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Céline Chat, artiste globe-surfeuse

Céline Chat
Céline Chat - www.celine-chat.com

Vivante, dynamique, énergique et colorée, la peinture de Céline Chat vous invite au voyage et à  la découverte. Laissez vous tenter...

Mango-Surf : Salut Céline ! Peux-tu te présenter à  nos lecteurs qui ne te connaissent pas encore ?

Céline Chat : J'ai 31 ans et je suis née dans le sud de la France. Apres des études universitaires, j'ai rencontré Titou, mon compagnon. Depuis 11 ans, nous voyageons autour du monde pour surfer. Aujourd'hui, ma peinture me permet de vivre.

M-S : Peux-tu nous expliquer comment tu t'es tournée vers la peinture ?

C.C : J'ai toujours été intéressée par l'art en général. C'est une envie qui est en moi. Lorsque j'ai des émotions intenses, je ressens le besoin de fixer les événements qui m'ont ému d'une manière indélébile sur n'importe quel support. Lorsque j'ai commencé à  voyager, j'ai eu tout le temps et l'inspiration pour m'y consacrer pleinement. La peinture était le mode d'expression le plus approprié à  ce moment.

M-S : Quelles sont tes sources d'inspirations ?

C.C : Ma vie : le surf, le voyage, les rencontres, la musique... Tout ce qui me touche émotionnellement est une source d'inspiration pour moi.

M-S : Si tu devais définir ton style artistique, quel serait-il ?

C.C : Mon style est figuratif car on reconnaît ce que je représente. Ma peinture est très dynamique et énergique. Je pense que je veux faire ressentir au public de l'enthousiasme et du mouvement, lui faire vivre la scène comme si il y était. L'utilisation des couleurs est très importante pour faire ressentir une atmosphère, retranscrire une émotion. Avant tout, j'essaie d'être la plus libre possible dans la vision de chacune de mes séries. Elles correspondent chacune à  un voyage et comme chaque voyage est différent, elles sont toutes différentes.

M-S : Tu étais il y a peu de temps au Brésil pour un festival. Peux-tu nous en dire un peu plus sur cet événement ?

C.C : J'ai été invitée à  la 4ème Exposition Internationale d'Art et de la Culture Surf : « The 4th Mostra del Arte e Cultura del surf » organisée par le Magazine Alma Surf (www.mostradosurf.com.br). C'est un festival itinérant qui a eu lieu dans trois grands centres culturels du pays : Sao Paulo, Rio de Janeiro et Florianà³polis. Dans chaque ville, le public a pu voir l'exposition de peinture et de planche de surf, tous les films de surf et assister aux concerts.

Cet évènement a regroupé un grand nombre d'artistes de la scène de la culture surf internationale : Surf Art avec Jay Alders et moi-même, Cinéma avec, entre autres, le film très remarqué : « Bra Boys » de Sunny Abberton et Musique avec Donavon Frankenreiter, G. Love, A.L.O et Matt Costa. Un véritable vivier d'artistes venus du monde entier pour partager ensemble leur vision de la culture surf.

Nous avons vécu ensemble pendant 10 jours, allant de ville en ville. L'accueil du public a été incroyable partout où nous sommes allés. J'ai eu la chance de rencontrer et de vivre avec des artistes très talentueux. Je remercie encore toute l'organisation pour leur travail et chaque personne avec qui j'ai partagé ces moments et qui ont rendu ce festival très spécial.

Je pense que ce genre de manifestation est très importante pour l'avenir du surf et pour les jeunes surfeurs et surfeuses. La compétition est nécessaire mais ce n'est que l'une des représentations du monde du surf et ne parler que de cela est très réducteur. Il est très important que le public puisse découvrir la diversité artistique et culturelle inspirée par le surf et son style de vie et puisse s'identifier. On n'est pas tous fait pour être champion de surf. Certains ont des dons pour le cinéma, la musique ou l'art et c'est ce qui fait la richesse de notre culture.

J'espère que ce type d'évènement se produira de plus en plus dans tous les pays du monde et pas seulement là  où il y a des vagues mais partout, car la culture surf est un vecteur de liberté, de rêve et de conscience très puissant. Je pense vraiment que le monde de demain en aura besoin.

M-S : Tu arrives à  te libérer du temps pour une petite session ?

C.C : Bien sûr ! Le surf est le moteur de ma vie. Même si ma passion pour l'Art me prend maintenant beaucoup de temps, je trouverai toujours du temps pour partager quelques bonnes vagues avec des amis. C'est essentiel pour moi, comme manger ou respirer.

M-S : Ta première vague, c'était où et avec qui ?

C.C : Aux Philippines avec mon compagnon Titou. C'est marrant car je viens juste d'écrire cette histoire pour une exposition qui aura lieu en Californie au printemps prochain. Elle regroupe plusieurs peintres surfeurs. On nous demande d'exposer quelques tableaux, une photo de nous en train de surfer et de raconter un de nos meilleurs souvenirs de surf. J'ai choisi de raconter l'histoire de ma première « vraie » vague car c'est ce moment qui a été le tournant de ma vie.

M-S : Et depuis, tu es accro ?

C.C : Depuis longtemps, ma vie est entièrement tournée vers le surf. Je suis autant accro aux vagues qu'au style de vie que le surf apporte. La liberté mérite tous les sacrifices.

