis allé bosser à la Fédération Française de Surf.

Je suis devenu entraîneur, sélectionneur national à partir de 2004-05 et j'entrainais la génération des Joan Duru, Marc Lacomare etc.. Déjà avant cela au club d'Hossegor et puis à la fédé donc je les ai vu grandir et je les ai accompagné dans cette période, et ils ont fini en équipe de France. Si je devais garder un résultat c'est 2006 où l'équipe a fait vice-Championne du Monde juste derrière les Australiens, c'était vraiment un gros résultat ! En individuel, Pauline avait gagné et Marc avait fait finale.

ASPE : Et après la fédé ?

DP : Ensuite je suis arrivé chez Volcom ou je suis resté 5 ans. Il n'y avait pas vraiment de team ou de programme à l'époque et j'ai apporté quelque chose qui intéressait les riders donc on a créé un team Européen qui tenait bien la route ! En apportant un coach et un entraineur qui suivait les gars en compétition ça a intéressé plein de jeunes qui voulaient intégrer une dynamique.

ASPE : Ton rôle chez Volcom s'est donc arrêté l'année dernière, et depuis ?

DP : Depuis donc je me suis lancé à mon compte. J'ai construit une expérience de 13 ans et le coaching c'est clairement ce qui me passionne maintenant. En plus ça marche plutôt bien et ça intéresse beaucoup de monde, la progression est quasiment infinie en surf on peut toujours apprendre de nouvelles choses donc c'est là que j'interviens !

Ça me passionne d'entraîner les gars du très haut-niveau parce que je sais à quel point la technique est importante dans la performance, mais je suis content aussi d'ouvrir cela à des gens qui ont un niveau plus modeste mais qui ont cette même envie de progresser.

ASPE : Est-ce que ton coaching s'arrête à la technique où est-ce que tu entraînes aussi physiquement ?

DP : Je conseille aussi sur le physique, j'ai fait des programmes d'entraînement physique pour des surfeurs, comme William Aliotti par exemple. Quand je vois des surfeurs régulièrement et sur du long terme, bien sûr on intègre cela et on prépare des plannings d'entraînement.

ASPE : Présente nous ta nouvelle structure ?

DP: Je m'adresse à un public qui sait surfer un petit peu, qui a un minimum d'autonomie dans les vagues et de compréhension et ce que j'essaie d'apporter c'est une analyse technique et un travail approfondi pour progresser plus vite. J'utilise la vidéo, je pense que c'est un super outil quand il est bien utilisé et qui permet vraiment de gagner du temps.

Je bosse avec des groupes de 4 personnes maximum, au-dessus je trouve ça très difficile de bien travailler. J'essaie d'individualiser au maximum mon analyse et pour ça j'ai besoin de pouvoir observer chaque personne suffisamment. Même quand il y a quatre personnes dans l'eau, les consignes sont individuelles et précises. J'entraîne aussi en individuel, si quelqu'un veut toute mon attention c'est possible aussi.

Un autre concept que j'encourage c'est la mobilité pour développer le côté surfeur complet. Donc j'essaie d'être mobile sur différents spots, différents types de vagues et en profiter pour voyager l'hiver.

ASPE : Sur ton site il y a aussi le coaching à distance ?

DP : Oui c'est vrai, en fait j'ai pris l'habitude de le faire quand j'étais coach j'avais des surfeurs au Portugal, en Italie, au Costa-Rica et la vidéo ça ne ment pas.. C'est sûr on enlèvera pas le côté de la situation générale d'un plan d'eau etc, mais techniquement la vidéo seule permet parfaitement d'analyser un surfeur.

On peut voir tout de suite à la fois comment le surfeur utilise sa vague (est-ce qu'il y a une rencontre entre lui et la vague) et ensuite le côté technique pur (est-ce qu'il a des mouvements parasites qui bloquent toute possibilité, un mauvais timing etc). Tout cela est facile à analyser, et je dirais même qu'il y a un avantage puisque la vidéo permet de montrer par des annotations. Quand il n'y a que l'oral, les gens ne vont pas forcément se souvenir de tout; là ils auront une trace écrite et pourront voir et revoir l'enregistrement autant de fois qu'ils le veulent. D'expérience je sais que le côté visuel et graphique aide vraiment à comprendre.