M-S : Peux-tu nous définir les sensations que te procure la pratique du surf ?

C.C : Une sensation de liberté totale, une joie intense, le plaisir de se retrouver immergé dans l'Océan, d'être en harmonie avec la nature. Le surf est aussi un challenge. Qui que l'on soit, il y aura toujours un jour où les vagues seront trop grosses. Cela rend humble.

M-S : Les voyages occupent une part importante dans ta vie. Quelle « type » de voyageuse es-tu ?

C.C : Le voyage est très important dans ma vie en effet. Il m'ouvre l'esprit et m'inspire énormément. J'aime aller me perdre au fin fond d'un pays, dans un petit village de pêcheurs perdu et regarder comment les gens se sont organisés, quelles sont leurs priorités, leurs façons de faire... J'aime être choquée, émue, bousculée par ce que je vois ou vis. Marcher dans les rues d'une ville inconnue où je ne connais personne, où tout est à  découvrir, regarder le coucher de soleil assise dans le sable chaud d'une plage perdue d'Indonésie, ou fl'ner dans un marché grouillant de monde, de fruits, de légumes et d'odeurs à  l'autre bout de la terre me donnent la sensation de vivre intensément ce petit moment qui m'est accordé sur terre et d'en profiter. J'ai la chance de voyager avec mon compagnon et pouvoir aller partout sans me sentir en danger. C'est un énorme avantage.

M-S : Quels sont les pays que tu as traversés ?

C.C : Les Philippines, l'Indonésie, l'Australie, le Mexique, la Polynésie Française, les îles des Caraïbes, Madagascar, l'île de la Réunion, l'île Maurice, le Maroc, l'Espagne, la Malaisie, le Brésil, la Nouvelle Calédonie. Certaines escales ont duré quelques jours, d'autres quelques semaines mais la majorité de mes voyages durent plusieurs mois.

M-S : Peux-tu nous raconter un bon moment lors d'un trip ?

C.C : Il y en a tellement, c'est dur d'en choisir un. Je vais donc vous raconter le meilleur moment de mon dernier trip au Brésil. Lors de notre passage à  Rio, nous sommes allés rendre visite à  un type extraordinaire qui s'appelle Bocao. Il est prof de surf et s'occupe des jeunes de l'un des plus grands getthos du monde : La Rocinha. A travers l'apprentissage du surf et de sa culture, il évite à  quelques uns de tomber dans la drogue ou la délinquance.

Nous sommes allés dans le local de l'école de surf au pied de la Favella. Dans cette petite cabane, décorée de planches de surf et de posters, G Love et Donavon ont chanté pour les enfants qui étaient aux anges. Ensuite les rôles se sont inversés et ce sont les enfants qui ont chanté pour nous. C'était vraiment un super moment. Les sourires étaient sur tous les visages. Ce qui est fou dans ce genre de situation, c'est que ceux qui viennent pour faire plaisir sont encore les plus émus et les plus touchés. On a eu un tee-shirt du club en cadeau et les enfants ont tous signé celui de Donavon qui l'a porté le soir lors du concert où ils ont tous été invités.

M-S : Et une grosse galère ?

C.C : Alors que nous étions dans un endroit très isolé au Sud de Madagascar, mon compagnon Titou est tombé malade. Il a attrapé la Malaria. De retour en ville après 3 heures de pirogues et 1 heure de taxi, j'ai couru dans toute la ville de Tuléar pour trouver un hôpital ou une clinique assez propre et qui avait de la place pour l'accueillir car il allait très mal. J'ai finalement trouvé un petit dispensaire et il a pu être soigné.

M-S : On a l'habitude d'entendre que les trips permettent de nous forger une certaine expérience de la vie, qu'en penses-tu ?

C.C : C'est absolument vrai. Le voyage est une école où l'on apprend beaucoup de choses sur le monde qui nous entoure mais surtout sur soi-même.

C'est une grande chance de notre temps que de pouvoir prendre un avion et d'avoir la possibilité de plonger dans une autre culture, un autre monde, un autre temps. Quelque soit la façon de voyager ou la destination, on en revient toujours différent pour peu que l'on soit curieux, humble et respectueux.

M-S : Quand tu pars en trip, que trouve t-on dans tes bagages ?

C.C : En vrac : matériels de peintures, mon carnet de voyage, des planches de surf, quelques vêtements, des livres et une bonne pharmacie.

M-S : Quels sont tes projets à  court et à  moyen terme ?

C.C : Je suis en Guadeloupe jusqu'au mois d'avril pour peindre et surfer. Je pense aller en Californie un mois en mai. J'ai envie de rencontrer d'autres artistes de la culture surf et aussi d'être baignée dans l'une des plus grandes et plus anciennes cultures surf au monde. Je pense que mon parcours artistique doit passer par là . Pour le moyen terme, j'espère pouvoir continuer à  peindre, voyager et surfer partout dans le monde.

M-S : Si tu as quelque chose à  ajouter, c'est le moment...

C.C : Je vous remercie pour l'intérêt que vous portez à  mon travail et pour votre soutien. J'espère que mon parcours et mon style de vie sera une source d'inspiration pour les personnes qui liront cet article comme certaines rencontres l'ont été pour moi.

Le Monde est si beau, alors partez à  sa découverte !

Consulter le site Internet de Céline Chat !

Propos recueillis par mango-surf.com - PubliŽé le