Le seul pré-requis c'est d'avoir des vidéos de soi, alors quand je coach je filme le surfeur, mais il y a aussi des caméras qui permettent de se filmer soi-même puisqu'elles suivent les mouvements du surfeur à distance donc potentiellement quelqu'un peut se filmer seul puis m'envoyer les vidéos après.

Dans un prochain voyage aux Mentawaiis je vais aussi avoir quelqu'un pour filmer les surfeurs depuis le bateau, ce qui va me permettre d'être dans l'eau avec eux, d'être plus réactif avec mes consignes, mais également de pouvoir leur montrer aussi des apects techniques, la démonstration c'est important.

ASPE : Tu encadres aussi des voyages donc ?

DP : Oui j'en propose plusieurs types. Des trips de mi-saison, par exemple j'en ai un au Portugal bientôt, il y aussi les Canaries, le Maroc.. C'est des road-trips classiques et abordables à quelques heures seulement de la France.

En hiver je vais aussi proposer des stages plus longs et plus loin, par exemple ça peut être une dizaine de jours au Costa-Rica pour quelqu'un qui veut bosser les airs, la technique pure.. Là je reviens d'un séjour à Hawaii où on a plus travaillé sur l'approche surfeur-complet donc on est allé surfer le Pipe et d'autres vagues.. Il y a plein de subtilités, quand on est jamais allé à Hawaii c'est bien d'avoir quelqu'un qui te dit qui est qui, aussi pour expliquer les différentes orientations de la houle. A Hawaii dans une même houle il y a plein de différentes orientations qui vont faire que certaines vagues seront traîtresses etc..

ASPE : Est-ce que tu as de la concurrence sur ce segment ?

DP : Je propose quelque chose que je n'ai pas encore vu sur le web, le coaching en LIVE. c'est-à-dire que je vais recevoir et étudier les vidéos du sujet et on va se réunir en live pour en parler et avoir un véritable échange.. Je sais que ça existe de manière informelle avec certains coachs qui vont sur skype, mais avec les annotations graphiques et l'aspect intéractif je ne l'ai jamais vu..

ASPE : De qui vient la demande pour un tel coaching ?

DP : J'ai été étonné, depuis que je me suis lancé la plupart des demandes que j'ai eu viennent de trentenaires qui ont bloqué sur leur surf et veulent dépasser un pallier.. Ils ont la maturité et comprennent très vite donc ça se passe très bien. J'ai aussi des jeunes espoirs, ça a toujours été ma cible principale, ceux qui veulent aller vers une carrière de professionnels et arriver avec des bonnes bases dans la jungle du surf de compétition.

En fait c'est toute personne qui a l'envie de progresser encore puisque c'est toujours possible d'améliorer son surf et de s'éclater ! Il n'y a pas de profil type, j'ai aussi eu des gars d'écoles de surf ou des gens qui passent le BE..

ASPE : Et le feedbacks de tes premiers clients ?

DP : Pour l'instant tous les gens que j'ai eu sont super contents et ça se passe très bien.. Je commence à avoir beaucoup de demandes donc ma prochaine étape ça sera peut-être de former quelqu'un pour accompagner certains groupes spécifiques.. Il faut quelqu'un de passionné et j'espère pouvoir à terme trouver quelqu'un pour bosser avec moi.

ASPE : Est-ce que tu prépares des nouveautés ?

DP : Je vais mettre à jour mon matériel, acheter une nouvelle caméra. J'entraine des gars comme William, qui ont parfois besoin d'images, non seulement pour notre travail de coaching mais aussi plus largement pour leur sponsors et leur clips vidéo. J'essaie d'apporter aux surfeurs ce que je peux, dans notre démarche ils repartent avec des conseils, une analyse et aussi des images.

Je travaille aussi sur quelques autres nouveautés technologiques qui peuvent vraiment aider ce travail de coaching mais je ne peux pas trop en dire pour le moment..

Enfin j'essaie de m'adapter à tous les profils, je connais bien les compétiteurs qui peuvent avoir besoin ponctuellement d'aide en mi-saison ou en fin de saison, donc je peux m'adapter et répondre précisémment avec un package personnalisé.

ASPE : Avec qui travailles-tu par exemple en ce moment ?

DP : Je travaille beaucoup avec William Aliotti, mais aussi Charly Quivront, Andy Criere et d'autres plus jeunes encore, et je reste ouvert pour tous les autres surfeurs du tour...

ASPE : Merci beaucoup Didier pour ta disponibilité.

DP : Merci


Plus d’infos et pour contacter Didier, www.didierpiter.com !

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